ROLLER HOCKEY – Soren Oudar après les championnats du monde U19 : « C’était vraiment magique »

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De retour des championnats du monde U19 avec l’équipe de France avec une médaille d’argent autour du cou, Soren Oudar, joueur des Green Falcons, est revenu sur cette compétition où il aura autant appris sur le terrain qu’en dehors pour ce qui était sa dernière expérience internationale chez les jeunes.

L’année dernière, Soren Oudar, joueur des Green Falcons de Pont-de-Metz, était ressorti frustré des championnats d’Europe où il avait terminé quatrième avec l’équipe de France. Ces championnats du monde ajoutaient de nouveaux adversaires redoutables et l’objectif n’était donc pas forcément la médaille, mais de faire au moins aussi bien, c’est-à-dire rallier la demi-finale. Les Tricolores disputaient d’abord une phase de poule à quatre rencontres. Ils débutaient par un match rugueux contre la Colombie remporté difficilement (3-2). « On a gagné quand même, mais un peu dans le dur. Pour une entrée dans la compétition, ce n’était pas forcément l’idéal », confie le Messipontin. Le deuxième match était bien plus facile à aborder avec un succès 13-1 contre de modestes Mexicains. Le suivant fut un peu plus délicat avec une heure de match tardive qui perturbait les Bleus, pas encore tout à fait remis du décalage. Ils triomphaient néanmoins sans trop trembler de la Slovaquie (5-0). Enfin, ils défiaient les Italiens dans un dernier match sans grand enjeu, si ce n’était la première place du groupe : « C’était un peu un match test, parce que c’était l’un des premiers gros matchs face à un prétendant au titre. On l’a perdu 3-2, mais je pense qu’on aurait pu mieux faire. Il y avait un peu un manque de motivation, une baisse d’intensité », avoue Soren Oudar.

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Qualifiée pour la phase finale, le chemin était encore long pour l’équipe de France. En 1/8e de finale, elle affrontait une surprenante formation argentine : « Je pensais que ça allait être moins fort, un peu comme le Mexique, mais au final, on s’est retrouvés face à un bon morceau », s’étonne le jeune Samarien. « Ça allait être bien physique, comme les Colombiens. Donc on a eu du mal à se mettre dedans dans les dix premières minutes et après on a déroulé et on a gagné 10-0. » En quart de finale, ça commençait véritablement à se corser avec une opposition face aux États-Unis. « On s’est dit que ça allait être un gros match. On était tous concernés, tous concentrés. On savait ce qu’on avait à faire et au final, le match s’est passé comme sur des roulettes (5-0). On ne prend pas de but, ça c’est important. Surtout pour moi, en tant que défenseur, ça a permis de bien me mettre en confiance. J’étais très fier de battre les Américains et surtout de me retrouver en demi-finale », raconte le joueur de 18 ans. Les Français retrouvaient ensuite l’Espagne, un nouveau challenger pour l’or. « On ne partait pas perdant, mais on se disait que ça allait être très compliqué, qu’il fallait faire de notre mieux, être fiers de nous et se dire qu’on n’avait rien à perdre. » Après une première mi-temps parfaite (3-0), les Bleus tremblaient jusqu’au bout en seconde mais tenaient bon (3-2).

