SPORT SANTE : Marc Legent « La commotion cérébrale est décelée dès qu’il y a perte de connaissance »

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Lundi dernier, à la Licorne, l’attaquant Elis Martinez Alberth avait joué avec Bordeaux contre l’Amiens SC. Quatre jours plus tard, il a été victime d’un très grave accident contre Guingamp.

Dans un contact aérien, sa tête a heurté celle d’un adversaire et malheureusement, le Bordelais n’a pu se relever, victime de ce qu’on appelle une commotion cérébrale. De plus en plus, ce genre d’accident se produit et heureusement les cas sont moins graves que celui d’Elis.

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En général, le joueur récupère ses esprits sur le terrain même et il arrive parfois qu’il reprenne le jeu. Mais samedi à Bordeaux, il a fallu compte tenu de la gravité de la blessure, conduire le plus rapidement possible le malheureux Girondin à l’hôpital. Il a subi des examens mais n’a pas vraiment repris connaissance. S’il parvient à retrouver son équilibre, rien ne dit que les médecins l’autoriseront à reprendre la compétition.

Dimanche, lors de la rencontre U 19 qui opposait l’ASC à Chambly, nous avons pu nous entretenir avec le docteur Marc Legent, médecin de l’Amiens SC et qui connait bien le sujet de la commotion cérébrale. « Une commotion cérébrale est décelée dès qu’il y a perte de connaissance et c’était le cas à Bordeaux » indique le docteur Legent. « Le joueur tombe sur le terrain et il reste inanimé. Il faut maintenant que les joueurs, les staffs et aussi les arbitres soient formés pour pouvoir intervenir le plus rapidement et surtout réagir comme il se doit. La commotion cérébrale est bien sûr plus ou moins grave. Elle doit être prise en charge correctement et  le médecin qui est sur le banc en  L1 et L2 doit intervenir rapidement. »

Il a ensuite développé les mesures pouvant être prises par les différentes ligues professionnelles pour éviter les drames sur les pelouses amateures : « Evidemment il y a le cas des rencontres où il n’y a pas de médecin. Raison pour laquelle dans la Ligue des Hauts-de-France, on fait de la formation comme cela est arrivé récemment à Lens. Il faut que sur un terrain quel qu’il soit, les intervenants sachent diagnostiquer la commotion cérébrale. Evidemment, le médecin est le plus habilité à déceler une commotion cérébrale. Mais il faut aussi savoir qu’il y a de petits tests qui vous renseignent. Ainsi quand le joueur ne répond pas, qu’il ne sait pas où il est. Cela est récemment arrivé ici à Amiens avec un joueur qui a perdu connaissance après un choc tête contre tête mais c’était moins grave que pour Elis. Une commotion peut aussi concerner un contact pied contre tête. Généralement il y a donc une perte de connaissance et cela se voit. Un joueur qui a été victime d’une commotion peu grave ne pourra cependant pas reprendre le match puis la compétition sans l’avis médical. Vous remarquez souvent des joueurs qui portent un masque sur un terrain. Il ne s’agit pas des suites d’une commotion mais plutôt les suites d’une fracture du nez. Le football devient un sport de plus en plus dangereux avec des athlètes de mieux en mieux préparés et des  contacts de plus en plus violents ».

Le sujet de la commotion cérébrale concerne tout le monde et la Ligue des Hauts-de-France organisera une réunion d’information début juin à Amiens au siège de la Ligue. Elle sera ouverte à tous ceux qui sont licenciés joueurs, dirigeants et entraineurs.

Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler et Kévin Devigne – Gazettesports.fr

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.