Samedi 5 septembre à Amiens, le traditionnel rendez-vous d’Agora a mis en lumière l’aïkido à travers les stands d’Amiens Aïkido et du Cercle des Arts Martiaux, révélant la richesse de cet art martial japonais.
Nicolas Bonnel, pratiquant et enseignant à Amiens Aïkido, a d’abord expliqué la nature même de cet art martial : « L’aïkido, c’est un art martial japonais très récent qui symbolise l’harmonie. Il n’y a pas de compétition, on ne porte pas de coups, on fait des chutes, des immobilisations, on pratique debout, à genoux, avec des armes en bois. » Ce qui différencie l’aïkido des autres arts martiaux comme le judo ou le karaté, c’est cette absence d’opposition directe. « L’objectif, ce n’est pas de détruire l’autre, mais de canaliser une énergie et de la maîtriser ensemble. » Cette approche donne parfois à l’aïkido un aspect chorégraphié, presque dansé, mais derrière cette fluidité se cache une philosophie martiale profonde. Nicolas insiste sur l’adaptabilité de ce sport presque traditionnel que « l’on peut pratiquer de tout petit jusqu’à très vieux. Certains commencent même à 60 ans.« La souplesse, le cardio, l’endurance sont sollicités, mais chacun avance à son rythme, selon ses capacités. Il souligne aussi les bienfaits multiples de cette discipline : « Ça fait du bien pour la santé, pour le développement personnel, parce qu’on apprend à maîtriser ses gestes, à trouver un équilibre. Ce n’est pas que sur un tatami qu’on recherche l’harmonie, c’est dans sa vie.«
Le Cercle des Arts Martiaux : une philosophie au-delà du sport

Jean-Pierre Horrie, président du Cercle des Arts Martiaux et enseignant depuis près de 50 ans, partage une vision complémentaire de ses homologues. Rappelant l’histoire de son club, créé en 1977, pour lui la dimension philosophique de l’aïkido est importante : « Il n’y a pas de compétition, on travaille d’abord pour soi. On a besoin d’un partenaire, mais pas d’adversaire. » Une absence d’opposition physique se transpose dans la vie quotidienne : « Au-delà du sport, ça amène à réfléchir autrement sa façon de fonctionner dans la vie. » Il évoque aussi l’égalité entre femmes et hommes dans la pratique, et la finesse technique développée notamment grâce au travail aux armes en bois.
À la question « Pourquoi se porter sur l’aïkido plutôt qu’un autre art martial ? », Nicolas Bonnel répond avec conviction : « Le fait qu’il n’y ait pas de compétition, c’est ce qui me plaît. La compétition est avec soi-même, pas avec l’autre. C’est une recherche personnelle, une frontière entre l’art et le sport. » Jean-Pierre Horrie conclut en invitant à la découverte : « Il faut venir voir comment ça se passe. C’est très souple, très efficace, sans violence. L’aïkido garde cette martialité traditionnelle, mais sans compétition, car on n’est pas dans la philosophie de la guerre. »
Robin Accart
Crédit photo : Noa Lambert – Gazette Sports

