AMIENS SC – Arnaud Lusamba : « Gagner serait logique, mais rien n’est logique dans le foot »

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Présent en conférence de presse avant la réception de Nancy, Arnaud Lusamba est revenu avec recul et lucidité sur la défaite à Pau et s’est projeté sur la suite, à court ou plus long terme.

Arnaud Lusamba a succédé, en conférence de presse ce vendredi, à son coach qui l’évoquait en ces termes : « Le résumé de sa saison, c’est le match de Nîmes avec des ballons perdus bêtement parce qu’il ne se protège pas, qu’il manque de simplicité en première mi-temps, et une deuxième mi-temps où je l’ai trouvé très bon sur des orientations, où il nous a gratifiés de quelques gestes techniques. Mais je le trouve plutôt en forme. »


Arnaud je suppose que, de là où tu étais samedi dernier (il était suspendu, ndlr), tu as mal vécu la deuxième mi-temps ? Tu es impuissant à ce moment-là ?

Il y a forcément beaucoup de déceptions parce que de l’extérieur on sentait que ça allait arriver. De l’extérieur on sentait qu’on perdait peu à peu le fil du match et malheureusement ça s’est confirmé. On savait que ça n’allait pas du tout être un match facile chez eux. C’est vraiment dommage qu’on ait perdu ce match parce que mine de rien à 20-30 minutes de la fin on tenait. Ce sont des choses qui arrivent, malheureusement, et c’est à nous de rebondir.

Tu sens les joueurs vexés, agacés encore aujourd’hui ? 

Il y a des matchs qui ont plus de mal à passer. Celui-là en particulier nous reste un peu en travers de la gorge malheureusement. L’avantage du foot c’est que toutes les semaines on peut faire oublier un résultat ou le faire mieux passer et on a cœur de le faire dès demain devant nos supporters.

C’est sans doute le match qui scelle les dernières ambitions de haut de tableau pour ceux qui veulent encore rêver de top 5. Avec 14 points désormais ça va être compliqué ?

Ça va être compliqué bien sûr et on le sait mais rien n’est jamais terminé donc maintenant on se concentre match par match pour bien finir la saison.

Vous n’êtes pas encore sorti d’affaires pour la lutte pour le maintien, ça vous rappelle le mois de mars de l’an dernier ?

C’est ça, exactement. On le sait, les équipes derrière nous ne vont rien lâcher jusqu’à la fin parce qu’elles jouent leur peau, leur vie. On sait déjà que demain ça va être un match très très compliqué. On est dans la même situation que l’année dernière, vu notre début de saison on s’en sort bien. On a bien redressé le navire maintenant on va prendre les matchs les uns après les autres.

Comment vis-tu cette saison ? Il y avait de grosses ambitions en début d’année, puis une entame très compliquée suivie d’un rebond durant l’hiver. Finalement vous n’arrivez pas à passer ce cap de la première partie de tableau, c’est difficile à vivre ? 

Oui, c’est difficile à vivre parce que pour passer ce cap il nous manque à chaque fois quelque chose. On n’arrive pas à le remporter ou à faire ce qu’il faut donc c’est très frustrant parce qu’on sent qu’on a les capacités mais il y a toujours quelque chose qui bloque. On continue de travailler et on sait que la réponse peut venir de nous.

Tu comprends que vous puissiez être considérés comme une équipe agaçante ?

Oui je peux le comprendre parce qu’on sent qu’il y a la place et la qualité pour, mais ça ne veut pas donc je peux comprendre.

Tu l’expliques comment ?

Honnêtement, je ne sais pas. On en a discuté entre nous et on ne trouve pas la réponse. À chaque fois ça cale, je ne sais pas si c’est la concentration, si c’est du relâchement. En tout cas c’est vraiment dommage.

Vous êtes, depuis le début de saison, sûrs de vos forces, sûrs de vous maintenir. Est-ce que certains joueurs ne se voient pas trop beaux tout simplement ?

Non je ne pense pas. Il faut quand même avoir confiance en soi, être sûr de ses qualités. Quand je vois l’effectif, quand j’écoute ce qui se dit je ne pense pas qu’on soit arrogants ou trop sûrs de nous. On est juste conscients de ce qu’on peut faire. Malheureusement on n’a pas encore bien acté ça sur le terrain. Mais je ne pense pas qu’on soit trop sûrs de nous. Ce n’est pas un manque d’humilité.

