Leur équipe éliminée de la course au titre et à la montée, ce dimanche, Renaud Crignier et Yannick Offret, deux joueurs d’expérience des Écureuils, ont dressé le constat d’un adversaire supérieur dans cette demi-finale. Mais malgré tout, c’est du positif qui ressort de cette saison et de ce parcours en play-offs.
À 1-0 en leur faveur après un match 1 gagné à l’extérieur, tout portait à croire que les Écureuils d’Amiens avaient fait le plus dur face aux Corsaires de La Teste avant de les recevoir à la Veillère. Mais ce succès aussi spectaculaire qu’improbable au vu du scénario n’était qu’un trompe-l’œil tant les Girondins ont été au-dessus de la mêlée lors des matchs 2 et 3 : « Il n’y a pas grand-chose à dire, ils ont été supérieurs sur les trois matchs, même si ça fait 2-1. Là-bas, on fait un exploit de gagner en perdant 7-3 à 10 minutes de la fin », lançait Renaud Crignier, entraîneur-joueur amiénois, dès le début de l’interview, qui se voulait tout de même déçu de ne pas avoir utilisé l’avantage du terrain et du public pour faire déjouer les pronostics : « On a quand même des regrets. Quand tu reviens en menant 1-0 chez toi, alors qu’on a été invaincus toute l’année ici, tu te dis que tu as deux matchs pour en gagner un et aller en finale. Ça fait des années qu’on finit 1er en championnat et je crois que c’est la première fois qu’on perd deux matchs de suite à domicile. » Les remords se sont en tous cas vite échappés de la tête de Yannick Offret, lequel ne pouvait que constater la qualité de l’adversaire : « On ne va pas se mentir, la meilleure équipe a gagné. Il n’y a pas tant de regrets que ça parce qu’on est à notre place, je pense. Il y a du regret de ne pas continuer l’aventure avec les gars, parce qu’on passait du bon temps. Mais sur les trois matchs, si on enlève les dix dernières minutes de jeu là-bas, ça fait 7-3, 7-3, 8-3. »
Hormis ces dix dernières minutes de folie dans le Sud-Ouest, qui avaient vu les Samariens remonter 4 buts de débours en quelques minutes, La Teste a semblé complètement maîtriser son sujet en faisant preuve d’un réalisme glaçant devant les cages de Caron et de Tierno tout en prenant le soin de défendre à la perfection lorsque cela était nécessaire. « Ils ont des vrais arrières défensifs qui ne montent presque pas, à part le 93, Paco Robin, qui est très bon. Techniquement, ils ne font pas la différence. Mais par contre, défensivement, ils ont toujours une crosse, toujours un block shot, ils sont toujours sur notre dos« , relève Renaud Crignier, qui n’a pas su trouver la faille dans ce système de jeu atypique. « On n’avait pas d’espace pour se faire des passes, on n’avait pas le temps de créer du jeu, de prendre un shoot facile. Il y avait toujours quelqu’un sur nous quand on était en zone offensive. » Illustration d’un collectif picard perturbé et peut-être pas assez préparé aussi bien tactiquement que mentalement pour ce genre de grand événement, le numéro 12 a senti ses joueurs plus crispés qu’à l’accoutumée : « Les deux matchs étaient assez bizarres. Je n’ai pas senti l’équipe totalement libérée, comme elle a pu l’être en quarts de finale contre Toulouse, ou même dans l’année sur les gros matchs. »
Et maintenant, regarder devant
Mais au global, la saison des Écureuils est plus que réussie : une première place en phase régulière dans une poule nord relevée et le stade des quarts de finale enfin franchi. Si Yannick Offret songe à réduire la voilure l’année prochaine, il sait que la relève est assurée avec la présence de plusieurs très jeunes joueurs dans l’effectif, notamment en phase finale, lesquels ont su se mettre à la hauteur des enjeux : « Par rapport au début de l’année dernière, et même au début de cette année, on a des jeunes qui ont vraiment progressé. Les mecs comme Corey (Jonard), comme Hugo (Waquet), qui ont joué avec nous, ce sont des gamins qui ont vraiment progressé. L’année prochaine, ils vont pouvoir avoir un plus grand rôle« , estime l’attaquant des Rouge et Blanc. De quoi entrevoir l’avenir avec optimisme et espérer, à moyen terme, une remontée en Élite : « L’équipe est assez jeune. Mais on a aussi des gars comme Théo Ansel, comme Mathis Goubet, qui sont là depuis quelques années, qui font partie des jeunes, mais qui vont grandir et qui vont être leaders. Si l’alchimie se crée, je pense que c’est possible, parce qu’ils ont une bonne éthique de travail. Le club travaille bien avec ces jeunes-là, il n’y a pas de raison pour que ça ne continue pas. Et puis Renaud, il peut jouer jusqu’à 50 ans ! (rire). » À l’issue de cette saison, les Écureuils ne se sont peut-être pas offert le titre, ni même une finale, mais au moins le droit de croire en un avenir radieux.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

