FOOTBALL (Régional 1) – René Playe : « Il y a un pincement au cœur forcément »

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Alors qu’il a officiellement quitté son fauteuil de président à l’issue de l’assemblée générale du club début juillet pour passer la main à Christophe Demuynck et les frères Chang, René Playe, emblématique président de l’ESC Longueau pendant 28 ans, revient sur son mandat et cette passation.

On sait que ça fait plusieurs années que vous y réfléchissiez. Aujourd’hui, c’est officiel vous tournez une page de 28 ans, à la tête du club. Qu’est-ce que ça vous fait de passer la main ? 

Effectivement depuis 2-3 ans maintenant je cherche une personne capable de me succéder. Tout en sachant que je serai là pour l’épauler pendant encore quelques années. 28 ans de présidence, 10 ans de secrétaire, 11 ans d’éducateur jeunes et seniors, ça fait 49 ans de présence au club, donc dire que ça ne fait rien, ça serait mentir. Au-delà de la vie du club j’ai aujourd’hui 74 ans et il faut aussi que je pense à moi. J’espère bien pouvoir encore profiter quelques années. J’espère encore vivre au moins 10 ans et en profiter mais ça y a que Dieu qui nous le dira. Il y a un pincement au cœur forcément mais les conditions dans lesquelles la main va être passée sont celles que je voulais. À savoir que le nouveau président a d’ailleurs dit à tout le monde qu’il ne fallait pas s’affoler et que s’il vient apporter un plus, il n’y aura pas de grosses révolutions. C’est d’ailleurs pour ça que dans la nouvelle structuration du club, je serai toujours présent.

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C’est primordial pour vous que dans cette succession, il n’y ait pas de gros chamboulement pour éviter que tout ce que vous avez créé et que les valeurs du club soient bafouées en un rien de temps comme on a pu le voir dans certains clubs aux alentours qui ont vu des gros actionnaires, arriver et tout chambouler d’un coup ?

Oui de toute façon ces conditions là étaient les miennes mais aussi celle de mes dirigeants. On dirige pas un club seul, on a besoin de monde autour de soi et bon nombre des dirigeants avaient dit que si j’arrêtais, ils arrêtaient. J’ai réussi à leur faire comprendre que c’était une suite logique que si demain il m’arrivait une problématique de santé quelconque, il fallait bien que le club continue à vivre. Aujourd’hui c’est parti dans les meilleures conditions possibles. Le nouveau président aura son rôle à jouer, mais je serai toujours là en appui, et je veillerai à ce que les valeurs du club restent les mêmes.

Le fait qu’une grosse partie de l’équipe en place reste au bureau va aussi vous permettre de garder un poids et un regard sur le club. Cela est important pour éviter une grosse fracture entre ce que vous avez construit et le nouveau projet ?

Je serais tenté de dire que dans la nouvelle organisation il y a un petit peu deux étages avec le Président, et ses co-présidents qui vont être chargés d’une mission particulière qui sera d’apporter des finances et des sponsors pour que le club puisse évoluer au niveau supérieur. Ensuite, il y aura un étage dirigé par moi avec toute l’équipe dirigeante déjà en place qui aura pour objectif la partie administrative, mais aussi toute une partie jeunes ainsi qu’une partie sportive. L’objectif aujourd’hui est de développer le club en s’appuyant sur ce qui a été fait et pas du tout de tout révolutionner.

Il était primordial pour vous aujourd’hui d’avoir cet apport de nouvelles compétences, notamment en termes de relation avec les partenaires, mais aussi l’apport de nouveaux investisseurs pour retrouver le niveau N3 ? J’imagine que l’expérience passée en N3 vous a poussé à faire ce constat ?

Oui tout à fait, on s’est rendu compte lors de notre passage en N3 que l’on avait pas les moyens d’exister dans cette division. Sur les trois dernières années on a vécu sur les bienfaits de nos parcours en coupe de France, mais aujourd’hui on était au bout de nos moyens. S’il faut parler financièrement, on n’était plus en capacité de conserver l’effectif et de continuer à jouer le haut de tableau en R1 sans avoir l’apport de nouveaux investisseurs et de nouveaux partenaires. C’est ce que va apporter le nouveau président.

Le projet est très ambitieux et fait énormément parler. Avez-vous eu peur ? Et avez-vous été réticent face à l’arrivée de ces nouveaux investisseurs et la possibilité de voir un gros chamboulement, quitte à remettre en cause ce qui a été fait ces dernières années ?

