Depuis les toutes premières coupes de France, organisées à Camon en 1997, la longue paume a toujours tenu à assurer sa présence dans l’agglomération amiénoise. C’est ainsi que le ballodrome du Marais-aux-Bœufs, qui sert d’écrin aux manifestations paumistes, a accueilli les finales des championnats de France, qui se sont déroulées dimanche 5 juillet.
Frédéric Joly, président de l’Union des sociétés de longue paume de la Somme, le répète à qui veut l’entendre : « Notre sport offre à la Somme le siège d’une fédération sportive nationale. » La présence de la paume sur Amiens est liée à une très longue histoire. Un terrain à la Hotoie était depuis longtemps réservé à la petite balle en liège. Mais l’esplanade connaît un vaste projet de rénovation. C’est au couple Fay que l’on doit la préservation d’un terrain de paume dans le futur dessin du parc. La longue paume, ils la connaissent bien : la fédération a élu domicile chez eux, qui est un peu la maison des paumistes. Seule ombre au tableau, la plupart des terrains de longue paume sont orientés Nord/Sud pour éviter le soleil dans l’axe de la trajectoire et les vents dominants d’Ouest. Le nouvel emplacement ne répondra pas à cette attente, mais l’essentiel est acquis : la paume continuera à exister sur Amiens. Un joueur de la capitale picarde arborait fièrement son maillot dimanche.
Dimanche, la ville sur l’eau accueillait les finales des championnats en formations de six joueurs, des benjamins aux premières catégories, en passant par les vétérans et les féminines. Pas moins d’une vingtaine d’équipes se sont affrontées de 8h00 à 19h00, devant un public chaleureux qui a encouragé ses champions toute la journée. Bruno Chiraux, président fédéral, a remercié la municipalité pour le travail des services techniques de la commune. Il a également félicité Benoît Carlier, président de l’Union des sociétés de l’Oise, et son équipe de bénévoles isariens pour la restauration au bénéfice de la fédération. Pour résumer, Camon est devenue la ville amie de la paume. Le retour à la Hotoie pourrait doubler les chances de voir des porteurs de raquette dans l’Amiénois, souhait des instances fédérales. « Je me félicite de voir autant d’élus pour nous accompagner« , déclarait le président Chiraux.
Concourir et communiquer
Au-delà de la compétition, l’agglomération a toujours représenté un objectif en matière de communication pour la paume. Le comité directeur de la fédération a vu défiler une brochette d’élus, dont Rémi Cardon, sénateur, Jean-Louis Piot, conseiller départemental, Bernard Bocquillon, vice-président à l’agglomération, Stéphane Telliez, maire de Camon accompagné de son adjointe à l’égalité hommes-femmes Juliette Westland, ainsi que Laurence Bruxelle et Franck Tosolini, conseillers. « Nous avons pu échanger sur les problèmes rencontrés par notre sport, notamment les city-stades qui, parfois, empêchent la pratique. » Certains élus s’interrogent : faudrait-il bonifier les terrains de sport intégrant des jeux relevant du patrimoine régional ? Une piste que les paumistes suivront de près.
Chez les jeunes, Chaulnes brille
Sur le terrain, un fait majeur : la société de longue paume de Chaulnes n’est plus hégémonique. Athies, Saint-Christ, Belloy et Estrées-Deniécourt commencent à lui tenir tête. Mais l’école chaulnoise est présente dans toutes les catégories jeunes, signe de sa bonne santé. Son président Philippe Denorme, surpris de terminer dans le dernier carré en minimes, attribue ce succès à la structuration du club : « À chaque travail son équipe ». En entraînement, l’accent est mis sur l’engagement, et six bons tirs font souvent la différence.

En séniors, Brie et Rosières se taillent la part du lion
Chez les adultes, deux sociétés se démarquent : Brie, qui remporte le bouclier de Brennus en première catégorie mais rate le challenge des vétérans, et Rosières-en-Santerre, qui remporte deux finales en troisième et quatrième catégories. Michel Warin, secrétaire du club, rappelle qu’il fallait remonter à 1984 pour voir Rosières dans deux finales des championnats. La grande surprise vient d’Athies, dont l’équipe féminine a détrôné Biaches, pourtant considérée intouchable. Biaches tentera probablement de revenir au premier plan en 2027, avec Cynthia Déré qui ne semble pas prête à abandonner.
Les résultats en détail
| Catégorie | Vainqueur | Finaliste | Score |
| Benjamins | Chaulnes | Saint-Christ | 3 / 1 |
| Minimes | Athies | Chaulnes | 7 / 3 |
| Cadets | Chaulnes | Athies | 7 / 5 |
| Juniors | Chaulnes | BEHP | 7 / 5 |
| Féminines | Athies | Biaches | 7 / 5 |
| Vétérans | BEHP | Brie | 7 / 3 |
| Quatrième catégorie | Rosières | Athies | 7 / 2 |
| Troisième catégorie | Rosières | Méry | 7 / 1 |
| Deuxième catégorie | Chaulnes | BEHP | 7 / 5 |
| Première catégorie | Brie | Chaulnes | 7 / 3 |
La rédaction
Crédit photo : Théo Bégler et DR – Gazettesports.fr (archive)

