Dimanche dernier, le Tour des Flandres a été exceptionnel quant à son déroulement avec la victoire du Slovène Tadej Pogacar qui a remporté son duel avec le petit-fils de Raymond Poulidor, Mathieu Van Der Poel.
Quel match entre ces deux super champions. Cela nous faisait penser à un combat de boxe tant les deux hommes se rendaient coup pour coup. Et ce devant un public record et déchaîné prouvant une fois de plus que la Belgique produit non seulement de grands champions mais aussi qu’elle se passionne toujours pour ce sport qui est pourtant décrié par ceux qui ne sont jamais montés sur un vélo. Au-delà de ce superbe moment, il nous faut revenir quelques heures plus tôt dans ce Tour des Flandres avec un passage à niveau qui se présente devant les coureurs mais qui, surtout, voit ses barrières s’abaisser car un train va bientôt passer.
Dans une course de ce niveau, il est évident que les organisateurs ont noté sur leur parcours ce passage à niveau et le moment probable où un train va passer. Ils informent alors les directeurs sportifs qui répercutent l’information à leurs coureurs. Le problème est que si, du côté de la SNCF, l’horaire ne change pas, en ce qui concerne un peloton, il peut être soit en avance soit en retard. Et ce détail est important car très vite, les organisateurs doivent prévoir rapidement cet instant où les barrières vont se fermer alors qu’arrivent à vive allure les coureurs.
Depuis toujours ce phénomène existe dans le cyclisme professionnel ou amateur et, à notre connaissance, jamais il n’y eut d’accident grave. Les coureurs, qu’ils soient isolés ou en peloton, descendent alors de vélo qu’ils mettent sur l’épaule et traversent rapidement la voie. Il faut faire très vite et le plus généralement, les organisateurs sont dépassés ou impuissants par la rapidité d’exécution des coureurs. Les plus rapides ou les plus malins se retrouvent alors de l’autre côté de la voie, mais pas tous. Dès lors, pour les moins débrouillards ou les moins chanceux, il faut attendre que le train soit entièrement passé.
Les organisateurs doivent-ils dès lors arrêter momentanément la course ? Ou tout simplement la laisser se poursuivre, tant il est vrai que les conséquences ne sont pas les mêmes selon si le passage à niveau se trouve plus ou moins loin de l’arrivée ? Tel était le cas dimanche dans le Tour des Flandres où certains coureurs ont bravé les conseils de prudence et ont quand même franchi la barrière baissée. Sur un plan sportif, difficile de se prononcer et c’est là qu’intervient la… justice. C’est par ailleurs ce qui est arrivé au Tour des Flandres et il est donc possible que des concurrents, notamment Pogacar, n’aient pas respecté le… code de la route…
De ce fait, ils risquent une amende, un retrait de permis sur le plan judiciaire. Cependant, au niveau sportif, nous ne voyons vraiment pas pourquoi l’UCI, qui régit le cyclisme mondial, disqualifierait Tadej Pogacar. Toutefois, le sujet est tout de même important car si dimanche tout s’est bien déroulé, rien ne dit qu’à l’avenir, nous n’aurons pas à déplorer un grave accident sur une voie de chemin de fer.
Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