Non car le projet est bien différent des projets que l’on a pu voir dans certains clubs qui n’ont pas du tout fonctionné. Ils ont toujours été clairs sur le fait qu’ils ne voulaient pas tout chambouler. Le président et les coprésidents sont très proches les uns des autres, et ce sera à nous et notamment à moi de créer ce lien avec eux pour leur permettre d’être à 100 % dans le club et avoir une vraie osmose. Pour le moment c’est bien parti. Mais je me répète si l’on veut pouvoir évoluer un niveau supérieur on n’avait pas le choix que de faire venir des investisseurs.

Comme on a pu le voir lors de l’assemblée générale, on est loin d’un projet révolutionnaire dans lequel on veut faire venir énormément de joueurs avec de gros salaires. Pour vous, c’était indispensable de garder le noyau dur et d’éviter de se retrouver à être un club qui surpaye et dont les joueurs viennent pour l’argent et non pour le projet ?

Absolument, c’était un souhait de ma part, mais aussi des joueurs . De par la voix des 2-3 joueurs qui composent le groupe de joueurs référents sur lequel on s’appuie lorsqu’on a des décisions à prendre. Leur demander était de garder le noyau dur et de ne pas tout chambouler au risque de perdre la cohésion et l’état d’esprit du groupe. Aujourd’hui on reste un club réputé pour sa bonne ambiance et la qualité de son jeu, même si ça n’a pas toujours été le cas. On ne voulait surtout pas casser cette dynamique mais juste se renforcer en ciblant certains postes. On voulait se renforcer défensivement, et quand on regarde les arrivées, elles sont toutes dans ce secteur. C’est pour cela que l’on a que des renouvellements en senior, si ce n’est des départs pour des raisons professionnelles ou arrêt.

La montée de l’équipe réserve R2 à aussi j’imagine facilité le renouvellement de l’ensemble du groupe. Ça va être aussi un moyen de conserver vos jeunes ?

Oui est la montée n’était pas prévue l’objectif en début d’année étant de se maintenir rapidement pour éviter une saison galère. Ils ont fait bien mieux que ça. On va chercher une double montée après avoir été promu de D1. C’est une force d’avoir les deux équipes senior au plus haut niveau régional. Cela va permettre de ne pas avoir de différence entre les deux groupes. D’ailleurs, Christophe n’aime pas que l’on parle d’équipe A et B mais plutôt de groupes seniors. Il se veut d’ailleurs entraîneur de l’équipe R1 de façon permanente mais aussi entraîneur du groupe senior. C’est aussi pour cela qu’il y aura un entraînement en commun sur les trois séances de la semaine. Cela nous a permis de conserver plusieurs jeunes U18 de la saison dernière qui vont intégrer le groupe senior. Il y en aura même certains garçons qui seront en capacité d’aller chercher le groupe R1. En tout cas, certains en ont les moyens.

Si l’on doit faire un bilan aujourd’hui, vous quittez le club en laissant les deux équipes seniors en R1 et R2, l’équipe féminine en R2 et l’équipe réserve en Inter district. Presque toutes les catégories jeunes sont en régionale. L’école de foot fait le plein. Vous êtes aujourd’hui le club de la Somme avec le plus de licenciés et l’un des plus labellisés. J’imagine que le bilan est plus que positif ?

Bah oui, avec la saison dernière, le bilan est plus que positif. Quand on regarde en arrière et que l’on voit où était le club il y a 28 ans. Que ce soit chez les seniors garçons, mais aussi chez les filles ou les jeunes, le club est en progression constante et c’est une véritable fierté. On a aujourd’hui plus de 600 licenciés, on est le club avec le plus de licenciés de la Somme, cela illustre le travail accompli par l’ensemble des dirigeants, des éducateurs. On arrive aussi à conserver nos joueurs sur plusieurs années et ça c’est une vraie force. Je suis arrivé au maximum, je pense que ce que le club a pu faire avec cette expérience N3. On a fait avec les moyens que l’on avait. Les résultats prouvent que c’était insuffisant, mais on était loin d’être ridicule.

Si vous deviez retenir un souvenir positif de votre présidence, quel serait-il ?

