TENNIS DE TABLE : Zoom sur un homme de l’ombre

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L’une des meilleures ambiances de France se trouve dans la salle de l’ASTT, grâce notamment à ses nombreux supporters. Entretien avec Nathan Sellier, un des créateurs du kop Labaume.

Depuis quand le kop Labaume soutient l’ASTT ?

Je fais partie de la vie du club depuis 3 ans, où j’ai rejoint le comité directeur, et je suis dans le bureau pour organiser les rencontres de Pro B. Nous l’avons créé en 2019 durant les playoffs pour accéder à la Pro B. Nous étions une quinzaine pour faire les déplacements, et c’est là que nous avons commencé à mettre de l’ambiance. Et comme cela a bien marché, nous avons décidé de continuer pour les matchs à domicile en Pro B.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer ce kop ?

Mettre de l’ambiance et encourager les joueurs. Dans les moments importants, les joueurs ont besoin qu’on leur apporte du soutien. Et comme le ping est un sport assez rapide et qu’il y a des émotions entre chaque point, c’est bien qu’il y ait un peu de bruit, et qu’on n’ait pas l’image du sport qu’on joue dans une cathédrale (rires).

Comment définiriez vous le kop aujourd’hui ?

C’est un groupe de jeunes du club qui fait du bruit. Souvent la salle nous suit dans les moments importants. Ce sont des moments conviviaux qu’on partage ensemble et on essaie de les transmettre aux joueurs et aux spectateurs.

Y a-t-il des points à améliorer ?

Je trouve que c’est déjà pas mal, on arrive à faire suivre pas mal de gens dans les moments importants. Après j’ai l’impression qu’on ne peut pas faire mieux pour l’instant. Si le groupe continue de grandir ce sera de mieux en mieux. Pour le moment on est une vingtaine dans les tribunes, ça dépend des matchs. Cela dépend aussi de l’enjeu du match, de la prestation des joueurs, et du résultat. Souvent j’ai l’impression que tout le monde tape des mains, et on peut être très nombreux à faire du bruit. Lors des derniers points contre Tours, tout le monde tapait des mains et se levait entre les points, c’était magique. C’est pour cela qu’on fait ça, c’est pour vivre ces moments.

Est-ce compliqué d’animer une salle et de faire suivre les spectateurs ?

Le plus difficile c’est de ne pas être gêné, et de ne pas avoir peur de lancer quelque chose. Après j’ai l’habitude maintenant, cela fait trois ans que je le fais. Des fois on est deux ou trois à chanter mais cela ne me dérange pas. Le plus dur c’est d’amener le public à se lever et encourager les joueurs.

Comment vous vient l’inspiration pour les chants ?

Je suis beaucoup le football, donc forcément ce sont des ambiances qui sont assez importantes. Je supporte le PSG et je suis allé plusieurs fois au Parc des Princes et c’est vrai que ça donne envie de faire cela dans tous les sports.

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Nathan Sellier (au centre) lance le chant d’après-match lors de la victoire face à Lille.

Quels sont vos meilleurs souvenir au sein du kop ?

C’est quand on rentre dans l’aire de jeu à la fin du match et qu’on célèbre avec les joueurs, c’est là qu’on sent toute l’émotion et le stress qui retombe. Donc je dirais que toutes les victoires sont des bons souvenirs.

Y a-t-il une victoire en particulier ?

Je pense à deux matchs. Le dernier contre Tours, c’est vrai qu’à 5-10, c’était quasi impossible de revenir. Et puis c’est la première fois qu’on rentre dans l’aire de jeu tout de suite après le dernier point. Et il y avait aussi le match contre Istres. C’était le dernier point du double, on était menés 8-10 à la belle et on avait gagné 12-10. En plus Felix Lebrun jouait contre nous. Et puis en général, la montée en Pro B quand on a fait le déplacement à Grenoble, ce week-end là était fou.

Au contraire, quel est votre pire souvenir ?

La défaite contre Thorigné à domicile, nos espoirs de montée en Pro A sont retombés. On menait 2-0, on voyait pas comment on pouvait se faire remonter. Je me souviens, Grégoire Jean était venu me parler et me disait de ne pas lâcher car ce n’était pas fini. Il avait raison car on a perdu 3-2.

Quelle est votre relation avec les joueurs ?

Je suis assez proche des joueurs, même si cette année je n’ai pas encore fait de déplacement. Habituellement je monte avec eux dans le mini-bus pour les matchs à l’extérieur. Quand on joue à domicile, je suis à la salle dès le matin pour tout préparer, donc j’ai l’occasion de parler aux joueurs. On s’entend bien, et ils aiment l’ambiance qu’on créé et ça montre notre respect et notre amour pour eux. On a l’impression qu’on est pas nombreux à faire ça en France. Dès qu’on regarde d’autres matchs, et qu’on voit dix personnes dans la salle, c’est un peu dommage parce que le ping donne des émotions entre tous les points. On a l’impression qu’on a créé le mouvement dans les autres clubs. Avec l’ambiance de chez nous, les joueurs adverses sont surpris de venir jouer chez nous, et maintenant l’ambiance se développe un partout dans les clubs. C’est un point positif pour le sport en général. C’est mieux d’avoir une salle qui fait du bruit.

Que souhaiteriez vous avoir de plus pour votre kop ?

On a déjà tout, mais je dirais plus de monde et plus de gens qui participent dans tous les moments, et avoir une bonne ambiance tout le temps, même si elle est déjà bien présente.

Propos recueillis par Romain Ales
Crédit photo : Kevin Devigne – Gazette Sports