À l’occasion des tout premiers championnats de France de basket adapté, organisés à Carquefou, l’une des deux équipes engagées par les Spartiates de Beauval est parvenue à remporter la médaille d’argent. Une première concrétisation d’un projet de longue date qui ouvre de nouvelles perspectives.
Voilà une belle médaille d’argent qui récompense un travail de longue haleine chez les Spartiates de Beauval. Ce jeudi, l’une des deux équipes du club engagées, celle qui avait été championne des Hauts-de-France, est parvenue à se hisser en finale de ce qui était le premier championnat de France de basket adapté de l’histoire, avant de s’incliner. « On avait deux équipes, une équipe de plus jeunes où on savait qu’on y allait pour engranger de l’expérience, pour prendre le flambeau des U16 à partir de la saison prochaine, et puis une équipe première avec 3 des 4 vice-champions de France qui eux vont partir l’année prochaine sur la section U21. C’était leur dernière année en U16, donc l’objectif était clairement une médaille« , différencie Aymeric Nercisse, président du club, qui accompagne presque quotidiennement ses joueurs. Premiers de leur poule, les jeunes Spartiates se débarrassaient de l’une des trois équipes venues des Landes en demi-finale avant de tomber sur une autre équipe de la région, dans laquelle figuraient des éléments au gabarit bien plus imposant.
Finir deuxième, ça me fait chaud au cœur, ça me rend fier.
Kaïs, vice-champion de France de basket adapté
Pour Kaïs, l’un des finalistes beauvalois, ce championnat de France fut une formidable expérience : « J’ai adoré. C’était déjà ma première compétition de basket, donc finir deuxième, ça me fait chaud au cœur, ça me rend fier, même si c’est du sport adapté. » Malgré sa satisfaction, le cadet de l’équipe, 14 seulement, prenait la parole devant ses coéquipiers présents, tel un futur capitaine haranguant ses coéquipiers : « On a peut-être perdu, mais ça change rien, parce qu’on va apprendre. L’année prochaine, on va peut-être gagner. Et grâce à cette victoire, on ne sera pas vice-champions de France, mais champions de France. Gardez ça en tête, d’accord ?« Pour ce qui est du deuxième groupe en apprentissage qui a terminé à la dernière place, Aymeric Nercisse précise : « Ils n’ont pas pris une seule volée, ils ne se sont pas fait éclater. Il y a des matchs qui ont été perdus de peu. Des équipes ont serré les fesses, qui ont gagné, mais qui n’ont pas fait les fiers jusqu’à la fin du match. Ils ne sont pas venus là pour faire l’équipe victime du tournoi. » Au total, c’est une centaine de joueurs de Beauval, des Landes, de Normandie, de Gironde et d’Île-de-France qui avaient fait le déplacement jusque Carquefou, en Loire-Atlantique. Le club samarien regrette cependant l’absence de compétition féminine. Son équipe se tenait prête mais elle était la seule à s’inscrire et au moins deux autres formations étaient nécessaires pour son déroulement.
Beauval veut accueillir la prochaine échéance
Plus qu’une compétition sportive, cet événement a aussi permis à ces jeunes joueurs d’explorer de nouveaux horizons, eux qui n’ont, pour la plupart, peu ou pas l’occasion de sortir de chez eux. « Certains n’avaient jamais voyagé, des jeunes comme Kaïs n’avaient jamais fait de camping, dormi en tente. Donc il y a aussi des expériences qui ont été vécues », se réjouit le président des Spartiates. Lequel ambitionne d’organiser au sein de son club la prochaine édition du championnat de France de basket adapté, toujours dans une volonté de responsabiliser ces jeunes aux difficultés et handicaps parfois invisibles, mais aussi de prouver à une société encore bien accrochée à ses clichés qu’ils sont capables de réaliser les mêmes choses que les valides. « On veut que ce soit des personnes en situation de handicap qui organisent un championnat national pour des personnes en situation de handicap. » Un projet qui pourrait être mené à bien aux côtés de l’ADSEA 80 avec qui le club collabore, mais aussi avec les acteurs locaux, « c’est-à-dire qu’on bosserait avec la boucherie du coin, avec la boulangerie du coin, les campings du coin, etc », précise Aymeric Nercisse, dont l’ambition n’a d’égal que le talent de ses joueurs, déterminés à gagner l’an prochain, peut-être à domicile.
Simon Vasseur
Crédit photo : Spartiates de Beauval – DR