Le top, c’est le 32e de finale de coupe de France à Moulonguet contre Vitré où l’on perd aux penaltys après avoir eu le ballon de la gagne dans les dernières minutes par Antoine Bouvet. C’était un moment magique avec malgré tout beaucoup de regrets car on n’est vraiment pas passé loin de la victoire. Je me rappelle, j’étais assis à côté de Monsieur Mulazzi, vice-président de l’ASC à l’époque qui je me rappelle m’avait dit, mais qu’est-ce que fait ce garçon en Longueau, en parlant de Thomas Chatalen qui avait fait un match énorme dans les buts. Le stade était plein. L’ambiance était magnifique. C’était un super souvenir qui venait concrétiser le travail qui avait déjà eu lieu sur cette même compétition sur les deux années précédentes. Notamment deux saisons avant, on s’était retrouvé par chance à Clairefontaine pendant deux jours. Avec une soirée où on leurs avaient demandé d’être dans la modération, mais qui avait laissé des traces le lendemain. On n’a pas tout su et vu mais ça s’est ressenti sur le terrain. Face à Croix malgré le fait qu’on était vidés car on est rentrés une heure avant le match après 3h30 de bus, on rentre au vestiaire à 0-0. Ensuite physiquement on a explosé et eux ils ont fait un très bon match mais c’était aussi un très bon souvenir. La coupe de France reste quelque chose d’exceptionnel et une compétition particulière. J’ai vécu de très bons souvenirs, même si depuis deux ans, ça végète de façon anormale ce qui m’a valu d’ailleurs quelques coups de gueule.

On sait que vous êtes un président très proche mais en même temps très discret. Capable d’intervenir quand il fallait et de se faire entendre. Qu’est-ce qui a fait que vous avez été un président apprécié de tout le monde mais en même temps capable de garder sa ligne directrice et de le dire quand ça ne va pas ?

Il faut savoir ce que l’on veut et où l’on va. Quand on attaque une saison, on présente un projet et il faut savoir s’en tenir jusqu’au bout. Quand l’équipe dévie de ce projet il faut savoir leur rappeler, mais aussi leur dire quand ils sont dans les clous et que c’est bien. J’ai eu quelques coups de gueule à faire notamment sur la coupe de France mais ça a été rarement le cas en championnat car sur les dernières saisons, on a quasiment tout le temps été dans les objectifs en jouant le haut de tableau. Encore cette saison, j’avais demandé de jouer le top cinq. L’objectif est donc rempli. On aurait pu faire un peu mieux c’est sûr, mais encore une fois on a été au niveau. Je n’étais pas forcément très interventionniste, mais je savais le faire quand il fallait.

Avez-vous un regret en tant que président ?

On dit qu’il ne faut jamais avoir de regrets, donc non je n’ai pas forcément de regrets, même s’il y a des choses que j’aurais sûrement faites différemment avec le recul. Quand je regarde toute ma présidence, j’ai connu de nombreux éducateurs et ça s’est toujours bien terminé avec eux. Ca c’est une fierté. J’ai déjà eu des accrocs avec des joueurs mais quasiment jamais avec des entraîneurs. Le seul regret, c’est peut-être que notre seule expérience en N3 n’a pas été concluante. Mais c’était une première pour nous et on s’est retrouvé avec de nombreuses équipes, réserve de club professionnels face à qui, on n’avait pas à rougir de nos performances. On n’avait pas les moyens de lutter. Pas vraiment de regret sinon.

Justement, sur cette expérience, c’est la seule où le coach est resté une seule saison. Est-ce que c’est un petit regret ou un échec de ne pas avoir réussi à garder Christophe Huck plus d’une saison surtout que malgré les résultats, il était très apprécié des joueurs ?

Ce n’est pas les résultats qui ont fait qu’il soit parti, c’était d’ailleurs déjà acté en début de saison. Il venait pour nous donner un coup de main. Et son objectif était de retrouver une structure professionnelle. Avant même la fin de saison, il m’a fait part du fait qu’il allait rejoindre Toulouse et je suis d’ailleurs très fier qu’il ait réussi à retrouver une structure de ce niveau. C’était un très grand professionnel. Capable de m’envoyer des messages à 4h du matin car avec lui c’était presque du H24. Il était extrêmement investi et a permis à de nombreux joueurs de progresser malgré les résultats.

On sait qu’il a été très critiqué, notamment dans les médias et à renvoyer une image qui n’est pas forcément positive. Regrettez-vous de ne pas avoir réussi à le protéger un peu plus ?

