FOOTBALL : L’arbitrage en pleine mue (1/2)

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Au centre des débats d’énormément de matchs quel que soit le niveau, l’arbitrage cristallise de plus en plus l’attention et les critiques du monde du foot. Eclairage. 

À l’image de la section footballistique de la cité scolaire, l’arbitrage a pris ces derniers temps, une autre tournure. En s’appuyant sur les témoignages des acteurs de la section sportive de la cité scolaire labellisé PEFA, nous allons essayer de mettre en lumière les spécificités de l’arbitrage, les motivations pour devenir arbitre mais aussi les difficultés de cette profession. 

Qu’est-ce qui attire dans l’arbitrage ? 

Plusieurs raisons poussent aujourd’hui la jeune génération à devenir arbitre. C’est d’abord une nouvelle voie pour poursuivre dans le football, sans jouer, comme le souligne Morgan, “j’ai choisi de me tourner vers l’arbitrage car je ne trouvais plus ce que je recherchais en étant joueur. C’est-à-dire du plaisir et de la motivation. Cela est aussi dû au fait que je n’avais pas les qualités requises pour réussir dans le monde du foot en tant que joueur.” 

Mais ce n’est pas la raison première, en effet, pour beaucoup, cela est dû à une rencontre ou un hasard. C’est le cas de Kelian, “je me suis tourné vers l’arbitrage car un jour on m’a proposé d’arbitrer en tant que bénévole un match. Cela m’a plu et j’ai recommencé plusieurs fois et un jour, j’ai vu sur le site de mon district qu’ils organisaient une formation d’arbitrage. J’en ai parlé avec mon club puis je l’ai passé et c’est comme ça que je suis devenu arbitre.” Un destin partagé par Nico, “j’ai décidé de me tourner vers l’arbitrage grâce à mon père. Avant j’étais joueur mais je me lassais de jouer, même si j’aimais ça. Donc j’ai commencé à suivre mon père qui arbitre lui aussi, et je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ?  Je me suis alors lancé.” Ou encore Nicolas “je me suis tourné vers l’arbitrage car, mon club avait besoin d’un arbitre pour officier lors d’un tournoi. Après ce tournoi, j’ai eu envie de prendre le sifflet plus souvent. Donc je me suis inscrit à la formation pour être arbitre officiel de football.” Mais aussi Arthur, “c’est Rudy Buquet qui m’a fait découvrir l’arbitrage. Je l’ai rencontré pour la première fois lorsqu’il effectuait une intervention dans mon club de football pour parler de son métier d’arbitre.” 

C’est Rudy Buquet qui m’a fait découvrir l’arbitrage

Quelle que soit la raison, à la base chacun est “fan” de football et c’est cette passion et pratique du football qui l’a conduit à se tourner vers l’arbitrage. 

Quelles qualités pour performer en tant qu’arbitre ? 

Si on connaît les qualités pour devenir footballeur de haut niveau, on connaît moins celles pour devenir arbitre. Et pourtant il faut de nombreuses qualités pour performer en tant qu’arbitre et atteindre le plus haut niveau. Les premières qualités sont avant tout physiques, en effet, un arbitre peut effectuer plus de 10km par match. Ce ne sont pas les seules comme l’évoque Matéo, “les qualités principales selon moi, sont la vision du jeu, la concentration et le placement.” Pour Nico, “il faut savoir communiquer, être respectueux et avoir de bonnes aptitudes physiques”. Un point de vue partagé par Kelian, “il faut des qualités physiques mais surtout être à l’écoute et savoir se faire respecter.”  Pour Valentin Rocher, éducateur au sein du pôle football, les qualités requises sont multiples. “Condition physique, connaissance des règles, respect, maîtrise de soi, rigueur, précision, anticipation, pédagogie, communication.” 

Des qualités qu’il faut travailler au quotidien comme le souligne Valentin Rocher, “on prépare un arbitre sur deux grands points fondamentaux que sont les aspects athlétiques et intellectuels.” Avant d’approfondir et d’évoquer la façon de travailler cela. “Athlétiquement on cherche à développer les qualités physiques (force, vitesse, endurance, coordination, souplesse) car on sait qu’un arbitre professionnel ou même les JAF (jeunes arbitres de la fédération), sur des grosses rencontres, parcourent facilement plus de 10km dans un match. On essaye aussi de leur donner les connaissances pour pouvoir gérer eux même leur préparation physique pour la suite. Ensuite intellectuellement, ils doivent connaître parfaitement les lois et les règles du jeu pour les faire appliquer en faisant le moins d’erreurs possibles. Pour cela des questionnaires, des vidéos, des mises en situations sont réalisés pour développer leurs connaissances. Il y a ensuite les examens et modules de la Ligue et FFF” 

On prépare un arbitre sur 2 grands points fondamentaux que sont les aspects athlétique et intellectuel.

Si les jeunes de la section Amiénoise bénéficient durant l’ensemble de leur cursus d’un suivi et d’un cadre, pour les autres arbitres il faut aller chercher ces connaissances ailleurs. Si pour l’entretien physique ils peuvent bénéficier du travail mis en place pour leurs collègues footballeurs, pour la partie technique c’est différent. En effet ces derniers doivent travailler seul ou participer aux différents modules mis en place par les Ligues. Ces dernières ayant bien compris l’importance de former les arbitres et ce, le plus tôt possible. 

Une pression difficile à supporter ?

Être arbitre est loin d’être évident car sur chaque rencontre quel que soit le niveau, la pression mise par les joueurs, mais aussi le public, est énorme. Quand on est jeune arbitre et que l’on officie face à des joueurs parfois plus âgés, il faut savoir se faire respecter tout en gardant une certaine pédagogie. Le témoignage de Baptiste, jeune arbitre, illustre bien ce contexte parfois très pesant, “il est vrai qu’être jeune arbitre peut faire peur au vu des incivilités. Toutefois, un énorme travail a été fait par les districts afin d’accompagner les arbitres. Lorsqu’on arbitre, on est souvent contesté voir même décrié, mais cela fait partie de la fonction et cela nous aide à grandir.” 

Un avenir professionnel restreint ? 

Comme pour les footballeurs, devenir professionnel est un objectif pour beaucoup. Mais encore plus dans l’arbitrage, les places sont restreintes et très difficiles à atteindre. Toutefois les jeunes arbitres restent ambitieux, à l’image de Matéo, jeune arbitre de la section, “devenir arbitre professionnel c’est très dur. Il faut travailler pendant de nombreuses années et seulement les meilleurs seront récompensés”. Un avis partagé par Baptiste, “les chances pour devenir arbitre professionnel sont maigres car il faut travailler énormément que ce soit sur le plan théorique mais également athlétique. »  

Vers une professionnalisation logique ?

Le monde de l’arbitrage se développe de plus en plus et au-delà des nouvelles technologies, la profession tend à se professionnaliser. Et cela est forcément bien vu par la profession qui voit là une reconnaissance et une suite logique, comme le montre les propos d’Arthur jeune arbitre, “je suis convaincu que c’est une bonne chose. Il faut donner de l’importance à l’arbitrage . Plus les arbitres sont entraînés, plus ils sont à 100% dans leur métier, plus ils seront performants. Cela ne pourra être que bénéfique pour le football.”  Un avis partagé par Nico, “je trouve ça totalement normal d’avoir des arbitres professionnels, on a bien des joueurs pro donc pourquoi pas des arbitres !” 

Retrouvez dès demain, la deuxième partie de notre sujet sur l’arbitrage, avec les interventions de Bruno Fagnoni et Rudy Bucquet.



Aurélien Finet

Crédit Photo : Pôle PEFA