Après la nouvelle défaite de son équipe, l’entraîneur des Gothiques était évidemment déçu mais estimait qu’elle ne récompensait pas le bon travail effectué, notamment défensivement. Désormais, il reste à ses hommes de retrouver la confiance nécessaire pour marquer des buts.
Voilà la tant redoutée sixième défaite consécutive d’entrée, une triste statistique pour les Gothiques d’Amiens qui se rapprochent dangereusement du record historique de 1982, où ils s’étaient déjà inclinés à sept reprises en début de saison. Mais ils avaient une circonstance atténuante cette année-là puisqu’ils venaient tout juste de monter en Nationale A, la première division de l’époque. Cette fois, même si le collectif a bien changé, les joueurs qui le composent semblaient capables de faire mieux que ça à ce stade de la compétition. Bruce Richardson, leur entraîneur, assure qu’ils ne lâchent rien et qu’ils sont de bonne volonté pour sortir de cette spirale négative infernale : « Présentement, les gars veulent juste bien faire. Tout le monde veut s’en sortir. On a un bon groupe de joueurs qui continue à travailler, qui continue à y croire et à avancer. On est proches. Ce ne sont pas des matchs qu’on perd 6 à 1, 6 à 0. Ce sont tous des matchs qu’on perd d’un but. Il faut que tous les astres s’alignent. »
Les Gothiques pas si loin d’être au niveau
Hier, si l’on excepte le but en cage vide qui reste une situation exceptionnelle, les Picards ont concédé leur quatrième défaite par un but d’écart. Un but concédé en tout début de match qui a finalement pesé lourd dans la balance : « On a commis un revirement en début de match qui a fait en sorte qu’ils ont scoré. En général, on n’a rien à se reprocher de notre performance, pour être honnête. […] C’était un bon match de hockey avec deux bonnes équipes », juge le technicien québécois. Et il est vrai que les statistiques montrent une rencontre équilibrée, bien que légèrement en faveur des Rouennais : 37 tirs à 33 et 38 mises au jeu à 30. Mais cette petite différence traduit aussi une petite domination qui a suffi aux Dragons pour l’emporter. Et c’est un peu la même rengaine depuis le début de la saison pour les Samariens : ils jouent bien, presque aussi bien que leurs adversaires, mais ils se montrent incapables de faire basculer un match en leur faveur : « On dirait que, quand tu cherches quelque chose, tu as de la misère à aller chercher ce que tu cherches parce que tu as trop essayé.«

Ce début de saison raté s’est effectué en deux phases. D’abord, les deux premiers matchs ont mis en exergue certaines difficultés défensives qui avaient déjà été entrevues lors des rencontres amicales, mais aussi une vraie faculté à se montrer incisifs devant la cage. Amiens était alors la pire défense mais la meilleure attaque de Ligue Magnus. Puis, le virage opposé a été opéré. Sur leurs quatre dernières sorties, les Gothiques n’ont encaissé « que » 14 buts, 11 si l’on ne prend pas en compte les buts en cage vide. Une moyenne de moins de trois buts par match satisfaisante mais qui ne compense pas la soudaine panne survenue en attaque : cinq petits buts marqués sur ces quatre matchs, un total dérisoire qui ne permet pas de prétendre à gagner : « On dirait qu’on n’est pas capable d’avoir les deux en même temps. C’est une situation qui est décevante pour le moment », souffle Bruce Richardson.
Place à Anglet pour un duel de bas de tableau
Pour ne pas égaler 1982, les Amiénois devront s’imposer lors de leur prochain match, loin, très loin du Coliseum et de leurs supporters, dans une patinoire qui laisse peu de place à l’euphorie avec moins de 1500 spectateurs en moyenne. À Anglet, ils devront braver la morosité ambiante, faire oublier les plus de 900km de trajet et retrouver la confiance face au but pour sortir, au moins une première fois, la tête de l’eau. C’est d’ailleurs ce que sont parvenus à faire les Artzak ce mardi en disposant de Gap en prolongation. Les Angloys comptent désormais deux points et ne sont plus derniers, laissant volontiers cette place aux Rouge et Noir, dont le compteur est toujours bloqué à un point, celui glané lors de la toute première journée. Face à l’équipe de la ligue qui tire le moins et qui marque le moins, il suffirait peut-être d’un ou deux buts pour lever les bras. Et même si personne ne sauterait au plafond avec ce tel scénario, repartir en ayant remporté « le match des derniers » permettrait d’entrevoir une lueur d’espoir.
Ligue Magnus, 7e journée :
Vendredi 2 octobre à 20h30, Patinoire de la Barre : Anglet (11e, 2pts) – Amiens (12e, 1pt)
Simon Vassseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archive)