Ce n’était pas un peu trop tôt de parler de Top 5 ?

Forcément, quand on commence à gagner des matchs, on regarde au-dessus et à se dire pourquoi pas. Je n’ai jamais parlé de Top 5 parce que je sais comment ça se passe. On pense que ça va être plus facile alors que c’est là que ça se complique.

Malgré la bonne série, vous n’avez que 5 points d’avance sur la zone rouge, le plus dûr n’est toujours pas fait…

C’est ça, on avait l’impression qu’avec les victoires on allait respirer, mais le fait qu’on ait du mal à l’extérieur fait qu’on n’avance pas tant que ça. Résultat, les équipes derrière nous ne sont pas très loin. Rien n’est fait, il reste encore beaucoup de matchs, on va les prendre un à un, mais plutôt en regardant derrière, tout peut se passer.

Est-ce un match sous pression, avant d’aller chez le leader mardi ?

Je ne sais pas, en tout cas on sait que ça va être compliqué. On est à domicile et ce n’est pas parce qu’on a perdu un match la semaine dernière que c’est la fin du monde et qu’on ne sait plus jouer au foot. On va prendre ce match comme les autres.

La logique vous voit gagner le prochain match, c’est ça le piège ?

Ce serait logique, mais rien n’est logique dans le foot, on en est conscients, on sait que l’adversaire ne sera pas là pour nous faire des cadeaux. Ils ne vont pas lâcher. Ils ne sont pas morts, je connais bien Nancy, je connais la mentalité, les supporters, ça ne lâchera pas tant que ce ne sera pas officiellement mort.

Tu t’es rendu compte de la baisse de régime d’Amiens en deuxième période, est-ce que si tu avais été sur le terrain tu t’en serais rendu compte ?

C’est toujours plus facile de l’extérieur à observer. Certains joueurs l’ont un peu ressenti sur le terrain, mais après c’est allé tellement vite qu’ils n’ont pas eu le temps de réagir et Pau l’a emporté. Quand on regarde de l’extérieur on voit les choses différemment.

Un mot sur Nancy, est-ce que ça t’attriste de voir ton club formateur dans cette situation-là ?

Forcément, je sais que ça ne doit pas être facile pour eux. J’ai eu quelques échos au sein du club, je sais que c’est compliqué, quand on est dans cette position l’ambiance n’est pas au mieux. On joue sa peau chaque week-end. Ils ont tout mon soutien, mais ce n’est pas pour autant que je vais leur faire des cadeaux.

Arnaud, est-ce que tu n’es pas à l’image de cette équipe cette saison ? C’est peut-être fatigant d’entendre qu’on attend un peu mieux de toi ?

Non, parce que comme j’ai dit c’est justifié en soi. Étant donné la qualité de l’équipe c’est justifié que les gens attendent plus et demandent plus de notre part sachant qu’on est capables de faire mieux. Donc je suis d’accord avec vous.

L’an dernier tu avais dit qu’on n’avait pas encore vu Arnaud Lusamba à 100%. On a l’impression que cette saison c’est pareil, il manque un petit quelque chose. C’est ton sentiment ?

Oui, c’est un peu mon ressenti aussi. Comme a dit votre collègue, c’est un peu en dents de scie, c’est un peu couci-couça. J’ai un peu de mal à vraiment exploiter tout mon potentiel. Il y a des saisons comme ça ou un match ça va et un match où ça ne passe pas. Il faut continuer à travailler jusqu’à ce que ça revienne.

Ça peut venir de l’instabilité de ton poste ? Il faut dire que tu ne joues pas tout le temps au même endroit.

Oui, il y a beaucoup de rotations, de changements mais ça fait partie du métier de joueur de foot de savoir s’adapter.

Tu es en fin de contrat, comment envisages-tu la suite ?

Ce n’est pas encore le moment, mais on verra bien quand on se réunira autour de la table avec les représentants du club. On se donne encore un mois pour voir, mais la porte n’est pas fermée. Il ne faut jamais fermer les portes.


Propos recueillis par Morgan Chaumier

Crédit photo : Léandre Leber – Gazette Sports