SOUVENIRS : J’ai eu la chance de côtoyer Jean Pierre mais aussi Jean François Pernaut

jean pierre pernaut
Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

Ce mercredi 2 mars, Jean Pierre Pernaut est décédé des suites d’un cancer et il a rejoint, là haut, son frère Jean-François mort voici quelques années.

J’ai eu la chance d’avoir connu, approché et sympathisé avec les deux frères, originaires de Quevauvillers.

Jean François, on le connaissait en tant que médecin, installé à deux pas de la gare Saint Roch à Amiens, près du Coliseum. Il était particulièrement attaché au club de hockey sur glace, les Gothiques.

Régulièrement, à chaque match, Jean François se trouvait à l’intérieur de la patinoire, pendant les matches, prêt à intervenir dès qu’un joueur était blessé. Jean-François était le médecin officiel des Gothiques. Mais Jean François était pour nous, un ami, un jeune homme que nous avions croisé à la Cité scolaire d’Amiens alors que nous étions tous les deux des élèves de 6e.

jpp lionel

Pour être franc, jamais nous n’aurions, imaginé, étant donné notre turbulence, que plus tard, l’un serait un médecin réputé et l’autre journaliste.

Quant à Jean-Pierre, il était plus jeune que Jean-François. Jeune journaliste sportif au Courrier Picard, avec comme chef de service Maurice Gest, le père d’Alain, Président d’Amiens-Métropole, chaque jour j’allais rejoindre dans le bureau de la rédaction sportive, ma vieille machine à écrire au 14 de la rue Alphonse Paillat.

Un jour de 1972, je vis qu’un jeune était en stage avec un journaliste que j’appréciais beaucoup : Fernand Guay. Durant quelques mois, Jean-Pierre Pernaut a donc travaillé au Courrier Picard, à quelques mètres de mon bureau et je suis certainement le dernier témoin vivant de cette expérience.

Peu après, Jean Pierre découvrait le monde de la télévision et il y a effectué non seulement une belle carrière mais il a surtout fait mieux connaître notre région et Amiens.

A cette époque, le hockey sur gazon était un sport en vogue à Amiens. Mon premier reportage sportif lors de mon intégration, fut du reste un match de Première Division du championnat de France entre Amiens et Lyon. A cette époque, chaque année, se déroulait le tournoi international de Pâques et qui obtenait un vif succès sportif et populaire.

Jean Pierre Pernaut adepte du hockey sur gazon

Jean Pierre pratiquait en effet le hockey sur gazon et il jouait attaquant, sur un côté. Il allait vite, très vite même et les terrains n’étaient pas en synthétique. Alors, il arrivait que Jean Pierre aille plus vite que la petite balle blanche…

Par la suite, Jean Pierre montait à Paris et c’est plusieurs années après que je l’ai contacté afin qu’il vienne à la Licorne donner le coup d’envoi d’une rencontre. J’avais en effet intégré l’ASC et aimait faire venir des champions ou personnalités à donner le coup d’envoi d’un match.

J’étais passé par son service à TF1 et un dimanche matin, alors que j’étais parti à Airaines avec mon équipe de jeunes de football de Picquigny, Jean Pierre m’a appelé. Tout de suite, il m’a donné son accord et ce fut donc en ami qu’il est venu.

Nous étions au mois de mars 2004 et c’était un match de coupe de France entre l’ASC et Dijon. Nous avons repris l’interview que nous lui avions consacré dans notre magazine OBJECTIF FOOT publié avant chaque rencontre.

Jean Pierre Pernaut avait rencontré notamment le président Pascal Pouillot et l’ancien international Dominique Rocheteau (notre photo).

Jean Pierre aimait profondément l’ASC à qui il voyait un destin en Ligue 1 :

« Quand j’étais jeune, j’allais voir les matches de foot à Quevauvillers. Mais je n’y ai jamais joué et j’étais incapable de taper dans un ballon. Etudiant à la Cité scolaire d’Amiens, je me suis mis à pratiquer le hockey sur gazon et même le rugby quand j’étais en 6e et 5e. J’étais même le capitaine de l’équipe. »

C’est surtout dans le hockey sur gazon que Jean Pierre a brillé et ce, durant une dizaine d’années. Il a notamment joué aux côtés de grands joueurs tels les frères Delavenne.

En ce qui concerne l’Amiens SC, il nous avait avoué qu’il était un véritable accroc du club et chaque lundi matin, il consultait la presse pour connaître le résultat du week-end.

Avant le coup d’envoi de ce match de coupe de France contre Dijon, Jean Pierre Pernaut avait conclu : « Chaque semaine, je consulte le classement et j’aimerais bien qu’Amiens soit en traits gras c’est à dire dans les trois premiers. Cela me fait réellement plaisir de voir qu’Amiens est aujourd’hui un grand club. avec un grand stade de la Licorne dans une grande ville ».

Jean-Pierre Pernaut avait conclu l’entretien en formulant le vœu que l’ASC accède un jour en L1. Le vœu de Jean Pierre Pernaut a été exaucé. Au revoir Jean Pierre et merci encore d’avoir parlé à la télévision de notre Région avec autant de passion.


Lionel HERBET

Crédit photo : DR

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.