La semaine dernière se déroulait un stage de judo porté par le club d’Airaines et encadré par Lucie Louette et Nico Kanning. Bien connus des judokas samariens, ces quelques jours ont permis à tous de reprendre une activité sportive et de réveiller corps et esprit avant la rentrée. Un stage qui a fait le plein, essentiellement de Samariens où l’esprit de groupe était bien présent.
Parmi la quarantaine de stagiaires, le jeune Naël, 11 ans, incarne parfaitement cette relève déterminée à aller loin dans le judo. Licencié à Villers-Bocage sous l’aile de Nico Kanning, le garçon ne cache pas son enthousiasme pour l’ambiance du stage, en regrettant de ne pas avoir été à l’internat proposé pour ne rien manquer des moments de groupe. Malgré son jeune âge, Naël fait preuve d’une maturité technique impressionnante, avec une affection particulière pour le Uchimata : « C’est une belle prise, et il faut être efficace », confie-t-il avec assurance. Entre deux entraînements intensifs et quelques mots d’allemand glanés auprès de son coach, il garde les yeux rivés sur son objectif ultime. Passionné et volontaire, celui qui s’apprête à faire sa rentrée en sixième nourrit déjà un rêve de grandeur : les Jeux Olympiques.

À la tête de la quatrième édition de son stage de judo, Nico Kanning se félicite de la dynamique de cette année, marquée par une quarantaine de participants principalement issus de la Somme. Bien plus qu’un simple entraînement technique, l’ex sparring partner de Teddy Riner conçoit cet événement comme une étape charnière de préparation pour cette rentrée. En alliant progressivité dans l’effort et rigueur, le stage offre aux jeunes judokas une transition idéale. Cette semaine structurée, ponctuée par des réveils matinaux et des séances exigeantes, s’avère essentielle pour réveiller les organismes et les esprits et retrouver un bon dynamisme. Pour Nico Kanning, c’est un véritable tremplin psychologique et physique, permettant de passer le rythme des vacances pour aborder la reprise scolaire et les échéances de la nouvelle saison.

Une cohésion et des apprentissage pour tout âge
Au-delà de la performance sportive, le stage s’illustre par sa dimension profondément humaine et inclusive. Fabrice, fidèle participant de l’événement, a cette année franchi le pas d’accompagner son fils Noan, atteint d’autisme, une initiative rendue possible par la bienveillance des encadrants. « Nico et Lucie m’avaient rassuré en me disant : « Il n’y a pas de problème, tu peux venir avec, on s’adaptera pour lui » , confie Fabrice. Cette approche sur mesure a permis au jeune garçon de s’investir pleinement, trouvant dans l’exigence de l’entraînement une source de fierté personnelle. Pour Fabrice, cette expérience confirme que le judo, par sa pratique et l’effort partagé, demeure un formidable levier d’intégration : il brise les barrières sociales et rapproche les générations dans une ambiance chaleureuse, faisant de ce stage bien plus qu’une simple préparation physique, mais un véritable espace de vie et de partage. Seul représentant de la catégorie des vétérans cette année, il a dû composer avec l’énergie débordante des adolescents, véritables moteurs du stage. « C’est un peu gênant quand un gamin de 15 ans te met une pile parce qu’ils ont une patate d’enfer ! », rit-il. Pourtant, loin de toute frustration, Fabrice puise dans cette confrontation intergénérationnelle une source de progression. Avec humilité, il balaie tout problème d’ego : « S’il est plus technique ou plus gradé, il m’apprendra, il n’y a aucun souci là-dessus. » Un échange de bons procédés où la sueur partagée gomme les écarts d’âge et développe une belle cohésion.

Pour Lucie Louette : « Pour moi, l’arrêt n’existe pas. Tout peut s’adapter dans la vie, le judo comme la préparation physique. »
Co-organisatrice de ce stage et kinésithérapeute, Lucie Louette apporte une expertise précieuse auprès des jeunes stagiaires, transformant chaque séance en opportunité d’éducation physique. Au-delà du tapis, elle met un point d’honneur à transmettre une culture de la prévention. « Il faut savoir se soigner, c’est ça qui n’est pas facile », confie la championne qui a elle-même caché des blessures à ses parents, par peur d’être mise à l’écart durant sa carrière de judokate. Aujourd’hui, elle sensibilise le groupe à la gestion des « petits bobos » avant qu’ils ne deviennent des blessures handicapantes nécessitant des arrêts. Pour la kiné, l’enjeu est de cultiver l’adaptation plutôt que la résignation : « Pour moi, l’arrêt n’existe pas. Tout peut s’adapter dans la vie, le judo comme la préparation physique. » En inculquant la nécessité de la communication avec l’entraîneur et l’importance cruciale de l’hygiène de vie, notamment le sommeil, Lucie Louette rappelle aux jeunes licenciés une vérité fondamentale : « Votre corps, c’est votre outil de travail. »

Mercredi avait lieu le barbecue, un bon moment de convivialité où certains commençaient déjà à se renseigner sur l’année prochaine ! Il n’est pas à douter que ce stage fera encore le plein et que la cohésion sera au rendez-vous pour cette mise en train musculaire et cérébrale pour entamer au mieux la rentrée.
Léandre Leber
Photos : Théo Begler – Gazettesports

