TENNIS – Retour sur la conférence en ligne sport santé à l’AAC

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Parallèlement à la 23-ème édition du tournoi International féminin de l’AAC, le club de tennis Amiénois a, ce 10 mars, organisé une conférence intitulée « Le sport santé, une évidence ». Diffusée en ligne, cette table ronde sport-santé, qui réunissait plusieurs acteurs locaux engagés sur la question, avait pour objectif de sensibiliser le public sur le sujet.

Alors que le sport santé, et plus spécifiquement le “bien-être actif”, devient une priorité nationale, cette conférence, à l’initiative du président du club Clément Le Léap et de sa directrice Karla Mraz, était l’occasion de faire un passage en revue de la situation régionale actuelle en matière de sport santé et d’afficher la volonté des acteurs du territoire de développer un réseau sport santé lisible et solide.

Un enjeu majeur pour la métropole

Face à l’augmentation de la sédentarité, et plus globalement, face aux chiffres préoccupants de la région en matière de santé publique, il est aujourd’hui nécessaire de « travailler conjointement dans une démarche de service public et de santé publique » afin de participer au « bien-être des citoyens » comme le précise Patrick Kerros, chef du service santé publique d’Amiens Métropole. Si le lien de causalité entre pratique sportive, même modérée, et bonne santé apparaît comme une évidence, de trop nombreux citoyens restent encore aujourd’hui éloignés de l’activité physique, particulièrement dans les Hauts de France. Il est d’ailleurs accompagné par Cathy Dehez, chargée de développement sportif à Amiens Métropole, avec qui il souhaite travailler « main dans la main », et qui précise « Il faut aujourd’hui placer l’activité physique dans le quotidien des citoyens. Ce n’est pas quelque chose d’inné et cela est parfois vu comme une contrainte. » Le dispositif sport santé d’Amiens métropole, toujours en cours d’élaboration dans le cadre du nouveau mandat 2021-2026, intervient sur l’ensemble des périmètres de prévention, qu’il soit primaire, secondaire ou tertiaire. Entendez par là, intervenir sur un champ d’action le plus large possible, intégrant des personnes en bonne santé souhaitant reprendre une activité physique, mais aussi et surtout pour des personnes souffrant de pathologies chroniques

Il faut aujourd’hui placer l’activité physique dans le quotidien des citoyens.

Cathy Dehez

Si aucun objectif chiffré n’a été dévoilé, « on devrait en savoir plus d’ici le mois de juin » confirme Cathy Dehez, une chose est sûre, le monde du sport et de la santé devront collaborer pour avancer sur cette question. C’est en tout cas une volonté gouvernementale puisque la stratégie nationale du sport santé a été cosignée par le ministère des sports celui de la santé. La Métropole d’Amiens souhaiterait s’inspirer dans cette optique du modèle strasbourgeois, précurseur sur les questions de sport santé. Premièrement pour la prévention primaire via le développement de parcours sportifs urbains ceci pour permettre à chaque Amiénois « d’être à moins de 5 minutes d’un de ces circuits ». Ensuite, via le développement des maisons sport santé pour la prévention secondaire et tertiaire.

Le casse-tête du sport sur ordonnance

Autre thématique abordée lors de cette conférence, le sport sur ordonnance, initiée par un décret de décembre 2016. Il autorise les professionnels de santé à prescrire du sport pour des personnes souffrant d’affections de longue durée (ALD). Sur ce point un gros travail de sensibilisation reste à faire. Si lien entre le mouvement sportif et les professionnels de santé tend à se développer il ne semble pas toujours suffisant. « Les médecins vont devoir apprendre à prescrire de l’activité physique » avoue Bertrand Caron, médecin du sport au CROS : « Pour un médecin prescrire du sport c’est comme un médicament, il faut une posologie, une indication, une contre-indication, il faut savoir comment le prescrire. » C’est également le constat que fait Stéphane Lecossois délégué du comité départemental de l’UFOLEP 80 et avec qui il lance un dispositif maison sport santé sur le territoire d’Amiens Métropole : « On constate qu’il est parfois difficile de mobiliser les professionnels de santé qui sont le maillon essentiel pour détecter et orienter ce public ».

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Dans le cadre du sport sur ordonnance, la course à pied peut être prescrite par des professionnels de santé

Pour faciliter cette dynamique de prescription, un nouvel outil « Médico Sport Santé » validé par la commission médicale du CNOSF, est désormais à disposition des médecins permettant au mouvement sportif de recenser les caractéristiques physiques, physiologiques et mentales de chaque discipline. Un partage d’informations nécessaires pour permettre aux médecins d’orienter leurs patients vers les disciplines les plus adaptées à leurs conditions. L’autre volet important du sport sur ordonnance est le remboursement ou non de la prise en charge médicale : « Lorsque l’on pense prescription on pense également remboursement ». Si l’on part du principe que, à l’image de n’importe quel traitement, l’activité physique peut être prescrite par des professionnels de santé, la question du remboursement par la sécurité sociale peut légitimement être posée. Même si la généralisation de ce sujet n’est « pas à l’ordre du jour pour le moment », certaines mutuelles prennent déjà aujourd’hui en charge une partie de l’activité physique dans le cadre des cancers du sein par exemple.

Tennis et Sport Santé

En complément, l’accent a été mis sur les actions spécifiques mise en place par la ligue des Hauts de France de tennis en matière de sport santé. Extrêmement impliquée sur ces questions et soutenue directement par la FFT, la Ligue des hauts de France compte aujourd’hui près de 40 clubs labellisés sport santé et une cinquantaine d’éducateurs formés à l’encadrement d’activité physique adaptée. Cette tendance, qui devrait s’accélérer, s’appuie, comme le confirme Aymeric Renard médecin référent de la ligue, « sur une étude de 2016 qui a montré que les sports de raquette avaient un avantage prépondérant sur ce bénéfice de la santé » Toujours en lien avec professionnels de santé, ces protocoles, initiés il y a maintenant 3 ans, ont pour objectif d’offrir un cadre sécurisé au public, mais surtout de proposer une offre adaptée aux patients et aux pathologies. Actuellement, 6 pathologies rentrent dans le cadre du tennis santé (d’autres sont à l’étude) mais comme le précise Aymeric Renard « Ce n’est pas du tennis, ce n’est pas du sport, c’est bien de l’activité physique adaptée » Les enseignants comme Mickael Hooger certifiés TSSBE (tennis sport santé bien-être) voient en tout cas les bénéfices de ce type d’actions auprès des patients « Il y a beaucoup de reconnaissance, ils se sentent valorisés, mis en avant. Ils ont beaucoup plus confiance en eux. Il y a un retour énorme. »

Si vous souhaitez revoir cette conférence, rendez-vous sur la page Facebook de l’AAC.



Timothée Hallet
Crédit Photo : Timothée Hallet

Publié par La Rédaction

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