Mathieu Mony et l’équipe de France ne sont pas parvenus à créer l’exploit face au Canada, ce dimanche. Mais l’essentiel était ailleurs pour le joueur des Gothiques et ses coéquipiers, désormais tournés vers le mondial qui aura lieu en France, dans deux ans.
Au sortir d’un mondial D1A manqué, l’équipe de France de hockey sur glace avait à cœur de se racheter et de montrer un beau visage à l’occasion d’un match de gala dans une Accor Arena à guichets fermés : « On a de la chance de pouvoir jouer le Canada à la maison, surtout à Bercy devant 13 000 spectateurs. On était là pour représenter l’équipe de France, faire de notre mieux », assurait Jordann Perret, le capitaine. Pour Mathieu Mony, c’était là sa première grande expérience avec les Bleus si l’on considère à la fois l’adversaire, l’enjeu et la salle dans laquelle il a évolué : « On n’a pas l’habitude de jouer dans des patinoires comme ça en France, surtout pour un événement pareil et surtout pour jouer le Canada. Si on m’avait dit ça, petit, je ne l’aurais pas cru. C’était juste incroyable. J’ai essayé d’en profiter au maximum. » Pour le joueur des Gothiques, pas de pression particulière liée au contexte mais davantage une appréhension du fait d’un certain manque de rythme depuis sa non-retenue pour le Mondial : « J’essayais vraiment de me libérer, de me dire que c’était une chance et de profiter au maximum de jouer contre des joueurs comme ça. »

Car, en face, l’armada canadienne, bien que rajeunie et pas tout à fait au complet, a tenu son rang. Ses joueurs sont d’un autre calibre dans tous les compartiments du jeu : « La vitesse, la qualité des passes, les choix… ça a toujours été la bonne décision, relève celui qui porte le 43 à Amiens mais le 88 en équipe de France. C’est un autre niveau, que ce soit la protection du palet, la qualité des tirs, la qualité des dribbles. S’ils sont dans l’équipe du Canada, ce n’est pas pour rien. » Malgré tout, les Bleus ont fait jeu égal avec leurs adversaires durant 20 minutes, rentrant au vestiaire sur un score de parité (1-1). « On peut voir que, quand on montre ce visage-là, on peut faire de belles choses, peu importe l’adversaire« , se réjouit Jordann Perret. Mathieu Mony était sur la glace lors du but tricolore et il n’y est d’ailleurs pas pour rien : « J’ai fait une bonne sortie de zone. Ça amène après au but. » Dès lors, le public exultait, de quoi marquer les esprits du Picard : « Forcément, avoir une patinoire de 13 000 personnes qui célèbre un but comme ça, c’est impressionnant. »

Ensuite, les choses se sont corsées pour les hommes de Yorick Treille qui encaissaient quatre buts sans marquer au retour sur la glace : « On a eu un petit coup de fatigue dans le deuxième tiers, estime le sélectionneur. Les deuxièmes tiers sont toujours durs à gérer contre des équipes de ce talent-là. Ils arrivent à contrôler les changements et nous mettent sous pression. Ça a été une période difficile. » Mais il a ensuite relevé la bonne dernière période de ses joueurs, qui n’ont vu leurs filets ne trembler qu’à une seule reprise, et ce, en infériorité. Les prisons ont été très rares dans cette partie, deux au total, symbole d’une rencontre vraiment amicale, sans aucune animosité, à l’issue de laquelle personne n’avait envie de sortir blessé. De toute façon, ces deux seules prisons françaises ont suffi au bonheur canadien : « Dans ces équipes-là, ce sont les meilleurs joueurs du monde. Tu fais une petite erreur et tu la paies cash. On a bien vu, on a pris deux fautes, ils ont marqué deux buts. Il faut qu’on se serve de ça pour la suite », insiste le capitaine des Bleus.
Le Mondial 2028 en ligne de mire
La suite, pour la plupart des joueurs et leur sélectionneur, c’est le Mondial 2028 qui se profile à domicile. L’ambition sera d’y faire bonne figure et de « performer pour faire parler de notre sport », selon Yorick Treille, lequel sort de cette rencontre face au Canada plein d’espoirs et d’enseignements, ayant notamment en tête que son équipe a tenu la dragée haute à son adversaire lors de deux des trois tiers : « C’est toujours une opportunité unique de jouer contre la meilleure nation au monde. C’est ce genre de match qui nous fait progresser en tant qu’équipe. On sait que c’est avec les matchs de très haut niveau qu’on avance. […] Il reste encore beaucoup de travail. C’est court, mais on peut aussi faire pas mal de choses en deux ans. Certains jeunes ont montré de belles choses. Il va y avoir une concurrence sur les deux prochaines années pour gagner sa place. » Mathieu Mony, déçu mais pas abattu par sa non-sélection au Mondial de 2026, fait partie des prétendants à l’une d’elles et sait qu’il faudra redoubler d’efforts pour y avoir droit : « On ne peut pas intégrer un groupe comme ça, il faut un peu plus d’expérience. On va dire étape par étape et on verra où ça me mène. » En tous cas, cette expérience parisienne plutôt réussie pourrait bien, définitivement, lancer sa belle aventure chez les Bleus.
Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

