OMNISPORTS : Attirer les adultes et les grandes villes, un autre défi pour le Village des Sports

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Si le Village des Sports a pour vocation première de faire découvrir différentes disciplines à des enfants de communes plutôt rurales, il sert aussi aux clubs des plus grandes villes de présenter leur activité et de proposer aux adultes, souvent des parents, de s’intéresser également à ce qui est proposé.

Ce samedi, c’était au tour d’Hangest-en-Santerre d’accueillir un Village des Sports. Sur un terrain de football aménagé pour l’occasion et sous un soleil radieux, plusieurs dizaines d’associations, essentiellement sportives, ont présenté leur activité. Commune d’un peu plus de 1000 habitants, tout comme Saint-Riquier et Oisemont, les deux premiers lieux choisis en ce mois de juin, Hangest-en-Santerre n’a pas été sélectionné par hasard : « On est sûr des lieux de croisement, sur des communes dans lesquelles il y a beaucoup de mouvements, beaucoup de circulation. Et puis, ce sont surtout des villes-centres. À Hangest, on va toucher toutes les autres communes alentour« , explique Margaux Delétré, vice-présidente culture, patrimoine et sport du Conseil départemental de la Somme, présente pour l’occasion. Pour elle, il était évident d’implanter un Village des Sports dans le Santerre : « On sait qu’on a des vrais problèmes de mobilité dans la Somme. Il est évident que les gens d’Hangest-en-Santerre ne sont pas allés au Village des Sports de Oisemont. Donc l’objectif pour nous, c’est vraiment d’apporter le sport pour toutes et tous et partout sur le territoire de la Somme. »

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Margaux Delétré, vêtue d’un ancien maillot de l’équipe de France.

Et si les habitants de communes rurales ne peuvent pas nécessairement venir, ce sont donc les clubs qui se déplacent. Et au Village des Sports, on ne trouve pas uniquement des clubs de la ville dans laquelle il a lieu. À Hangest-en-Santerre, des associations implantées à Moreuil, Villers-Bretonneux, Corbie ou encore Montdidier étaient présentes. Si cela peut paraître étonnant puisqu’elles bénéficient d’un plus large public étant donné un nombre d’habitants supérieur, celles-ci voient un vrai avantage à venir se présenter dans les villages alentour. C’est le cas du club de rugby de Montdidier, représenté par sa présidente, Béatrice Dubar : « C’est un grand intérêt pour nous parce que le rugby n’est pas le sport le plus répandu dans la Somme. Il n’y a que 6 clubs dans le département, donc on a une zone de chalandise qui s’étend sur 4-5 communautés de communes. Donc c’est important de faire la tournée des Villages des Sports qui sont dans notre territoire pour pouvoir montrer que le club existe. Il y a encore des gens qui ne savent pas qu’il y a du rugby à Mondidier. »

Des stands originaux

Dans le Santerre, ce samedi, les curieux ont même pu tester une activité venue de la région parisienne. Nabil Hadim pratique l’art du déplacement depuis 2009 et est venu d’Évry, situé à plus de deux heures de route, pour présenter sa discipline : « Je me suis levé à 6h pour venir ici, mais je ne suis même pas fatigué parce que je suis tellement passionné. Je suis super content de venir à chaque fois dans ce genre d’événement. » S’il voulait, à la base, présenter le Chase Tag, le jeu du chat et de la souris en version sportive, il a dû se résoudre, pour des contraintes logistiques et de matériel, à simplement installer des obstacles. Mais c’est finalement plutôt une bonne chose pour permettre aux enfants de s’initier à la pratique : « Ça a plus de sens de transmettre d’abord les bases de la discipline. Et peut-être dans quelques années, on va revenir ici avec du Chase Tag. Peut-être que les enfants auront grandi et qu’ils auront toujours ce goût pour ce qu’ils ont fait sur cette journée. » Pour Nabil Hadim, faire ce long trajet n’avait pas de prix. D’abord pour faire découvrir une discipline urbaine déclinable en campagne : « Il ne suffit pas de grand-chose. Une barrière, des arbres et on rentre tout de suite dans l’art du déplacement. C’est un sport d’adaptation. Avec ton corps, tu peux faire des choses incroyables. »

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Nabil Hadim conseille une jeune sportive.

