Les Gothiques d’Amiens ont enfin vaincu le signe indien et surtout Anglet, ce vendredi soir, après une série noire de six défaites. Désormais, Bruce Richardson et ses hommes espèrent relancer une telle série, positive cette fois.
Ce vendredi, vers 23h, la joie était contenue mais visible sur le visage des Gothiques d’Amiens après leur succès obtenu à Anglet, le premier de la saison après une longue disette, pas loin d’être historique. « D’aller chercher le résultat, ça a fait extrêmement du bien. On l’a vu après le match, le soulagement des joueurs », confirme Bruce Richardson, heureux mais la voix fatiguée, peut-être à la fois à cause d’un match intense sur le banc et d’une petite nuit passée dans le bus pour rallier la capitale samarienne. Cette victoire valide les bonnes choses entrevues lors des premières journées mais qui n’avaient pas suffi à combler les lacunes et les trous d’air que pouvaient avoir les Picards. « Les matchs dans cette séquence-là qu’on a perdus, ce ne sont pas des mauvais matchs de hockey. Il y a eu des choses qui ont fait qu’on n’a pas eu de résultat, mais il y avait du positif. Hier, d’aller chercher le résultat, c’est encore plus satisfaisant. »
Je me suis dit que ça n’allait pas dans notre sens. Les dieux du hockey ne veulent pas qu’on gagne.
Bruce Richardson, entraîneur des Gothiques
Voilà la récompense de tout un collectif qui n’a pas lâché et qui s’est fait peur en fin de partie : « C’est dur d’aller chercher ta première victoire, on l’a vu hier, la game est 3-0, il reste 6 minutes au match. Magee a pris un 5 minutes et après ça, on a un 5 contre 3 pendant deux minutes. Il a fallu tuer ça. Je me suis dit que ça n’allait pas dans notre sens. Les dieux du hockey ne veulent pas qu’on gagne », se remémore l’entraîneur canadien. Heureusement, ses hommes ont été solidaires en défense, bien épaulés par un Alexis Gravel qui a confirmé sa montée en puissance en réalisant le match parfait : « Dans une situation comme ça, le gardien a été très bon. Ton meilleur joueur en désavantage numérique, ça doit être ton gardien. Il l’a été hier dans cette situation-là. On n’a pas donné de but, on a fait une job incroyable en désavantage numérique. » Résultat, en plus de la victoire, les Amiénois sont repartis avec le blanchissage. Même si ça ne rapporte pas de points au classement, il en met un peu dans les têtes.

Symbole de ce succès, tout ce qui ne tournait pas en faveur des Gothiques a tourné dans le bon sens au Pays basque. En plus du blanchissage, ils ont fait preuve d’un réalisme qu’on ne leur connaissait pas depuis plusieurs matchs, marquant à trois reprises pour 30 lancers. La statistique d’un but pour dix tirs (10 %) montre qu’il est possible de faire encore mieux, mais elle est bien plus satisfaisante que la moyenne affichée depuis le début de saison (6,78 %). À l’inverse, l’Hormadi a tiré 40 fois pour aucun but hier soir, confirmant un ratio encore plus alarmant (5,85 %). Aussi, les Samariens ont eu une certaine réussite qui les fuyait depuis le début de saison. Les Angloys ont touché les montants, vu leurs adversaires dévier de justesse certains palets ou encore encaissé un but malheureux, le troisième, qui a sûrement eu un impact pour la suite du match. Mais la roue tourne toujours et, surtout, la réussite se provoque.
Un difficile enchaînement dès demain
Les Gothiques étaient de retour à Amiens en fin de matinée seulement, après avoir traversé la France toute la nuit. Mais dès demain soir, ils devront rechausser les patins pour défier, au Coliseum, les Jokers de Cergy-Pontoise, autre équipe mal classée mais qui s’est brillamment défaite de Gap, ce vendredi, en réalisant aussi le blanchissage. Le temps de récupération est très court et le programme des heures à venir très simple : « Aujourd’hui, on va se reposer, avoir une bonne nuit de sommeil et demain, on va être reboosté », assure Bruce Richardson. Une situation loin d’être idéale mais qui est parfois le lot du sport de haut niveau : « C’est ça d’être un professionnel. C’est d’être capable de prendre soin de toi, de bien manger, de bien t’hydrater, de bien prendre le repos nécessaire pour être prêt demain. On est dans cette situation-là, il faut qu’on essaie de s’en sortir par nous-mêmes. » Jouer rapidement pourrait permettre de lancer une dynamique positive : « On espère ! […] On espère qu’on peut regarder en avant et non en arrière.« Maintenant, s’ils veulent réaliser une belle saison, les Gothiques doivent lancer une dynamique. Car ils ont déjà plus ou moins grillé tous leurs Jokers.
Ligue Magnus, 8e journée :
Dimanche 4 octobre à 18h, Coliseum : Amiens (11e, 4pts) – Cergy-Pontoise (10e, 5pts)
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)

