TWIRLING BÂTON – Championnat de France : Une finale technique aux critères rigoureux

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Bien que peu développé en France, le twirling bâton est une discipline qui vaut le coup d’œil. Cette finale du championnat de France au Coliseum d’Amiens a été le théâtre de démonstrations impressionnantes analysées par un jury à la grille de notation particulièrement pointue.

En lieu et place des palets, c’est autre chose qui volait au-dessus de la patinoire, transformée pour l’occasion. Les bâtons tutoyaient presque le plafond du Coliseum lors de ce week-end de finale, celle du championnat de France de twirling bâton. Pour avoir le privilège de se présenter devant le jury, les twirleurs et twirleurses ont dû passer par des compétitions régionales, faisant office de qualification. Lors de celles-ci, « chaque région a pu sélectionner ses meilleurs potentiels dans toutes les épreuves pour arriver là », précise Nicolas Dreumont, directeur technique de la Fédération. La discipline compte environ 3 millions de licenciés dans le monde, dont 2 millions rien que pour le Japon, mais seulement 25 000 en France. Il est donc utile de rappeler quelles sont les trois spécialités regroupées au sein de ce terme : la spécialité artistique, la spécialité technique, et les majorettes sportives. Ce week-end, la finale ne concernait que la spécialité technique, où le maniement du bâton est davantage scruté par les jurys : « Sur le côté artistique, il y a le même bâton et on y ajoute, sans dire qu’il n’y en a pas là, un côté plus dansé », précise Nicolas Dreumont.

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Agnès Thomas, responsable des jurys sur la pratique technique

Pour cette finale, ce sont en tous cas 5 critères qui étaient pris en compte par les différents juges. Agnès Thomas, responsable des jurys sur la spécialité technique depuis 30 ans, décrit l’ensemble des conditions à réunir pour obtenir leurs faveurs : « On se base sur une feuille de notes pour juger les athlètes. Il y a la variété des mouvements qui sont faits, la difficulté des mouvements. Ensuite, il y a la rapidité, le contrôle avec lequel ça a été exécuté. Il y a une partie sur la souplesse, la grâce et enfin une note de présentation, donc la tenue du corps, le sourire, le costume. » Tout cela donne une note sur 20 qui classe ensuite les concurrents. Évidemment, selon les catégories d’âge, les attentes ne sont pas les mêmes. Le jury fait davantage preuve d’indulgence avec les enfants : « Sur les plus jeunes, on va attendre surtout des bases techniques très bien exécutées, avec une certaine tenue de corps. On ne va pas attendre des mouvements très difficiles de danse, mais par contre, des pointes tirées, le port de tête assez haut, les épaules bien tirées. Chez les plus grands, on va demander un peu plus de mixage de mouvements corporels en utilisant le bâton », ajoute Angès Thomas, passionnée.

Un sport méconnu dans lequel la France performe

Cet événement était aussi un bon moyen pour le twirling bâton de se faire connaître auprès du grand public. « Notre objectif, c’est qu’un jour, on soit peut-être au moins en démonstration aux Jeux olympiques. On n’est pas assez de licenciés, même dans le monde, je pense, pour prétendre être aux Jeux. Mais au moins un jour en démonstration », rêve Angès Thomas. Nicolas Dreumont souhaite aussi voir son sport gagner en popularité et cela est en bonne voie avec, depuis 5 ans, la reconnaissance de la discipline comme sport de haut niveau. Et quoi de mieux que les championnats du monde artistiques à Tremblay-en-France, près de Paris, dans deux mois, pour susciter des vocations chez les plus jeunes ? Pour l’équipe de France, parmi les meilleures nations mondiales, l’ambition est claire : « Aux derniers championnats du monde artistiques en 2024, elle a été championne du monde. Sur les prochains championnats, on va rester objectifs et on vise la deuxième place, parce qu’on a un gros challenger qui est le Japon », concède le directeur technique de la fédération, lucide.

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Le bon maniement du bâton est primordial en pratique technique.

Lors de cette finale nationale à Amiens, pas de club local. Le Twirling Club Samarobriva, représentant la ville dans la discipline, n’avait pas d’équipe ni d’athlètes alignés lors de cette finale technique. Et pour cause, sa spécialité, c’est davantage la pratique artistique. D’ailleurs, la demi-finale de Nationale 3 se déroulera le week-end prochain… au Coliseum d’Amiens. Les ambitions de ce club aux 49 licenciés sont affichées : obtenir un ticket pour la finale. « On a quatre catégories, quatre chorégraphies sélectionnées et on en a trois dans les quatre qui sont pour l’instant championnes régionales et une qui est vice-championne », lance Sabine Sellier, présidente du club, confiante. Des objectifs à la hauteur du travail effectué ces dernières années pour faire progresser ses athlètes : « On fait venir des professeurs nationaux qui nous montrent quelques chorégraphies et ils nous suivent dans l’année, ce qui nous permet d’évoluer plus vite et d’avoir des meilleurs résultats. » Le club ne rayonne pour le moment qu’à l’échelle locale, voire familiale, mais il veut ouvrir ses portes à tous les publics et défaire le twirling bâton de ses clichés : « On fait des initiations dans les écoles sur le temps du midi pour pouvoir faire connaître un peu plus ce que c’est que le twirling bâton, parce que pour les parents, surtout les papas, c’est de la majorette. Alors que ça n’a rien à voir, c’est un sport qui regroupe le théâtre, la danse, la gymnastique et le bâton. » Cette discipline mêlant performance physique et artistique semble en tous cas avoir de beaux jours devant elle.

Simon Vasseur
Crédit photo : Alexis Cazeel – Gazettesports.fr