Des choses incroyables avec leur corps, les sapeurs-pompiers en font aussi beaucoup en intervention. Comme à chaque Village des Sports, plusieurs d’entre eux étaient présents, ce samedi, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, ils présentaient les traditionnels gestes de premier secours pour quiconque avait besoin d’un petit rappel. Ensuite, ils proposaient une activité pas comme les autres : une sorte de parcours du combattant mêlé à un test d’effort physique alliant course et musculation. L’objectif était de rappeler que pompier, c’est autant un métier qu’un sport, mais aussi de montrer les attendus pour ceux qui voudraient devenir volontaires : « Ce parcours-là, c’est celui pour le concours, pour ceux qui veulent rentrer pompiers professionnels. Il est aussi fait par tous les agents du SDIS de la Somme, tous les ans, pour maintenir leurs aptitudes. J’appelle ça le contrôle technique. Tous les ans, on passe un véhicule au contrôle technique pour voir s’il peut continuer à rouler. Nous, on passe cette épreuve-là pour voir si on peut continuer à exercer« , compare Bertrand Ferrando, pompier depuis 30 ans et chef au centre de secours d’Hangest. « Notre outil de travail principal, c’est notre condition physique. »

Le Village des Sports, c’est aussi pour les adultes

Si la cible première des Villages des Sports reste les enfants, avides de découvrir plusieurs disciplines, les parents sont aussi visés, eux qui ont peut-être délaissé le sport à cause d’un travail prenant ou de l’arrivée de leurs enfants. « Je suis pleinement concernée, s’amuse Margaux Delétré. Il faut pouvoir trouver des lucarnes pour pratiquer une activité physique. Ce n’est pas impossible, tout est une question de volonté, d’organisation et d’entourage familial. Pratiquer, c’est important. C’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral. On ne peut qu’inciter à faire du sport, quel que soit l’âge. Aujourd’hui, sur toutes nos disciplines sportives, on peut pratiquer à son rythme. Ce n’est pas forcément une activité sportive, ça peut être une activité physique dans un premier temps.«  Et toutes les personnes interrogées ce jour-là vont dans ce sens, même Bertrand Ferrando qui rappelle que tous les profils peuvent être pompiers, du moment que l’on a une bonne condition physique et que l’on est âgé entre 17 et 67 ans : « On a des jeunes, mais pas que. Dernièrement, j’ai fait le test à une dame qui avait 51 ans. Elle avait toujours voulu être pompier. Elle est venue, elle a réussi les tests et elle est rentrée au centre de secours de Montdidier. »

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Margaux Delétré, en discussion avec Bertrand Ferrando.

Pour les disciplines sportives pures, même son de cloche : leur pratique n’est pas réservée qu’aux plus petits. Pour Béatrice Dubar, venir au Village des Sports permet aussi de « montrer que le rugby s’apprend à tout âge avec beaucoup de plaisir. On a des adultes qui vont commencer sur les catégories plus importantes, en séniors compétition ou en rugby loisir. » Un des défis pour ce type de club est donc, en plus d’attirer tous les profils, de mettre en place le nécessaire pour leur donner envie de rester : « L’important, c’est de proposer du rugby au niveau de chacun, de trouver le rugby où on se fait plaisir et où on a le challenge qu’on a envie de relever. Apportons du bonheur à chacun, suivant les différentes pratiques qui existent.«  Le rugby loisir est donc un pôle important de l’association montdidiérienne avec des adaptations : « On va faire du rugby à cinq, sans contact au sol, sans mêlée, sans touche. Ça permet de se familiariser avec le ballon, de prendre les repères sur un terrain. » Nabil Hadim aussi aimerait voir davantage d’adultes sauter le pas, rappelant que l’art du déplacement se pratique à tout âge : « À l’école, les enfants sautent, ils courent et en grandissant, ça se perd. Ce qu’on fait pour les adultes, c’est qu’on leur redonne cette confiance qu’ils avaient quand ils étaient enfants. Et on ne s’en rend pas compte, mais un cours adulte, c’est plus dur qu’un cours enfant finalement. Mais c’est aussi bien ouvert aux enfants qu’aux adultes et j’encourage les parents à bouger avec leurs enfants.«  Une dernière phrase qui pourrait être réutilisée dans chacun des stands, être partagée par toutes les associations sportives et raisonner dans tous les Villages des Sports.

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Simon Vasseur
Crédit photo : Léandre Leber – Gazettesports.fr