Samedi dernier, l’ASCBB réussissait l’exploit en revenant d’un fort déficit lors de leur réception de la sélection saint-martinoise. Une preuve de la combativité et de la rigueur des Amiénois qui ne se sont pas laissé abattre malgré un début de match compliqué.
Il fut un temps où les hommes de Stéphane Noé étaient menés de 18 points dans une dynamique qui ne laissait pas penser à une victoire de l’équipe à domicile. Pourtant, ces valeureux joueurs ont réussi à remonter au score et à remporter ce match, une action après l’autre, un système dessiné par les autres. « Je pense qu’on avait un peu la tête dans le sac pour démarrer. Ils ont fait preuve, eux, d’une adresse insolente. Et nous, on ne mettait pas de tir, donc ils bloquaient l’intérieur. Après, sur la défense, on sait que c’est là où on est capable de les battre. Et puis, le basket, ça ne se joue pas qu’avec un ballon. Ça se joue avec une tête, avec des tripes« , déclare le tacticien amiénois à la suite de la victoire des siens.
Une victoire bien catalysée par William Porez qui faisait un match monstrueux en défense, auteur de plusieurs stops décisifs : « J’étais très frustré au début, je démarre très très mal, je perds 4 ballons d’entrée, je fais une faute, je prends beaucoup de paniers sur la tête. Ça m’a frustré, mais on a su rebondir tous ensemble, surtout en fin de première mi-temps et toute la deuxième mi-temps où on était soudés, on a su être collectif, avoir une forte défense qui nous a permis des contre-attaques« , partage le principal intéressé après la rencontre. Une forte présence collective qui faisait plaisir à voir tant elle faisait pléthore de rotations défensives afin de rendre la tâche impossible à l’attaque saint-martinoise. D’après l’arrière, bien qu’à la mi-temps un speech ait eu lieu, il en revient surtout aux joueurs d’appliquer les conseils après le retour des vestiaires : « C‘est à nous de bien communiquer et c’est à nous de les mettre en place. »
En dehors de cela, notons la première apparition d’Aloïs Bonjokwé, jusqu’alors blessé, qui a montré des qualités très encourageantes dans son jeu, bien que celui-ci n’était pas à 100%. « Aloïs ne s’est pas beaucoup entraîné. Il a été un peu blessé. Ça va prendre un peu de temps. Il a donné du rythme, il fait des choses bien, des choses moins bien. Mais ça, c’est tout le monde. On fait tous des erreurs », analyse son coach.
Un coaching qui en impose
Lorsque son équipe subit un tel écart, non seulement sur le tableau des scores, mais aussi dans la qualité de son jeu, lors du début d’un match, il peut être tentant de prendre un temps-mort d’entrée, histoire de resserrer les rangs. Pourtant, ce ne fut pas la décision du coach amiénois, qui a préféré faire confiance à ses joueurs, un pari qui s’est avéré concluant au vu de la victoire des siens. Une décision qui a pu faire tiquer le public local, qui se demandait pourquoi il ne prenait pas de temps mort à – 18. « Premièrement, je suis un coach qui ne prend aucune influence, que ce soit du banc ou de personne. On peut me réclamer un tel qui rentre ou quoi, j’en ai rien à faire. C’est moi qui travaille toute la semaine avec eux. Je me suis dit, je vais faire le dos rond. On ne mettait pas de tir alors qu’on avait des bons tirs à prendre. On ne les mettait juste pas. Tu peux jouer des heures, des fois, c’est comme ça », prend position Stéphane Noé.
Une bonne combinaison de décisions stratégiques qui se sont avérées payantes au vu du résultat, avec à la clé des points précieux gagnés, dans une poule où chaque victoire ou défaite peut changer la dynamique de la saison. « Ce qui m’embête, c’est que quand tu es à plus 12, on leur donne deux ballons. Du coup, on les remet dans la course. Le goal average va être important. Il va falloir perdre de moins de quatre ou aller gagner là-bas. Là, on comprendra qu’on est capable de le faire », partage le pointilleux coach de l’ASCBB, même s’il avouera par lui-même qu’il ne sert guère de tergiverser trop longtemps : une victoire reste une victoire, reste à se concentrer sur la prochaine rencontre. Une prochaine rencontre qui se déroulera à Coeur-de-Flandres, le 7 novembre, qui sort tout juste d’une large défaite face à l’ESCLAMS (b) : 96-70.
Noa Lambert
Crédit photo : Léandre Leber – Gazettesports.fr (archives)

