Au début de l’été, deux Amiénoises ont porté, pour la première fois, le maillot de l’équipe de France à l’occasion de championnats du monde. Retour d’expérience de Claudia Tison, joueuse de roller hockey, et de Pauline Bourez, joueuse de floorball.
Porter le maillot de l’équipe de France dans sa discipline : c’est un rêve que beaucoup de sportives et de sportifs ne réalisent jamais au cours de leur vie. Claudia Tison et Pauline Bourez, elles, l’ont réalisé au début de l’été. La première, joueuse de roller hockey, a participé aux championnats du monde Masters qui se déroulaient en Allemagne. Une compétition à l’issue de laquelle son équipe s’est parée d’argent après une défaite en finale contre les favorites américaines : « Je pense qu’il faut se réjouir de la médaille d’argent parce que c’est vraiment incroyable. Je pense qu’on aurait aimé tout avoir l’or autour du cou, mais pour cette fois-ci on l’a dans le cœur. On reviendra l’année prochaine, on a une revanche à prendre. » Pour Pauline Bourez, c’était aussi une première sélection avec les Bleues du floorball 3v3, également à l’occasion de l’échéance mondiale. Dans cette discipline, la France ne fait pas partie des meilleures nations, mais, cette année, elle a réalisé la meilleure performance de son histoire en terminant 16e du tournoi après une défaite en quart de finale de la phase finale B contre l’Allemagne, une formation qu’elle avait pourtant battue en poule : « C’était d’ailleurs la première victoire de la France dans cette compétition, donc on était toutes très contentes », savourait la joueuse des Hoplites.
Un résultat final et des expériences sur le terrain bien différents
Pour les deux joueuses, évoluer dans de grandes enceintes entourées de nombreux gradins était une première. « J’avais un peu de mal à réaliser que c’était les championnats du monde. Mais quand tu arrives dans le gymnase, tu te dis, ça y est, on y est. C’est maintenant« , se souvient Pauline. En Espagne, près de Madrid, la joueuse des Hoplites s’est dite impressionnée par le niveau de jeu, que ce soit en termes de technique, de vitesse ou d’intensité. Une exigence, un contexte et un enjeu qui l’ont poussé à se dépasser : « Le fait de représenter la France, je pense que je me suis donnée un peu plus qu’en championnat français.« Le constat est à peu près le même pour Claudia Tison, également surprise par la rugosité de certaines équipes, dont les contacts se rapprocheraient presque du hockey sur glace. Preuve de cet engagement physique poussé à l’extrême, la joueuse de l’entente Amiens-Lille s’est blessée dès le premier match contre les États-Unis : « Je prends un très mauvais geste au niveau du genou, je me fais littéralement couper en deux. » Elle disputera une seule autre rencontre ensuite, avant de devoir laisser sa place pour ne pas aggraver la douleur : « Te blesser au premier match, ce n’est pas ce que tu imagines, ce n’est pas ce que tu aurais aimé pour la suite de la compétition. Mais il faut penser au collectif et encourager les copines. »
C’était vraiment incroyable. J’ai vécu une semaine inoubliable.
Claudia Tison
Heureusement, lors de son deuxième et dernier match disputé contre l’Australie, Claudia a pu connaître les joies d’un premier but sous le maillot tricolore. « C’est beaucoup d’émotion parce que c’est toi qui marques, mais c’est le travail d’un groupe, c’est l’énergie des coéquipières, l’énergie du staff. C’est un but collectif. Tu as un petit peu tout à la fin du match qui te passe par la tête« , confie-t-elle. Pauline aussi n’est pas revenue de son voyage en Espagne sans avoir vu les filets adverses trembler puisqu’elle a marqué à deux reprises, contre l’Allemagne, en phase de poule. Et même si son équipe n’a pas pu peser sur l’issue de la compétition, elle savourait pleinement cette première expérience internationale : « L’année dernière, si on m’avait dit que je ferais les championnats du monde et que je serais en équipe de France, je ne l’aurais pas cru. C’était très impressionnant. J’avais quand même beaucoup de pression parce qu’une première sélection, ce n’est pas évident à gérer, c’est un peu stressant ! » Malgré son expérience sur le terrain mitigée et écourtée, Claudia ne retire que du positif de sa première avec les Bleues : « C’est un groupe extraordinaire, une équipe en or, que ce soit humainement ou sportivement. On m’a vraiment mis à l’aise dès le premier jour, c’était comme si je les connaissais depuis toujours. C’était vraiment incroyable. J’ai vécu une semaine inoubliable. »
Un avenir en bleu qui continuera de s’écrire
Évidemment, maintenant qu’elles y ont goûté, les deux joueuses ne se voient pas ne plus porter le maillot de l’équipe de France. Pour Claudia Tison, il s’agira d’abord de soigner sa blessure au genou qui touche ses ligaments latéraux avant, peut-être, de répéter l’expérience à l’été 2027. « J’aimerais refaire partie de l’aventure l’année prochaine. C’est dans mes objectifs de revenir et d’avoir une revanche, la plus belle des revanches, et de pouvoir jouer toute la compétition.« Pauline Bourez pourrait voir ce vœu s’exaucer très rapidement. Après avoir expérimenté le format 3 contre 3, elle pourrait s’attaquer au 5 contre 5 dans les semaines à venir : « On m’a demandé de participer à l’Eurochallenge au mois d’août, c’est un peu comme la Ligue des champions, mais je ne sais pas encore si je vais y aller. » Car participer à ce genre de compétition prestigieuse dans le cadre d’un sport peu développé requiert des moyens financiers importants puisque tous les frais de déplacement et de logement sont à la charge des joueurs. Représenter fièrement son pays à un coût, bien que la valeur du maillot bleu soit inestimable.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)

