FOOTBALL – Azouz Hamdane : « Ça a été un match parfait »

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Après s’être arrêté sur la qualification convaincante dimanche dernier à Lesquin, Azouz Hamdane a également évoqué le prochain tour à venir sur la pelouse d’Aire-sur-la-Lys.

Qu’est-ce que vous tirez du match de ce dimanche ?

C’est plus que mérité, le score est à l’image du contenu, de ce que l’on a proposé, de notre gestion du match. Il n’y a rien à dire : on a bien maîtrisé notre match, on a bien géré tous les temps du match, tous les temps forts, tous les temps faibles. Il y a eu quelques possessions adverses que l’on a plutôt bien maîtrisées. On a concédé une occasion de but et quelques coups de pied arrêtés où l’on a été un peu fragilisés, mais en dehors de ça, on a bien maîtrisé notre match avec une maîtrise collective du ballon plutôt intéressante, même sans ballon, d’ailleurs.

Et puis, on a marqué dans des instants clefs, en tout début de match, en toute fin de première mi-temps et en tout début de deuxième mi-temps. De quoi vraiment laisser apparaître un horizon plus serein sur la fin de match. Vraiment, ça a été un match parfait de la part des joueurs.

On imagine que les joueurs qui ont débuté alors qu’ils n’étaient pas titulaires réguliers en début de saison, à l’image de Jeno (double buteur dimanche, ndlr), vous ont plutôt satisfait ?

Oui, oui. Après, Jeno avait quand même eu du temps de jeu en début de saison (3 matchs, 1 titularisation en championnat, 3 titularisations en Coupe ndlr). Il restait sur quelques saisons sans jouer, il manquait de rythme mais le talent était là et il l’a encore confirmé. On a récupéré Dilemfu aussi, qui s’est remis de ses ligaments croisés, ça change des choses au milieu de terrain. On a retrouvé un Charly Rosso a son niveau. Donc tout de suite, ça donne un milieu de terrain très productif, très solide et sur lequel on peut construire. Je me suis beaucoup appuyé sur ce milieu à trois pour construire la « périphérie ».

Ac Amiens Vs Olympique Marcquois (reynald Valleron) (14)
Charly Rosso a retrouvé un niveau qui satisfait son coach

Et puis, sur les côtés, on a un Romain Kwinta qui fait un bon début d’année en termes de performance. Il faut qu’il soigne un peu ses statistiques, mais dans le contenu, je suis très satisfait. On retrouve Samb, on a la surprise Khelif qui reste sur 2 buts en 2 matchs. Il avait prouvé en réserve mais, là, il confirme en équipe première. Malgré de nombreuses absences, Slidja, Matondo, Torvic, Héloïse, on se rend compte du gâchis du début de saison. On a beau aligner les meilleurs joueurs, quand l’état d’esprit n’est pas là… C’est seulement ça qui nous a coûté cette place, mes joueurs ne pensant qu’individuellement. Une fois qu’on a des joueurs sur le terrain qui pensent collectif, qui sont positifs, concentrés, c’est tout de suite une perception plus positive pour moi mais surtout pour eux sur le terrain.

Ce qui est à retenir, c’est donc le sérieux de l’équipe.

Oui, mais avant toute chose, c’est l’état d’esprit. Le sérieux en est une conséquence. De toute façon, c’est ce qui nous coûte notre place au championnat. Je l’avais diagnostiqué mais on n’avait pas les possibilités de faire comme on voulait et puis peut-être aussi que je n’ai pas osé. C’est bien fait pour moi, j’aurais peut-être dû oser les choses avant.

Avec le relâchement de la Coupe de France, le fait de se dire que ce sont des matchs couperets et puis le fait qu’on joue des équipes qui ne sont pas forcément du niveau de nos adversaires en championnat… Cela dit, des matchs de Coupe de France où l’on met 9 buts en deux matchs à des équipes inférieures d’une seule division, cela n’arrive pas beaucoup. Quand on regarde Chantilly, Saint-Quentin, même Beauvais. Ce sont deux « exploits » que mes joueurs ont réalisés. Je connais bien cette compétition, sa difficulté, mettre 9 buts en deux matchs à des équipes de R1, des équipes du Nord, en plus qui tournent plutôt bien dans un bassin de joueurs important, ce n’est pas rien.
Donc c’est vraiment l’état d’esprit qui sublime leurs qualités, parce qu’on n’a jamais remis en cause leurs qualités, mais elles ne peuvent pas s’exprimer si elles ne sont pas mises dans les meilleures conditions.

Vous avez évoqué les absences de Matondo et Torvic, ce sont des mises à l’écart ?

