Les Ecureuils d’Amiens et les Green Falcons de Pont-de-Metz ont respectivement terminé premiers et deuxièmes de la phase régulière du championnat. Retour sur les éléments qui ont fait la force de ces deux équipes qui espèrent bien poursuivre leur belle saison en play-offs.
Les deux rivaux samariens ont tous deux réalisé une saison de haut vol leur permettant de terminer aux deux premières places de la poule nord. Pour les Ecureuils d’Amiens, cette performance relève d’une régularité exemplaire puisque cela fait plusieurs saisons qu’ils trustent ce fauteuil de leader. Côté Green Falcons de Pont-de-Metz, c’est une première à ce niveau et cela récompense le travail de fond fourni par tout un collectif depuis quelques années. Deux équipes en réussite avec chacun son style, son approche et son histoire, qui pourraient bien faire des étincelles en play-offs, dans quelques jours.
Une attaque de feu, une défense de fer
Sans grande surprise, les deux meilleures formations du championnat possèdent parmi les meilleures statistiques offensives et défensives, occupant les deux premiers rangs en termes de buts marqués et encaissés. Mais paradoxalement, alors que les Amiénois prônent régulièrement la volonté de d’abord bien défendre avant d’attaquer, ce fut le cas après la victoire contre Rouen, ils ne possèdent « que » la deuxième défense (65 buts encaissés) derrière des Messipontins (57 buts encaissés) qui n’aspiraient pas forcément à remporter ce classement, eux qui se disent particulièrement portés vers l’attaque (95 buts marqués). Pourtant, ce sont bien les pensionnaires de La Veillère qui ont le plus fait trembler les filets (119 buts marqués).

Si l’on compare cet exercice 2024-2025 aux trois dernières saisons, les Ecureuils ont fait mieux offensivement puisqu’ils étaient sur une moyenne de 100 buts inscrits, battant même leur record d’après covid de 2021-2022 (118 buts). Défensivement, avec 65 buts concédés, ils sont dans leurs standards (64,33 buts encaissés en moyenne depuis la saison 2021-2022). De leur côté, en progrès constant depuis trois ans, les Greens ont réalisé une saison statistiquement historique. Ils ont vu leurs filets trembler 119 fois en 2021-2022, 77 fois en 2022-2023 et 68 fois la saison passée. Ces 58 buts concédés cette saison constituent un record tout comme les 95 marqués, bien au-delà des 48, 72 et 83 réalisations des trois derniers exercices.
De fortes individualités, un collectif dilué
Que ce soit chez les Amiénois où chez les Messipontins, c’est un groupe soudé qui a permis de réaliser une telle saison. Pourtant, force est de constater que les individualités brillent différemment que ce soit pour les joueurs de champ ou les gardiens. Offensivement, Roman Defrance (54 points), Renaud Crignier (40 points) et Clément Crignier (29 points) ont été les fers de lance des Ecureuils. A titre de comparaison, à Pont-de-Metz, seul Valentin Demaret atteint, lui aussi les 29 points, les autres étant en-dessous des 20 points. Ils sont dix du côté de La Veillère à avoir marqué au moins trois points sur l’ensemble de la saison, 14 chez les Green Falcons, ce qui démontre un collectif avec des individualités moins prononcées que chez les Ecureuils mais un niveau extrêmement proche entre les joueurs.

Aussi, l’utilisation des joueurs n’a pas du tout été la même selon l’équipe dans laquelle les joueurs évoluaient. Les Amiénois comptaient sur un groupe plutôt restreint mais régulier en termes de disponibilité : il ne sont que 13 à avoir disputé trois matchs ou plus mais 11 d’entre-eux ont joué sur au moins 11 des 14 rencontres. Pour Nicolas Vacossin et Anthony Josse, tous deux à huit matchs, ils sont « excusés », le premier étant arrivé en cours de saison, le second étant blessé depuis la mi-saison. A Pont-de-Metz, 20 joueurs ont disputé aux moins trois rencontres, sept de plus qu’à Amiens. Mais ils ne sont, là aussi, que 11 à avoir foulé à 11 reprises le terrain, signe d’un turn-over plus important que chez le rival. Cette différence de gestion d’effectif se trouve jusque dans les gardiens : Thomas Tierno et Hugo Caron ont respectivement disputé 14 et 11 rencontres, signe de la difficulté à faire un choix entre les deux. Chez les Greens, Alexis Gosselin est le titulaire indiscutable (13 matchs) devant un Paul France (6 matchs) qui se contente de faire l’intérim en cas d’absence du numéro un.
Les raisons d’y croire en play-offs
Pour les deux équipes, l’avantage commun est de recevoir en deuxième et de disputer un éventuel troisième match d’appui à domicile. Sinon, pour chacune de ces formations, on peut y voir des raisons d’espérer au moins une qualification en demi-finale. Pour Pont-de-Metz, ce quart de finale sera une aventure inédite. Et même s’ils affrontent Aubagne, le troisième de la poule sud, les joueurs d’Antoine Demaret ne partiront sûrement pas favoris et aborderont ces deux ou trois matchs sans pression aucune, de quoi produire un hockey léger. C’est une équipe relativement jeune, voire insouciante, qui, par son jeu atypique, pourrait surprendre un adversaire qui ne les connaît aucunement puisque les Greens n’ont jusque-là jamais eu l’occasion de défier les Jokers d’Aubagne, ni en championnat, ni en play-offs, ni en Coupe de France.

Pour les Ecureuils, l’espoir est plus que jamais permis pour une équipe qui est sur une dynamique assez exceptionnelle pour entamer ces play-offs. Les Amiénois ont fait le plein de confiance et jouissent d’une grosse expérience, que ce soit par rapport aux joueurs les plus anciens, ou tout simplement pour tout ceux qui ont participé aux trois derniers quarts de finale, et ils sont nombreux. Ces trois derniers échecs ont sans nul doute beaucoup appris aux joueurs et ont sûrement amélioré leur mental et leur capacité de résistance à la pression. Et si Pont-de-Metz est inconnu de ses adversaires, Amiens connaît bien les siens ainsi que le niveau que peut avoir une équipe de la poule et ne devraient donc pas être surpris. Enfin, ne doit-on pas y voir un signe du destin en voyant que l’adversaire des Ecureuils n’est (enfin) pas Saint-Médard, leur bête noire, mais Bourges ? Un premier élément de réponse pourrait nous être donné dès ce week-end, pour le premier match en terrain ennemi.
Simon Vasseur
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr (archives)