C’est une image des gens de l’extérieur mais pas celle du club que ce soit l’encadrement, les dirigeants ou les joueurs. Il était unanimement apprécié de tous pour son investissement, la qualité de ses séances et son professionnalisme. Quand les résultats ne sont pas bons forcément, il y a des critiques qui arrivent car un coach est jugé sur ses résultats. Il ne faut pas regarder les réseaux sociaux dans ces cas-là. C’est d’ailleurs le cas à tous les niveaux. On le voit avec l’ASC et son président qui malgré le fait qu’il donne énormément pour le club a été critiqué sur les derniers mois. Maintenant ça fait partie de la vie d’un coach et des sportifs c’est regrettable car ce n’est vraiment pas l’image qu’il avait en interne, je pense que pour lui c’est le plus important d’avoir été apprécié du club. Ne pas réussir à se maintenir en N3 c’est dommage mais c’est comme ça. Depuis je n’ai jamais perdu l’ambition de retrouver le niveau N3 et j’oses espérer qu’avec la nouvelle direction le club réussisse à retrouver ce niveau. C’est en tout cas l’objectif des nouveaux dirigeants qui se sont fixé deux à trois ans pour réussir à retrouver le niveau N3 maintenant N2. Ce ne sera pas facile car de nombreux clubs espèrent atteindre ce niveau. On voit d’ailleurs dans les recrutements que de nombreux clubs se renforcent. Aujourd’hui en R1 beaucoup de joueurs viennent du niveau national. Donc forcément le niveau global ne fait qu’augmenter. De notre côté, on ne fera pas de folie pour faire venir des joueurs. On luttera avec nos armes comme d’habitude. 

Après 28 ans de présidence, qu’est-ce qui a été le plus gros changement dans le sport amateur pour vous. Est-ce que c’est les moyens financiers et le fait qu’aujourd’hui en régional quasiment tous les clubs payent leurs joueurs et que certains payent même en district ?

Oui c’est certain que là-dessus ça a extrêmement évolué car à l’époque on ne payait pas du tout en district et très peu en régional. Est-ce que cela tue le football amateur je ne pense pas car aujourd’hui de nombreux joueurs viennent du niveau national où ils avaient l’habitude d’être payé et c’est ce qui entraîne le fait que bon nombres soient payés en régional. C’est aussi l’évolution du football et de la société . Après payer des joueurs au niveau départemental, chacun fait ce qu’il veut mais je trouve c’est un peu dommage et exagéré. Quand j’ai commencé, on était en départementale 1 et il n’était absolument pas question de payer des joueurs. Je pense qu’il faut faire les choses à l’endroit et dans un club il faut d’abord commencer par son encadrement et faire évoluer ton club par la structuration de l’encadrement avant de penser à rémunérer les joueurs et faire venir des joueurs en leur proposant de l’argent. C’est un peu ce que j’ai fait à Longueau quand j’ai pris le club en 1998, on était 220 licenciés, la saison dernière, on était plus de 620 licenciés. Cela s’est fait en plus de 20 ans, il ne faut pas vouloir révolutionner les choses trop vite pour durer. Il ne faut pas oublier que l’équipe première reste la vitrine du club. C’est donc important de mettre des moyens sur cette équipe et qu’elle évolue au plus haut niveau pour mettre en avant le club mais il ne faut pas oublier le reste. Et aujourd’hui avec la conjoncture économique l’importance de la formation est encore plus grande. 

Aujourd’hui si vous n’êtes plus président mais vous allez rester investi dans le club. Qu’est-ce que vous souhaitez dans les années à venir ? J’imagine que l’objectif c’est de pouvoir reconnaître l’expérience du niveau national 3 ?

Oui ça reste mon objectif, je n’ai pas réussi à y retourner en tant que président, mais j’y compte bien en tant que dirigeant. C’est une expérience que j’ai envie de revivre et à partir du moment où tu joues le top trois en R1, tu n’es jamais très loin de la première place. Donc oui ça me plairait bien. Je m’accorde encore 2-3 ans avec un poste à responsabilité. Ensuite, je ferai comme tout le monde, je ferai griller les saucisses et tiendrai la buvette. 

Le club semble structuré à tous les étages pour retrouver le niveau national. S’il y a peut-être un frein à son développement, c’est le nombre de terrains et notamment le fait qu’en hiver un seul terrain soit accessible et que le terrain d’honneur le soit très peu durant toute la saison. Partagez-vous cette analyse ?

