Dimanche et lundi, plus de 300 jeunes nageurs se sont réunis dans le grand bassin de la piscine où les pensionnaires de l’AMN ont leurs habitudes. Au programme, de nombreuses épreuves acharnées et un hommage rendu à Mélanie Dambrine à l’occasion de la 20e édition du meeting portant son nom.
Le meeting Mélanie Dambrine offre toujours ce sentiment un peu particulier. Pour les pensionnaires de l’Amiens Métropole Natation, les spectateurs et la maman de la jeune fille qui a donné ce nom à l’événement, l’émotion ne s’estompe pas malgré les années. Pour les enfants, plus insouciants et tournés vers le sportif, ce meeting représente une compétition importante, une date du calendrier qui lance véritablement la saison en grand bassin. Parmi celles et ceux qui n’ont raté aucune des 20 éditions, Brigitte Dambrine, la mère de Mélanie, décédée d’un cancer des os prématurément était présente. Revenir chaque année n’est jamais facile pour elle : « C’est un sentiment un peu mitigé. Je suis contente parce que je me dis qu’on pense encore à elle, mais ça fait de la peine aussi, puisque ça me fait penser à beaucoup de choses. Le meeting a 20 ans, malgré tout, pour moi, elle a toujours 20 ans puisqu’elle est partie avant ses 20 ans. » Promise à un grand avenir, en attestent ses trois titres de championne de France et ses sélections pour les Jeux de Barcelone et les Mondiaux, la jeune nageuse aura marqué toute une génération par son talent, mais aussi son caractère : « C’était quelqu’un de solaire, confie sa mère. Ses copines, je les côtoie toujours, plus ou moins, mais on s’écrit toujours. Elle avait une carrière toute tracée. Ça s’est arrêté trop vite, mais c’est comme ça. »

Depuis 20 ans donc, l’AMN organise cette compétition en son hommage : « Il nous tient à cœur, à l’ensemble du staff, d’honorer sa mémoire puisque c’est une ancienne licenciée et elle représentait fièrement les couleurs du club« , affirme Romuald Allais, son président. Symboliquement, l’événement est réservé aux enfants âgés essentiellement de 11 à 13 ans, soit à peu près l’âge auquel Mélanie Dambrine a commencé à faire parler d’elle. Et il a largement pris en ampleur au fil des années, notamment parce qu’il représente souvent la première compétition d’envergure pour les quelque 300 participants venus de tous les Hauts-de-France mais aussi de la région parisienne, du Centre-Val de Loire et de Normandie : « C’est une manière de se jeter à l’eau », s’amuse Romuald Allais. Pour les nageurs amiénois, ce meeting est aussi une formidable occasion de performer devant ses proches : « Ça permet aux familles d’être présentes et de supporter au mieux leur enfant en espérant le voir monter sur les plus hautes marches du podium. » Et si leurs enfants ont pu, malgré l’effort, se rafraîchir dans l’eau, elles ont dû s’adapter au climat tropical entourant le bassin, résultat de la chaleur de l’extérieur et de l’humidité générée par l’eau de la piscine.
Un meeting pour se préparer et briller
Car si la découverte est de mise pour les moins expérimentés, la compétition prend tout son sens pour une partie des nageurs, notamment ceux de la structure amiénoise : « Pour la plupart, c’est une des premières compétitions de l’année en bassin de 50 m qui permet de préparer les futurs championnats régionaux qui auront lieu à Dunkerque et qui sont qualificatifs pour les championnats de France », explique Paul-Gaël Gautier, l’un des entraîneurs de l’AMN. Et même si c’est une compétition de préparation, pas question de se la couler douce : « L’objectif, c’est d’essayer de faire la course la plus aboutie possible pour après corriger les quelques détails pour arriver à faire une bonne performance dans un mois à Dunkerque. » L’entraîneur samarien croit aux chances de ses protégés, certaines nageuses faisant même partie du top 10 français dans leur catégorie, et prend un réel plaisir à les accompagner dans leur pratique : « C’est stimulant d’entraîner des nageurs qui progressent, de les voir progresser et d’essayer de les faire progresser encore plus. »

Sur les 42 épreuves réparties sur trois tranches d’âge et les quatre nages, les Amiénois se sont distingués avec 7 podiums, dont trois premières places. Alix Coulombel et Amandine Canesse-Margez ont été celles qui ont le plus performé avec une victoire pour la première sur le 50m dos U12 ainsi qu’une 3e place sur le 50 m brasse. La seconde l’a, de son côté, emporté à deux reprises, sur le 100m nage libre et le 50m papillon chez les U12. Elles ont toutes deux terminé dans le top 10 de la course des reines (respectivement 7e et 5e), une compétition originale où la détentrice du meilleur temps s’assoit sur un trône jusqu’à y être délogée par un chrono plus rapide sur 50 m nage libre. Cette année, 131 nageuses se sont affrontées lors de 17 séries qui se sont succédé en conclusion du meeting, ce lundi soir. « Celui qui nage le plus vite au nombre de séries remporte un joli cadeau offert par notre partenaire. L’idée, c’est qu’on change le plus souvent de place la personne assise sur le trône pour que ça donne la chance à chaque nageur ou chaque nageuse, que ça soit compétitif. Ça les galvanise et ça permet de créer un effet de groupe au sein de chaque club et c’est plutôt sympa », témoigne Romuald Allais. Pour les autres podiums, notons la 2e place de Suzanne Ciaccia sur 50 brasse U13, la 3e de Maria Botez sur 100m brasse U13 et la 2e de Johan Boudry sur le 100m dos U13, seul garçon ayant réussi à monter sur la boîte.
Simon Vasseur
Crédit photo : Alexis Cazeel – Gazettesports.fr

