BOXE : Trois titres dans l’escarcelle des boxeurs amiénois

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Ce samedi 18 avril se déroulaient les finales du tournoi Jacques Bataille 2026 au Coliseum. Ce même tournoi où 4 Amiénois s’étaient qualifiés pour la dernière phase : Mathis Mebarki, Kenzy El Manouzi, Housni Zahlag et Aro Agmadyan.

Le premier combat opposait Mathis Mebarki à Yani Nait-Atmane pour la finale de la catégorie –70 kg, ce même combattant qui avait brillé la veille par sa force de frappe spectaculaire. Le combat débutait par une légère domination de Yani Nait-Atmane, face à un Mebarki plutôt fuyant et souvent repoussé dans les cordes. Malgré cela, l’Amiénois réussissait à reprendre du poil de la bête avec quelques coups bien placés à la tête. Pour ce qui est du deuxième round, il commençait par une mauvaise gestion de l’espace du boxeur de l’Amiens Boxing Club, l’amenant souvent autour des cordes du ring. Surtout que pour ce qui est de Yani Nait-Atmane, celui-ci travaillait beaucoup son adversaire au corps. Lors du troisième round, Mathis réussissait à placer quelques bonnes frappes, notamment grâce à une meilleure gestion du ring. Malgré tout, le résultat du jury fut en sa défaveur : défaite de Mathis Mebarki par points, lui qui prend plutôt bien la défaite : « Il était très physique, il ne s’arrêtait pas. Il m’a usé physiquement. Bien joué à lui, en tout cas il l’a mérité. »

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Malgrès de beaux efforts, c’était trop court pour Mathis Mebarki.

Le deuxième combat opposait Kenzy El Manouzi à Louna Morilla pour le titre de championne de la catégorie féminine -57 kg. Le premier round commençait avec beaucoup d’agressivité de la part de l’Amiénoise via des jabs bien placés à la tête. Sauf que voilà, encore faudrait-il ne pas être trop agressive, ce qui ouvre des opportunités de frappe à l’adversaire, surtout avec des mains basses comme ce fut le cas pour Kenzy El Manouzi à la fin du premier round. C’est plus posée et confiante qu’elle abordait le second round, laissant les choses se faire, sans se précipiter. Malgré cela, elle reculait trop face à la présence de son adversaire, ce qui avait tendance à agacer son coach, Jérôme Fouache. Concernant le troisième round, il n’était pas non plus en faveur de l’Amiénoise, elle qui se prit de nombreux crochets à la tête et au corps. Puis vint la sentence, Kenzy El Manouzi gagna finalement aux points.

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Kenzy El Manouzi ouvre le compteur des récompenses amiénoises.

Son coach revient sur le combat en toute sérénité : « Pour moi, les deux premiers rounds sont pour elle, mais pas le dernier », lui qui exprimait sa frustration en disant qu’il trouvait sa combattante « trop fuyante » lors des entre-rounds. De son côté, Housni Zahlag, qui a assisté au combat, ne tarit pas d’éloges concernant sa coéquipière : « Félicitations à elle, elle s’entraîne dur à la salle tous les jours, c’est mérité. Elle s’est relâchée un peu sur le troisième round, mais c’était bien. […] Physiquement, elle est quatre fois au-dessus. Après, peut-être qu’elle est un peu fatiguée, mais c’est une bonne performance. Elle a gagné, elle mérite sa victoire. »

Plus tard dans la soirée s’est déroulée la finale tant attendue entre Housni Zahlag et Glentjan Poci, dans la catégorie -65 kg junior. Une finale qui tenait toutes ses promesses puisqu’elle débutait par un Housni ne manquant pas une opportunité de jabber son adversaire, et ce même dans les cordes. Ces fameuses cordes qui lui firent du mal, tant son adversaire le mettait en position de difficulté en gérant mieux son espace que lui. Malgré tout, l’Amiénois ne lâchait pas, profitant des fenêtres que son adversaire lui offrait. Lors du second round, Glentjan Poci gérait bien mieux son espace, dominant le milieu du ring. Pourtant, la tornade Zahlag brillait aussi dans ces situations difficiles, qui auraient déstabilisé plus d’un combattant. Pour ce qui est du dernier round, Housni, toujours en difficulté en termes de gestion d’espace du ring, a dû affronter un adversaire qui semblait revigoré et plus agressif. C’est alors que les deux boxeurs se rendaient coups pour coups, dans l’espoir de remporter cette ceinture si convoitée, même si Housni Zahlag, opportuniste, continuait à faire mal. Puis, le résultat tombait : Housni Zahlag gagne aux points et rajoute un autre trophée à son armoire déjà bien remplie.

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Le jeune champion Housni Zahlag continue son ascension dans le monde de la boxe.

Suite à sa victoire tout en maîtrise, Housni Zahlag évoque en toute confiance : « Dès l’échauffement, je me sentais bien. Physiquement, je me sentais beaucoup mieux qu’hier. Le combat de la veille, franchement, il m’a mis dans le bain. Là, je n’en ai pas trop fait, j’ai fait ce qu’il fallait. Je savais que je dominais, que j’étais au-dessus, donc j’ai boxé simple, j’ai fait ce qu’il fallait et ça a marché. »  Pour ce qui est de la suite de sa carrière, Housni pourrait prendre une pause : « Mon coach m’a dit qu’on va peut-être prendre des vacances. Parce que là, j’ai pas mal enchaîné ces derniers temps, entre la ceinture Viking et ça… Ça fait pas mal. » Et comme dirait son coach, Jérôme Fouache, lui qui est souvent doté de paroles sages, « il ne faut pas trop tirer sur la corde ».

Enfin, pour clore ce tournoi sur une belle note, ce fut au tour d‘Aro Agmadyan de rentrer sur le ring, dans la catégorie poids lourds, pour son combat face à William Monnin. Le premier round commençait sur une bonne note pour Aro. Lui qui était bien solide sur ses appuis, agile, attendant la fenêtre pour faire mal, ce qu’il fit souvent grâce à son crochet du gauche et à ses combos incisifs corps/tête. Dès lors que la cloche retentissait pour annoncer le second round, l’Amiénois restait tout aussi agressif et patient que lors du premier round. Son crochet du gauche et ses esquives dignes d’une abeille lui permettaient de dominer le combat, même si en face, William Monnin se défendait bien, notamment grâce à des feintes de garde et de placement. Quant au troisième round, ajoutez à ce cocktail un positionnement mieux géré du poids lourd amiénois et la domination de ce dernier était implacable. Aro Agmadyan remporte donc tout naturellement ce combat sur décision du jury.

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Aro Agmadyan, grand vainqueur de ce combat tout en maîtrise.

Suite à son nouveau titre, le principal intéressé revient sur sa performance de manière sereine : « C’est une revanche sur l’année dernière, on revient fort avec les entraînements et ça paye. On a su faire la différence face à un adversaire plus grand, plus lourd. Le cardio était là, la technique était là, tout était en place. […] Avec l’ambiance des supporters, c’est magique, c’est incroyable. » En tout et pour tout, ce n’est pas moins de trois titres remportés pour l’Amiens Boxing Club, une sacrée performance dont Jérôme Fouache peut être fier.

Noa Lambert
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr