EDITO : La valse des entraîneurs de football

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Est-ce que la parole donnée existe encore dans le monde du football professionnel ? Honnêtement, à en juger par tout ce que nous voyons autour de nous, la réponse est clairement négative.

On le sait, plus que jamais, le métier d’entraîneur, que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2, est très difficile et surtout aléatoire. Lorsqu’un entraîneur signe dans un nouveau club, même pour deux ans, il est bien malin celui qui peut affirmer que le contrat liant l’entraîneur et son président sera respecté jusqu’à son terme.

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Des événements se sont produits, et continuent de se produire, ce qui ne nous inspire plus vraiment confiance en l’avenir. Qu’un club se sépare de son entraîneur qui n’a pas obtenu les résultats escomptés, on peut, à la limite, le comprendre. Mais nous nous souvenons d’une époque à Amiens où l’entraîneur, même si son équipe était reléguée, restait en place parce qu’il y avait une réelle confiance entre les uns et les autres.

Christophe Pelissier (ancien entraineur d’Amiens et d’Auxerre)

L’arrivée des groupes financiers étrangers change la donne

Aujourd’hui, et surtout depuis que de nombreux clubs ne sont plus dirigés par des dirigeants français connaissant bien le football, mais par des groupes financiers étrangers, la donne a complètement changé. Ainsi, à Auxerre, alors que Christophe Pélissier avait sauvé le club de la relégation, il a appris dès le lendemain qu’il était « viré », provoquant la colère des supporters auxerrois. Idem à Laval, où Olivier Frappoli a galéré toute la saison, bataillant jusqu’aux barrages. Lui aussi a appris qu’il ne serait plus l’entraîneur la saison prochaine. Même constat à Nancy, où l’inamovible Pablo Corréa a été débarqué, tout comme à Reims ou Monaco. Les exemples ne manquent pas, mais il arrive aussi que ce soit l’entraîneur qui rompe directement son contrat.

Départs volontaires et raisons financières

Ainsi, à LilleBruno Genesio, qui n’était pas menacé, a annoncé son départ. À Lens, l’entraîneur Pierre Sage, qui a réussi la performance remarquable de permettre au club artésien de remporter la Coupe de France et de se qualifier pour la Coupe d’Europe, a lui aussi annoncé son départ, sûrement pour l’Angleterre, alors qu’il avait juré ses grands dieux qu’il resterait. À chaque fois, il faut appeler un chat un chat : les raisons sont surtout d’ordre financier. Du coup, cela fait le bonheur du coach du Mans, qui pourrait rejoindre Lens. Même constat pour Grégory Poirier, qui a fait un excellent travail au Red Star mais vient d’annoncer son départ.

Ces bouleversements dans la plupart des clubs professionnels sont, rappelons-le, la conséquence de l’arrivée d’investisseurs étrangers venus parfois de très loin, comme la Chine. Toutefois, le plus spectaculaire chamboulement ne se produit pas dans un club dirigé par un financier étranger, mais bien à l’Amiens SC, où jamais autant de nouveaux joueurs n’étaient arrivés en si peu de temps.

Perte des valeurs traditionnelles ?

Parler du maillot qu’il faut porter avec honneur nous fait un peu sourire. Dans le football professionnel d’aujourd’hui, il arrive que des joueurs fassent deux, voire trois clubs dans une seule saison. Comment voulez-vous, dans ces conditions, qu’ils aient cette mentalité de « mouiller » leur maillot ?

Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler & Léandre Leber – Gazettesports.fr (illustration)

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.