Le concours officiel de dressage du Poney Club d’Amiens a été maintenu ce dimanche malgré la canicule. Horaires aménagés, récupération des chevaux et surveillance renforcée ont permis le bon déroulement de la compétition.
Les fortes chaleurs n’ont pas empêché la tenue du concours officiel de dressage organisé ce dimanche au Poney Club d’Amiens. Pour préserver le bien-être des chevaux et des cavaliers, l’organisation a toutefois adapté le déroulement de la journée. Les premières épreuves ont débuté dès 7h30, avec l’objectif de terminer l’ensemble des passages avant les heures les plus chaudes de l’après-midi. Cette vigilance était de mise depuis plusieurs jours. Les organisateurs ont dû composer avec les arrêtés préfectoraux pris en raison de la canicule, qui avaient notamment conduit à l’annulation des séances des jours précédents. « Tout le monde attendait vendredi soir de savoir si on pouvait maintenir le concours », raconte Michèle Lereux, directrice du Poney Club d’Amiens.
« Les chevaux supportent généralement bien mieux la chaleur que nous », assure la directrice. Si les températures dépassant les 30 °C peuvent inquiéter, elles ne sont pas forcément synonymes de danger pour eux, à condition de respecter quelques règles. Les reprises durant seulement quelques minutes, les animaux sont rapidement douchés puis raccompagnés au calme.

Le saviez-vous ?
En période estivale, un cheval boit généralement entre 40 et 60 litres d’eau par jour, contre 20 à 40 litres habituellement. Les plus stressés, qui ont parfois tendance à moins boire, peuvent recevoir des électrolytes afin de favoriser leur hydratation.
Marine, licenciée du club, monte Riskiday depuis cette saison. Tous deux ont désormais leurs habitudes. En période de fortes chaleurs, elle ajuste son travail : la veille d’un concours, les séances sont plus légères, elle fait marcher longuement son cheval avant l’épreuve puis le douche progressivement une fois la reprise terminée. Pendant la récupération, elle surveille notamment les naseaux, les flancs ou encore le poitrail pour détecter d’éventuels signes de fatigue. Pour elle, le choix d’avancer le début du concours était « une très bonne idée ». Grâce à ces aménagements, les 55 cavaliers inscrits ont pu participer à la compétition dans de bonnes conditions malgré les températures.
Un concours porté par les bénévoles
Pour mener à bien la compétition, le club a pu compter sur une forte mobilisation bénévole, malgré des contraintes financières et logistiques croissantes. Aux aurores, les premiers couples cavalier-cheval se sont élancés sur les carrières du club. Tout au long de la compétition, la précision des figures, la qualité de l’exécution et la complicité étaient évaluées sous l’œil des juges Sophie Boulnois, Valérie Leclerc et Véronique Pecqueret.
Derrière cette journée de compétition se cache un important travail de préparation et d’organisation. « La première partie, c’est toute l’organisation technique : les protocoles, les reprises, les horaires des cavaliers. Rien que cela prend une demi-journée », explique Michèle Lereux. À cela s’ajoutent la préparation des carrières, l’installation des lettres de dressage, l’arrosage des pistes ou encore la mise en place de toute la logistique nécessaire au bon déroulement des épreuves même si le concours est plus modeste qu’à l’accoutumée. « Habituellement, on accueille entre 80 et 100 partants », indique-t-elle. La proximité des championnats de France, les fortes chaleurs, mais aussi les examens scolaires expliquent cette participation en baisse.

Malgré cela, les cavaliers ont parfois parcouru plusieurs centaines de kilomètres pour être présents. Quelques clubs de la Somme, de l’Oise et de l’Aisne avaient fait le déplacement, mais certains participants viennent aussi régulièrement de Normandie ou d’Île-de-France. « Il n’y a plus beaucoup de concours organisés, donc les gens font des kilomètres pour participer », constate la directrice. Le Poney Club d’Amiens fait ainsi partie des rares structures de la région à maintenir des concours de dressage, dont les raréfactions sont liées notamment au coût d’organisation.
Mais au-delà de l’aspect financier, le concours repose sur une forte mobilisation de bénévoles. Pour qu’une journée comme celle-ci puisse se dérouler, il faut des secrétaires, des personnes chargées de récupérer les protocoles auprès des juges, les fameux « lapins » dans le jargon des concours, des bénévoles à la comptabilité, mais aussi des personnes pour assurer l’accueil et le bon déroulement des épreuves. Sans cette main-d’œuvre volontaire, impossible d’organiser une telle manifestation. Les juges, également volontaires, doivent être défrayés lorsqu’ils viennent de loin. Il faut également financer les récompenses, les plaques, les flots et coupes, sans oublier tout le matériel nécessaire au concours. « Et parfois tout est prêt, puis on est obligé d’annuler, souvent suite à de mauvaises conditions météorologiques. Là, il n’y a aucun remboursement », regrette Michèle.
Si le public reste essentiellement composé des familles, amis et membres des clubs, cette compétition constitue un rendez-vous important pour les cavaliers, d’autant qu’il s’agit là de la dernière répétition avant les championnats de France de Lamotte-Beuvron, et qu’elle permet ainsi aux qualifiés d’affiner leur préparation.
Louane Laggoune
Crédit photo : Louane Laggoune – Gazettesports.fr

