VOILE : « Prudence à terre et plaisir sur l’eau »

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Ⓒ Gazette Sports

Après deux mois de fermeture forcée, le club d’Amiens voile a rouvert ses portes aux licenciés ce samedi 6 juin. Ainsi, les adhérents pouvant naviguer en autonomie ont pu revenir sur la base nautique d’Argœuves. Romain Armand, président du club, nous parle de cette reprise particulière.

La réouverture du plan d’eau d’Argœuves était très attendue par les amateurs de sports nautiques. Néanmoins, si le club de voile amiénois a pu rouvrir ses portes ce samedi 6 juin, les obligations sanitaires n’ont pas permis un retour en grand nombre de ses adhérents. En effet, la limitation aux regroupements de dix personnes incluant les encadrants, seuls deux pratiquants ont pu profiter des voiles ce samedi. Malgré tout, le président de l’association reste positif et affirme avoir « le sentiment qu’il n’y avait pas trop d’inquiétudes, on est une activité de plein air alors il n’y avait pas non plus de raisons de trop s’inquiéter. »

Les personnes présentes sur le site suivent ainsi le leitmotiv du moment au club, à savoir « prudence à terre et plaisir sur l’eau ». Romain Armand nous explique : « sur terre on conseille le port du masque au début, lorsque l’on est regroupés, mais autrement le site est assez grand pour que l’on puisse avoir chacun notre espace. À part ça, tous les lieux sont limités à une seule personne et les vestiaires et WC sont interdits puisque les premiers sont trop confinés et les seconds nécessitent une procédure de nettoyage très radicale dont on ne peut s’occuper. Tout ce qui est manipulé à la main, hormis le cordage, est désinfecté. De plus, les gilets de sauvetage sont individuels le temps de l’épidémie : une personne prend un gilet et le garde d’une séance à l’autre parce qu’ils sont difficiles à désinfecter. »

Une routine d’entraînement modifiée, un fonctionnement inchangé

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Outre l’aspect sanitaire à terre, il a également fallu s’adapter sur l’eau. Effectivement, si la voile peut être pratiquée en solitaire ou en tandem, seule la pratique individuelle est pour le moment autorisée au club d’Amiens. Les adhérents « capables d’évoluer de manière quasi autonome sur un plan d’eau » sont donc les seuls autorisés à venir s’entraîner. Cette contrainte bloque également les autres activités normalement proposées par la structure tels que les baptêmes ou encore les séances d’essai qui nécessitent une proximité entre l’encadrant et le pratiquant.

Il est donc désormais nécessaire de réserver son créneau de navigation quelques jours avant la séance. Cependant, puisque le club ne tourne d’ordinaire qu’avec des bénévoles, le fonctionnement « n’est pas trop altéré dans le sens où [le club] n’est habituellement ouvert que les samedis après-midi. »

Quelles retombées pour le club ?

Malgré une reprise début juin, Romain Armand nous confiait avoir manqué une des parties les plus importantes de la saison en termes d’arrivées de pratiquants : « On a du mal à chiffrer les pertes de licencié mais il y aura sans doute un impact là-dessus parce qu’en règle générale les gens aiment bien s’inscrire à la belle saison et actuellement ce n’est pas possible. Pour l’instant on ne sait pas trop mais on se doute qu’il y aura une perte ; à l’heure actuelle par exemple on a deux fois moins d’adhérents que l’an dernier. » 

Sur le plan financier, la structure amiénoise encaissera également des pertes avec notamment l’impossibilité de proposer les habituels stages mis en place par le club qui sont « une rentrée financière. » La structuration du club de voile amiénois reste néanmoins un mince avantage pour celui-ci puisque si les rentrées d’argent ont été suspendues pendant la période de crise, les dépenses ont également été largement réduites : « on relativise un peu l’impact parce que l’on n’a pas de salariés ici, on est un peu moins exposés que des clubs qui ont du personnel salarié. Clairement on a beaucoup réduit les dépenses et les investissements, mais comparé à des clubs qui ont plus de frais fixes que nous on est quand même plus sereins. » De cette façon, le club espère pouvoir surmonter le cap de la crise qui pourrait être fatale à de nombreuses associations sportives.

Dans tous les cas, nous sommes prêts à repartir.

Romain Armand

La fin du déconfinement se fait donc attendre par le dirigeant du club qui espère pouvoir être bientôt en mesure d’accueillir plus de monde au sein de sa structure. Il reconnait cependant que l’opération peut être compliquée « parce que les gens ont peut-être pris l’habitude de ne plus pratiquer alors il faut aussi qu’ils se réhabituent à venir. » Romain Armand déclare malgré tout être « prêts à repartir. On attend plus que les prochaines annonces du gouvernement. »




Océane Kronek

Crédits photos : Reynald Valleron – Gazettesports.fr