Club familial de la métropole amiénoise, l’ASM Rivery Handball tente de se faire une place entre ses voisins plus renommés comme Salouël ou Amiens. Entre ambitions et manque de licencié(e)s, le club est loin d’être à court d’idées.
Présente au salon Agora début septembre, l’ASM Rivery Handball cherchait à attirer de nouveaux pensionnaires. Parmi les bénévoles présents ce jour-là, Clément Batté vantait le caractère familial de ce club : « On vient, on s’entraîne. Après, en général, il y a toujours une petite partie conviviale à chaque fin de séance. » Membre du bureau administratif, il voit passer les 100 à 140 licenciés qui font vivre le club de handball. « Notre club est composé de toutes les catégories, à partir du baby (dès 3 ans, voire 2 ans et demi selon la motricité des enfants) jusqu’aux seniors. Il n’y a pas de limite d’âge et il y a une équipe loisir qui est plus en retrait de la compétition. C’est plus pour s’amuser si on ne veut plus faire de compétition », ajoute Clément, une précision importante étant donné que la quasi-totalité des équipes est inscrite en compétition. Troisièmes il y a deux ans, et deuxièmes l’an dernier, les seniors garçons sont en Excellence Départementale et ont pour projet d’accéder au niveau régional dans les prochaines saisons.
Il y a quatre ou cinq ans, on était en quart de finale de la Coupe de France départementale et deuxième du championnat. Cette année, on n’a plus d’équipe féminine.
Clément Batté
Seule ombre au tableau, l’absence de compétition pour les seniors filles, faute de participantes cette année avec seulement 6 joueuses. « C’est un peu notre point faible, reconnaît le bénévole. On cherche toujours à créer des équipes moins de 18 ans féminines pour avoir un tremplin derrière. […] Créer ces catégories-là permettrait d’avoir la réserve derrière pour les seniors filles et d’avoir une continuité comme chez les garçons. » Selon lui, le manque de seniors féminines est un problème qui touche tous les clubs de la région, comme Amiens qui n’a plus qu’une équipe contre deux l’année dernière : « Il y en a beaucoup qui viennent à Amiens pour les études. Vu qu’on est en banlieue très proche, elles font un ou deux ans au maximum. Une fois qu’elles ont terminé leurs études, elles repartent. Nous, on n’arrive pas à en faire revenir automatiquement d’autres. Il y a quatre ou cinq ans, on était en quart de finale de la Coupe de France départementale et deuxième du championnat. Cette année, on n’a plus d’équipe féminine. » Ne pouvant pas engager d’équipe, Rivery construit un projet pour continuer de les accompagner au maximum. « On essaye de se battre pour développer la catégorie Hand à 4. C’est une nouveauté qui est en train de se mettre en place au niveau de la Ligue avec des équipes de quatre ou cinq filles pour faire des mini-matchs », raconte celui qui est présent au club depuis 10 ans. Même si ces mini-matchs ne sont pas des tournois officiels, ce projet permet de garder les filles et, qui sait, de trouver de nouvelles adhérentes par ce nouveau format.
Le ParaHand, un projet à construire sur le (très) long terme
La concurrence avec les clubs plus importants comme Amiens et Salouël va au-delà de la recherche de seniors femmes. « Ils jouent de leur notoriété, on va dire, pour venir chercher nos petits jeunes qui voient vraiment leur avenir dedans et qui se voient jouer au handball. Nous, on essaie de concurrencer là-dedans par l’aspect familial, en passant des diplômes aussi. J’en passe un justement pour pouvoir faire évoluer le club dans ce sens-là et proposer d’autres choses plus professionnelles, on va dire, et pouvoir concurrencer ces clubs dans le futur et développer des catégories qu’ils n’ont peut-être pas forcément », poursuit Clément Batté. Un futur qui pourrait alors s’écrire en lien avec le parasport ; le club de Rivery a d’ailleurs déjà accueilli une session sur le handicap pour faire découvrir ce sport à ses jeunes. « Ce n’est pas l’ambition dans les années toutes proches, mais dans 5 ou 10 ans, ce serait un projet qui tiendrait vraiment la route. Parce qu’en club, dans la banlieue amiénoise, il n’y en a aucun qui propose du handball pour les personnes en déficience. Ça permettrait d’élargir notre visibilité là-dessus et de rendre Rivery beaucoup plus visible pour les autres catégories aussi », se projette le bénévole. Heureux des retours des participants, il se voit bien en refaire une prochainement.

Enfin, l’ASM Rivery compte bien s’appuyer sur l’engouement autour de la saison passée de sa section senior masculine qui avait fini deuxième du championnat : « C’est un projet qui avait été basé sur l’ensemble de la saison. Tous les week-ends, on tournait autour de cette équipe. Dès qu’on jouait à domicile, le gymnase était plein. C’était vraiment sympa à voir pour le club », ajoute-t-il. L’émulation masculine est en marche et les filières jeunes s’en inspirent à l’image des U13, quarts de finalistes de la Coupe de la Somme et dans le haut du tableau du championnat la saison précédente. « Cette année, ils montent tous en moins de 15, explique Clément. On espère pouvoir baser notre année autour d’eux et des seniors. Ils sont tous copains au collège. Ils viennent tous le mardi ou le vendredi et jouent ensemble le samedi, ça fait une boucle. Après, ils ramènent des copains. […] C’est notre tremplin hors des salons et des réseaux sociaux. » De ses projets à sa jeunesse prometteuse, le club riverain a toutes les cartes en main pour trouver sa place parmi des clubs plus grands. À lui de bien les jouer, sans délaisser sa convivialité.
Thomas Jourdan
Crédit photo : Simon Vasseur – Gazettesports.fr