Oui aujourd’hui le club est structuré pour retrouver le niveau national sans aucun doute. Effectivement aujourd’hui on ne peut plus avoir de licenciés supplémentaires de part notre nombre de terrains. La problématique existe depuis longtemps et elle existera toujours c’est que nos trois terrains sont loin les uns des autres. Après on a un nouveau terrain synthétique avec des vestiaires qui est un outil de très haut niveau que de nombreux clubs aimeraient avoir. Il ne faut pas oublier qu’il y a encore deux ans, nos jeunes aller jouer à Amiens Sud, leur match, ce qui n’est pas évident pour avoir l’appartenance au club. On a un terrain qui nous permet de jouer toute l’année dans des conditions optimales. C’est déjà un grand pas en avant. Il faut savoir dire merci à la métropole. Le terrain d’honneur. Effectivement il y a encore quelques saisons, je pensais qu’il était sous utilisé mais pour avoir un terrain de cette qualité toute la saison, il faut savoir aussi le ménager. On pourrait peut-être utiliser un peu plus. D’ailleurs la saison prochaine, on réfléchit à baser un peu plus l’équipe première sur le terrain d’honneur. Mais il faudra faire attention à le préserver, car aujourd’hui c’est l’un des plus beaux terrains de la métropole et il faut que ça reste le cas. Je me suis longtemps battu avec les responsables de la métropole sur l’utilisation du terrain mais après avec le terrain synthétique cela nous permet aussi d’avoir moins besoin de terrain en herbe tout au long de l’année. 

Est-ce qu’il est envisageable aujourd’hui de voir la création d’un nouveau terrain synthétique à Longueau, notamment sur la plaine à côté de celui déjà existant ?

Il y a la place c’est certain et ce serait une excellente chose mais aujourd’hui de nombreux clubs de la métropole veulent un terrain synthétique et la métropole n’a pas les moyens de contenter tout le monde. On a la chance d’en avoir déjà un et il y a peu avec des vestiaires flambant neuf. Pour espérer avoir un deuxième terrain synthétique à côté du premier, il faudrait, je pense atteindre le niveau N1 pour pousser la métropole à mettre en place ce projet. Cela ne nous permet pas aujourd’hui d’avoir plus de licenciés car quand on a des arrêtés métropolitains, on a déjà du mal à caser tout le monde sur les entraînements de la semaine. Après avoir plus de licenciés, il faut aussi trouver un encadrement disponible. Pour avoir un bon rendement et une qualité de formation, il ne faut pas non plus faire du nombre. Il faut qu’un éducateur ait entre 15 et 18 joueurs maximum à sa charge. C’est pour ça que l’on a un minimum de 2 voire 3 éducateurs par catégorie. Ce serait en tout cas une excellente chose d’avoir un deuxième terrain synthétique sur la plaine des sports, mais je pense que ce n’est pas envisageable à court et moyen terme. Il faut savoir se satisfaire de ce qu’on a et aujourd’hui de nombreux clubs aimeraient avoir les mêmes installations que nous. 

Le club a deux équipes seniors, on sait que depuis plusieurs saisons vous réfléchissez à en avoir une troisième. Est-ce que c’est pas un petit regret de ne pas avoir réussi à obtenir cette équipe qui vous permettrait notamment de conserver vos jeunes plus facilement ?

Repartir en D6 et aujourd’hui c’est très compliqué, nos jeunes évoluant pour la plupart au niveau régional, je ne suis pas certain qu’un bon nombre d’entre eux soit prêt à évoluer en D6. C’est donc difficile de créer une nouvelle équipe et de la faire monter, même si certains clubs ont réussi à le faire comme Camon. C’est pour cela que depuis deux ans, on réfléchit à trouver un club voisin évoluant D2-D3 pour créer une entente et avoir une équipe permettant à plus de nos jeunes de rester et d’avoir du temps de jeu. On a déjà échangé avec des clubs voisins mais chaque commune a ses envies et les présidents de ses clubs aux alentours travaillent bien. Ils n’ont pas forcément les mêmes ambitions et faire le pas ce n’est pas évident. 

Aurélien Finet
Crédit Photo : Kevin Devigne, Théo Bégler, Leandre Leber et Eva Daubenton – Gazettesports.fr (archives)