La réaction des Gothiques d’Amiens aperçue ce dimanche au Coliseum a été à la hauteur de la déception générale ressentie après la déroute à Bordeaux deux jours auparavant. Une force de caractère saluée par l’entraîneur de l’équipe samarienne, Bruce Richardson.
Qui aurait pu croire une telle désillusion vendredi après cinq victoires de rang, mais qui aurait aussi pu annoncer une telle réaction d’orgueil deux jours plus tard face au même adversaire ? Ces Gothiques d’Amiens aiment jouer avec le cœur de leurs supporters et, après les avoir déçus en Gironde, ils les ont fait chavirer au Coliseum, ce dimanche soir. Très vite, les Amiénois prenaient l’ascendant sur les Boxers de Bordeaux, peut-être en surplus de confiance, avec un but inscrit après moins de deux minutes : « J’ai adoré notre départ. C’est une bonne équipe, ils ont du talent, mais ça ne nous a pas impressionnés. C’est une équipe qu’on respecte, mais on veut être respectés« , lance Bruce Richardson, entraîneur de l’équipe. Un but symbolisant le sentiment de revanche qui animait les Samariens et notamment Nicholas Girouard : « Ce match [perdu], c’était inacceptable pour nous. On revenait de cinq matchs où on jouait bien, on avait l’identité, puis on arrive là-bas… C’était inacceptable. Ce soir, il n’était pas question qu’on arrive devant nos partisans et qu’on perde ce match, qu’on ne joue pas de la bonne manière. »

Et il est vrai que les Picards ont fait le match qu’il fallait, presque de bout en bout. En tout cas, ils ont toujours été devant au score : « Le crédit va aux joueurs qui ont suivi le plan à la lettre. Quand on joue de la bonne manière dans notre identité, avec de la vitesse, quand on leur enlève leur temps et l’espace, qu’on prend des bonnes décisions avec la rondelle, tu as les résultats », se réjouit Bruce Richardson, embrayé par son numéro 92 : « On avait un plan à exécuter. C’était pratiquement le même plan que pour le dernier match à Bordeaux« , avoue-t-il. « On l’a exécuté sur tous les aspects du jeu : en powerplay, en piqué, en 5 contre 5 aussi. Je crois qu’on a dominé tout le match quasiment. Chapeau à notre gardien aussi qui a fait encore un gros match pour cette victoire. » Nommé logiquement MVP du match, Nicholas Girouard a symbolisé la domination de son équipe en marquant deux buts et en délivrant une assistance : « Ça fait du bien. J’ai eu quand même un départ assez lent côté statistique. Dans ces moments-là, il faut toujours regarder les petits détails, travailler fort, puis le reste va venir. C’est toujours agréable de se faire récompenser. »
« En hockey, il faut juste tourner la page tout le temps »
Nicholas Girouard, joueur des Gothiques
La petite frayeur est intervenue au début de la deuxième période. Alors qu’ils menaient 2-0 à la pause, les Amiénois concédaient la réduction de l’écart avant d’être sanctionnés à deux reprises, les faisant évoluer en infériorité puis en double infériorité. Mais contrairement à vendredi, où ils avaient complètement coulé dans ces conditions, les locaux ont su faire le dos rond : « On a été capables de modérer ça et de rester en contrôle. Quand on a eu des erreurs, notre gardien a fait les arrêts. La différence l’autre fois, c’est qu’on avait gâché 4 échappées en première. Si on sort de là à 3-2 ou 2-1 de notre côté, peut-être que c’est un match différent en deuxième période. Là, on avait l’avance après une période, donc les gars donnaient du gaz, du momentum, et ça mettait de l’énergie pour la deuxième, les gars y croyaient encore plus« , explique le technicien québécois. Dans la foulée de ce temps fort bordelais non converti, Amiens obtenait à son tour une supériorité qu’il concrétisait par le but du 3-1, sûrement le tournant du match. Car, ensuite, les Boxers n’ont jamais semblé capables de revenir : « Je ne pense pas qu’ils aient généré grand-chose. On tuait les jeux, on prenait des bonnes décisions, on créait des courses en zone neutre et on gérait la rondelle de la bonne manière », énumère le coach canadien.

Voilà donc un succès presque salvateur puisqu’il permet de vite oublier l’humiliation du match précédent et de ne pas enclencher une série négative. La capacité à passer à autre chose, c’est finalement peut-être ça, le secret du succès amiénois : « En hockey, il faut juste tourner la page tout le temps. Même si on gagne un match comme ce soir, c’était un gros match, on l’a gagné, mais demain, on tourne la page quand même », confirme l’attaquant des Gothiques. « C’est sûr que c’est décevant de perdre, mais on apprend de ces matchs-là, autant dans les défaites que dans les victoires.« Bruce Richardson se disait en tout cas « très fier » de la réaction de ses hommes, plus mobiles, plus « affamés », plus « impliqués » que jamais. « Ça démontre leur leadership, leur caractère, ça démontre qu’ils répondent à l’appel quand on les challenge. » Selon lui, ce revers en terre girondine n’était qu’un accident qu’il illustre par une métaphore dont lui seul a le secret : « [La saison], c’est comme un marathon, quand tu cours, après le 30e kilomètre, tu as une crampe, mais il ne faut pas abandonner. Il faut que tu continues et à un moment donné, ta crampe s’en va. On a eu une crampe vendredi, on l’a enlevée. » Ce lundi, les Gothiques ont ainsi pu se ravitailler sereinement avant d’entamer la prochaine étape du parcours située à Marseille, dès ce mardi.
Ligue Magnus, 13e journée :
Mardi 27 octobre à 20h15, à la POMGE : Marseille (3e, 26 pts) – Amiens (9e, 15 pts)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archives)