Non, du tout. Matondo, c’est pour raisons personnelles. Je pense qu’il est plus centré aujourd’hui sur son projet professionnel. Donc peut-être qu’il met un peu le foot de côté, mais ce n’est que mon ressenti, il faudrait lui poser la question. Pour Torvic, c’était surtout lié à des raisons personnelles liées à la question sanitaire.

J’ai manifesté mon point de vue, maintenant, je ne vais pas le répéter toutes les semaines. La colère était là.

On vous sentait agacé avant le déplacement à Nœux-les-Mines, vous abordez ce match contre Aire-sur-la-Lys dans un autre état d’esprit, maintenant que vous êtes en plein dans la compétition ?

J’ai manifesté mon point de vue, maintenant, je ne vais pas le répéter toutes les semaines. La colère était là. En fait, même pas la colère, surtout l’incompréhension. Je ne comprenais pas pourquoi on nous faisait prendre de tels risques. Mais j’ai toujours dit que si le club décidait de se présenter au match, on est tous des compétiteurs. Je ne suis pas entraîneur d’une équipe de jeunes, je suis là pour tenter de faire performer un groupe de joueurs donc il n’était pas question qu’on reprenne l’entraînement s’il n’y avait pas de compétition à jouer, là il y en a une, on a repris l’entraînement, très sérieusement.

J’ai la chance aussi, parce que ce n’est pas mon activité principale, j’ai un travail à côté, d’avoir des adjoints qui font un super boulot, j’ai des joueurs qui sont sérieux. Hier, je leur ai donné 2-3 points clefs dans le ton du match et ensuite, le reste leur appartient. Quand on regarde ce qui se dit dans les vestiaires et ce qui se passe sur le terrain, je pense qu’ils ont compris.

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Aire-sur-la-Lys, qu’avait affronté Camon la saison passée, est descendu en R2 et sera la prochaine étape pour les hommes d’Azouz Hamdane en Coupe de France

On serait bêtes de faire autrement quand ça fonctionne. C’est ce que j’ai dit au président, on ne va absolument rien changer, on va continuer à s’entraîner sérieusement. On va aller à Aire-sur-la-Lys avec toute l’humilité possible parce qu’on vient de réaliser deux « exploits » en marquant 9 buts en 2 matchs.

Ce sera un tout autre match, pour moi, ce sera peut-être le plus dangereux. Il nous faudra bien digérer les quatre séances hebdomadaires qu’on réalise, plus les matchs. Il faut pouvoir faire digérer ça en termes de récupération aux joueurs. Donc ce match est pour moi, peut-être, le plus difficile qu’on aura eu à jouer.

D’autant qu’Aire-sur-la-Lys n’aura rien à perdre, avec un statut de petit poucet et déjà un exploit au tour précédent.

Exactement. Mais on sait d’où on vient. Il y a quelques années, on était à leur place, j’étais à la même place que le coach, à la tête d’une équipe de R2. Chez nous, on aura des joueurs de R2 qui joueront. On est très humbles. On va arriver pour jouer un match de foot, pour se donner à fond et que le meilleur gagne.

Une dérogation généralisée pour que les clubs engagés en Coupe de France puissent s’entraîner après 18h a été évoquée. C’est une information que vous confirmez ?

Oui, je n’ai pas eu le texte officiel mais oui. Maintenant, nous, généralement, on s’entraîne en fin d’après-midi. En général, les joueurs, à 18h/18h30, ont fini leur séance et on les a même un peu avancées et on les écourte énormément. Ce sont de toutes petites séances intenses. C’était surtout gênant pour moi, mais pour les joueurs, ils arrivaient toujours à se libérer pour les séances.

Quand on regarde les chiffres qui sont donnés du matin au soir, les restaurateurs fermés, etc., comment peut-on imaginer voir la compétition reprendre ?

On a évoqué le championnat plus tôt dans cet entretien, comment voyez-vous les choses sachant qu’il est impossible qu’il aille normalement à son terme

Oh, vous savez… Après avoir vu les décisions prises pour la Coupe de France, je m’attends à tout. Je me garderais bien de faire un quelconque pronostic. Quand on a un esprit un peu cartésien, logique, bien sûr qu’on se dit que ça va être très compliqué. On est quasiment mi-février, il faudrait 4 à 5 semaines de reprises pour être fonctionnels, ça nous amènerait déjà à fin mars. Et quand on regarde les chiffres qui sont donnés du matin au soir, les restaurateurs fermés, etc., comment peut-on imaginer voir la compétition reprendre ? Après, je suis salarié d’un club, je me plierais aux décisions. Mais je ne sais pas quoi répondre.




Morgan Chaumier

Crédits photos : Léandre Leber / Reynald Valleron / Audrey Louette – Gazettesports