Ce dimanche 14 juin se sont déroulées les finales nationales de Division 2, opposant les Spartiates d’Amiens aux Dauphins de Nice. Après un match remporté de 4 points en faveur des Amiénois, ces derniers ont bien mérité de fêter ça dignement avant de revenir dans le Nord avec le trophée du Casque d’Or.
Pour beaucoup, une victoire des Spartiates relevait de l’upset, eux qui pensaient que Nice était favori. À dire vrai, les Spartiates ont toujours été favoris dans le cœur des Amiénois, et leurs résultats à partir de leur match face aux Myrmidons, leur premier match à domicile, sont une preuve de ce que l’équipe propose de mieux. Depuis ce jour de 5ᵉ journée de championnat, les Spartiates s’étaient transformés en machine de guerre, et ne connaitraient plus une défaite jusqu’au titre. Pour Rémi Fournier, ce titre est synonyme d’« immense fierté », lui qui y voit aussi une occasion pour tous ses joueurs d’en tirer quelque chose : « Je suis surtout heureux, c’est de changer la vie de tous les joueurs, surtout des jeunes. Il y en a quelques-uns qui ont déjà gagné des titres, ils savent ce que c’est. Et je leur ai dit : Vous allez voir, vous allez réfléchir dans la vie autrement parce que vous êtes champions, vous allez savoir ce que c’est de faire des sacrifices pour après avoir un gain à la fin.«
Un excellent leadership avant tout.
Beaucoup de détracteurs ne voyaient pas ce groupe aller aussi loin et encore moins gagner le titre, surtout au vu de la jeune moyenne d’âge dans l’équipe. Le début de saison leur avait donné raison, mais c’était sans compter sur la capacité de Rémi Fournier, meneur d’hommes aguerri, et du coaching staff des pensionnaires du stade du Grand Marais de souder l’équipe. La défaite face aux Gladiators d’un point seulement a eu une sorte de déclic avec un gros travail de cohésion de groupe en perspective : « J’ai travaillé énormément sur la cohésion en faisant plein d’activités extrasportives pour resserrer les liens de tout le monde et ne faire qu’un. Je leur ai toujours répété que nous, les Spartiates, si on joue tous ensemble, il n’y a personne qui peut nous battre en fait. Il n’y a que chez les Spartiates qu’on peut créer cette ambiance, ce collectif qui peut renverser n’importe qui en face de nous. »
Et c’est chose faite ce dimanche face à des Dauphins qui étaient trop désinvoltes, eux qui pensaient certainement avoir affaire à des Spartiates chanceux d’être en finale. Surtout qu’avec les 1020km que les Amiénois ont dû faire, la fatigue aurait pu être un facteur X dans ce match de finale, mais la gestion du déplacement a été parfaite.
Sur le terrain, le dimanche, que ce soit en attaque comme en défense, les Spartiates sont restés humbles et prudents, exécutant leur jeu à la perfection. Par ailleurs, Rémi Fournier est particulièrement fier de sa défense, qui a stoppé les dernières chances des Niçois de remporter ce match, et en donne ses louanges à son staff, dont Adnane Hamani, le cordo défensif, qu’il qualifie même de « monstre physique ». Selon lui, « Il n’y a pas mieux dans tout le championnat de D2 qu’aujourd’hui. » Comme dit si justement le coach des Spartiates, qui reprend là un dicton célèbre dans le sport américain, « l’attaque gagne des matchs, mais la défense gagne le championnat ».

Du côté de l’attaque, comment ne pas parler du monstre Lionel Bangala, lui qui était le véritable moteur offensif des Picards ? Le running back avait fini la saison dernière blessé et est revenu en pleine forme, si ce n’est meilleur qu’avant. Là aussi, le staff des Spartiates est à féliciter pour son retour : « Chez Lionel, on avait un gros processus de retour de blessure, on s’était mis une date pour choisir à quel match il devait revenir. Il a eu une grosse préparation physique pour revenir au top de sa forme. » Le projet Bangala est aussi l’une des fiertés de Rémi Fournier, en tant qu’headcoach et leader de l’équipe : « Depuis qu’il est revenu, à toutes les défenses, c’est simple, ils le craignent, ils savent qu’en face d’eux, il y a Lionel Bangala. Ils savent que ça va être très dur pour eux tout le match. Il est grand, il est physique, il court vite, il est limite injouable. Soit il va venir en contact, soit il va esquiver. » D’autant plus que ce joueur est aussi un facilitateur, tant il ouvre des brèches pour les autres, la défense adverse se concentrant fortement sur lui.
L’avenir chez les Spartiates.
Malheureusement, qui dit joueur dominant à fort potentiel, dit source de convoitise chez les autres équipes. Pour faire face à des potentiels départs, et après avoir fêté dignement le titre, Rémi Fournier et la structure Spartiates prévoient de conduire des entretiens individuels pour faire le bilan de la saison passée et surtout pour connaître les intentions des joueurs concernant l’année prochaine, l’idée étant aussi de garder tout le monde. Le « plus gros défi », pour celui qui qualifie de « grosse tristesse, une défaite », la possibilité de voir un de ses joueurs partir. D’autant que les Samariens auront bien besoin de chaque élément qui a fait leur succès en D1 l’année prochaine.
Soit dit en passant, puisque la FFFA a récemment annoncé l’arrivée de la Ligue Élite, avec les 8 meilleures équipes, et un renouvellement tous les deux ans, il serait intéressant de voir si le projet Spartiates s’aligne avec cette nouvelle ligue. Selon le coach amiénois, la structure possède aujourd’hui les critères nécessaires afin d’y accéder, cependant il met un point d’orgue à y aller « sportivement, on donne deux ans et dans deux ans, on va y aller. »
Voici comment se finit l’exercice 2026 des Spartiates d’Amiens, une saison historique qui s’est soldée de la plus belle des manières, le trophée du Casque d’Or.
Noa Lambert
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archives)

