ATHLÉTISME : Week-end « plutôt positif » pour l’Amiens UC

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L’Amiens UC est revenu avec un total de 5 médailles des championnats de France en salle de Miramas. Un bilan qui ne peut que satisfaire Jorice Bassola, l’un des entraîneurs du club, et qui récompense le travail effectué par les athlètes et par la structure amiénoise.

On imagine que le bilan de ces championnats de France est plutôt bon ?

On fait 5 médailles, 5 finalistes, tous les athlètes sont rentrés dans les 8. On a eu des médailles sur des épreuves où l’on s’y attendait. Et peut-être une petite déconvenue sur la longueur avec Erwan, mais sinon, le bilan est plutôt positif.

C’est vraiment le petit point noir ce concours de la longueur masculine ?

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Après deux années plus compliquée entre la mi-2019 et la mi-2021, Raihau Maiau poursuit son cheminement vers un retour à son meilleur niveau

Oui, c’est un petit point noir, mais ils font tout de même une très bonne saison. Raihau qui revient après quelques années de blessures où il n’a pas pu bien travailler, là, il commence à être de retour. Erwan a eu un problème de marques. Les juges de perche étaient collés au couloir de longueur et il y a un juge qui a bougé les marques. Ce n’est d’ailleurs pas le seul qui a eu ça, il y a eu aussi Thomas sur un essai au triple saut. Ça a donc été un peu compliqué, surtout que, pour Erwan, ça a été dès le début du concours, ça a été un peu compliqué de se mettre dedans. Après, il enchaîne tout de même les grosses performances, il va repartir au travail et corriger le tir.

À l’inverse, les féminines ont été performantes avec 4 des 5 médailles, notamment sur la longueur avec un double podium.

C’est moi qui les entraîne, on est parti avec 3 qualifiées et avec les deux premières au bilan français, on avait de plus grandes chances de médailles. Un gros travail a été fait avec Maëlly dans la continuité de l’année dernière, des championnats d’Europe. On continue le travail avec toujours en tête Paris 2024. Et Tiphaine Mauchant, la nouvelle arrivante, s’est plutôt bien adaptée. Elle s’est fait opérer de l’épaule en décembre. Donc pouvoir aller décrocher une médaille de bronze sur un championnat très condensé, c’est très bien. Et la petite Vanessa, pour sa première saison en athlé compétition, a eu ses premiers championnats de France la semaine dernière où elle gagne le titre. Là, chez les grands, elle rentre parmi les finalistes et passe encore la barre des 6 mètres. Elle prouve que ce sera le futur de la discipline.

Même sans podium, c’est déjà impressionnant ce qu’elle réalise ?

Oui, oui, il faut savoir qu’elle n’a dans les jambes que deux championnats de France, le premier la semaine dernière. Déjà, au niveau de la gestion du stress, c’est compliqué la première fois qu’on fait des France, et là, elle enchaîne une semaine après avec les France des plus grands, avec retransmission télé, dossard à son nom, elle côtoie Yanis David qui était aux Jeux. Pas mal des athlètes qui étaient là ont déjà fait des sélections, elle a prouvé qu’elle pouvait jouer mano a mano avec, gérer la pression, c’est vraiment bien.

Au-delà d’Erwan, entre Maëlly qui confirme et Vanessa qui pointe le bout de son nez, notamment, c’est très prometteur pour les prochains mois et prochaines années ?

Tout à fait. De toute façon, on se considère comme un club formateur. Il y a quelques lycées avec qui on est en entente pour permettre, par exemple, à Vanessa d’avoir un emploi du temps aménagé pour pouvoir venir s’entraîner. On a la faculté qui nous aide aussi. Et ensuite, on essaie de faire monter les athlètes qui le souhaitent au plus au niveau français, et même mondial. Comme on le fait avec Erwan Konate.

L’année débute bien pour Thomas Gogois également ?

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Thomas Gogois devrait plus voyager dans les prochains mois pour se frotter au plus haut niveau de sa discipline

Il s’est préparé pour cette année et celles à venir, avec les Jeux comme objectif. Donc c’est un peu sur le même principe que Maëlly, ils vont partir sur d’autres horizons, commencer à faire de plus en plus compétitions internationales, pour se confronter aux plus grands et réussir, comme ils l’ont fait l’été dernier, à tenir la pression pour avoir de grosses performances le jour J et la place qu’ils méritent lors des grandes compétitions.

L’Amiens UC n’avait des engagés que sur les sauts et se retrouve nettement le club le plus médaillé sur ces concours (5 médailles, contre 2 pour Bordeaux, Grenoble et Franconville). Comment expliquez-vous cette réussite particulière dans ce domaine ?

Sincèrement, je ne sais pas. On essaie de faire vivre l’athlé en général. On est un club formateur, où l’on vit bien, du côté des coachs, on s’entend bien, on échange, on cherche le meilleur pour les athlètes. Et, là, la jeunesse a de grosses capacités et on arrive à la faire éclore.

Ce peut être dû à une forme d’émulation, à un effet de groupe ?

Bien sûr, l’effet de groupe, c’est très important. C’est aussi ce qui permet de se confronter. Pour Vanessa, ça lui permet de voir ce que les plus grands font, de rêver et de voir le quotidien des entraînements, puisqu’ils s’entraînent souvent ensemble. Et pour les plus grands, il s’agit aussi de se dire qu’ils n’ont pas le droit de se reposer sur leurs lauriers, que derrière, la jeunesse a faim de performance, et qu’ils doivent être exemplaires pour rester les meilleurs, performants.

Ajoutons, au passage, la médaille d’or décrochée à Nantes par Redouane Hennouni-Bouzidi, sur 1500 m, au championnat de France d’athlétisme handisport.


Morgan Chaumier

Crédit photo : Kevin Devigne – Gazette Sports