La bête noire italienne a ressurgi en finale

La France filait donc en finale et avait d’ores et déjà réussi sa compétition puisqu’elle s’assurait une médaille. Mais pour se parer du plus précieux des métaux, il fallait encore gagner un match et, en l’occurrence, prendre une revanche face aux voisins italiens. Les Tricolores ont mené dans cette finale, 2-1, notamment grâce à un but du Messipontin, avant de basculer avec un but de retard à la pause (2-3). En seconde période, ils subissaient la loi des Transalpins et se retrouvaient menés 5-2. Soren Oudar et ses coéquipiers n’abandonnaient pas et recollaient à un but, gardant l’espoir doré. Mais leurs adversaires conservaient toujours l’avantage (4-6 puis 5-6) avant d’inscrire le but libérateur en cage vide en toute fin de partie pour un score final de 5-7. Les Bleus sont tombés avec les honneurs en ayant tenu la dragée haute aux Italiens : « On a eu autant le palet. On ne s’est pas fait dominer, on ne déméritait pas. Après, ils ont été peut-être un peu plus efficaces devant la cage », concède le défenseur picard. « Ça s’est joué aussi sur les supériorités. Eux, ils en ont eu 3, je crois (et ils en ont converti deux, ndlr). Et nous, on n’en a eu aucune, donc ils ont eu un peu plus d’occasions que nous. » Outre une plus grande discipline, les Italiens ont tout simplement peut-être été « meilleurs que nous » et ont moins subi la pression : « Il y avait beaucoup de monde dans les gradins, il y avait toutes les nations qui nous regardaient. Il y avait peut-être un peu de pression, de stress. »

Les émotions sont décuplées par rapport aux championnats d’Europe.

Soren Oudar

Mais cette médaille d’argent, Soren Oudar la prend de bon cœur : « De base, l’objectif, c’était la demi-finale. Quand on s’est retrouvé en demi-finale, on a été déjà très fiers. On voulait aller chercher la plus belle médaille, mais c’est incroyable de faire deuxième aux championnats du monde. » Plus qu’avec un métal autour du cou, le joueur de Pont-de-Metz est revenu du Paraguay avec plein d’apprentissages et de souvenirs en tête, plus qu’après les championnats d’Europe. « C’était carrément autre chose. Surtout de jouer les équipes sud-américaines et les Américains, c’était incroyable. Je ne sais pas comment expliquer, mais la sensation était énorme, les émotions sont décuplées par rapport au championnat d’Europe. C’était vraiment magique. » Le défenseur de l’équipe de France a pu s’apercevoir des différents styles de jeu pratiqués selon les continents, de quoi prendre en expérience pour la suite de sa carrière : « Les Sud-Américains, ça jouait vraiment physique dans les balustrades. Même dans les crosses, ça mettait beaucoup de cinglage et ça ne sifflait pas forcément. En France, on a un jeu qui est quand même moins physique, les arbitres sifflent plus que les arbitres internationaux. Les États-Unis, c’est un style de jeu qui est totalement différent. Ils font très peu de passes, c’est très peu collectif. Ils jouent beaucoup sur les qualités individuelles de chacun, sur des exploits personnels. L’Italie, la France et l’Espagne, c’est à peu près la même chose. Ça repose beaucoup sur le collectif, le jeu ensemble et le jeu rapide. »

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Plus que l’aspect sportif, ce voyage au Paraguay a aussi permis de prendre du galon pour son futur scolaire et sa vie personnelle : « Ça m’a permis à la fois de grandir au niveau du hockey, de progresser, et aussi humainement. C’est un peu tout bête, mais ça m’a permis de parler une autre langue, d’appliquer l’anglais que j’apprends à l’école par exemple. Je suis capable aussi de me débrouiller, de prendre l’avion. » Pour Soren Oudar, c’est en tout cas une page qui se tourne puisque c’était sa dernière compétition avec l’équipe de France U19 : l’année prochaine, il sera trop vieux pour jouer dans cette catégorie. « Ça m’a fait un petit coup de me dire que toutes les années de l’équipe de France juniors étaient terminées après ça. Mais je n’en garde que des bons souvenirs. » Il se tourne désormais, à court terme, vers le championnat Élite avec les Green Falcons dans l’espoir d’obtenir le maintien. Pour ce qui est de l’équipe de France, son aventure est encore loin d’être terminée. Déjà, l’année dernière, il a participé à deux stages « relèves » qui accueillent les meilleurs joueurs trop vieux pour les U19 mais pas encore assez aguerris pour l’équipe seniors. Il compte bien en faire de nouveaux dans les prochains mois pour, peut-être en 2028, accéder au graal : « Je continuerai à bosser pour y aller un jour. »

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)