VOLLEY (F) : Kessie Couvert-Dumesny dans les… filets du LAMVB

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De Poitiers à Amiens, il n’y avait qu’un pas que la première recrue du LAMVB vient d’effectuer. Portrait.

« Les aléas de la vie réservent parfois de très agréables surprises ! » À bientôt vingt ans, Kessie Couvert-Dumesny considère bel et bien « vivre un rêve. » Une belle réussite que la demoiselle commente toujours avec retenue, avec étonnement parfois… Euphorie qu’elle espère voir perdurer en Somme.

« J’ai découvert le volley-ball par un heureux hasard » confesse celle qui admet avoir auparavant privilégié son temps libre à la pratique de la « danse hip-hop, puis du karaté. » Activités qu’elle délaissait cependant « contre toute attente » après avoir poussé la porte du gymnase situé à deux pas du domicile familial. « La dose d’adrénaline que ce jeu de ballon pouvait susciter m’a bluffée » se remémore une demoiselle « introvertie » qui saisissait presque instantanément l’opportunité d’une échappatoire. « Évoluer au sein d’une équipe, se retrousser les manches afin d’atteindre un objectif commun sont des aspects qui m’ont permis de gagner en confiance. Incontestablement » souligne celle qui, dans les rangs du Soissons-Billy Volley Ball Club, ne tardait d’ailleurs à s’affirmer. D’autant que la réussite collective veillait à se reposer sur ses frêles épaules. Doucement mais sûrement…

Évoluer au sein d’une équipe, se retrousser les manches afin d’atteindre un objectif commun sont des aspects qui m’ont permis de gagner en confiance. Incontestablement.

« Le statut de réceptionneuse attaquante m’obligeait à prendre certaines responsabilités » murmure-t-elle, comme embarrassée. Rôle dont elle s’acquittait avec brio, jusqu’à s’attirer les regards d’instances dirigeantes. « Cela m’a été rapporté, je l’admets, mais je n’ai jamais eu d’échanges très concrets » divulgue l’intéressée, s’appliquant à ne laisser transparaître aucun regret. « C’est ainsi ! » argumente-t-elle d’ailleurs, comme pour tourner la page et s’attarder plutôt sur son parcours et celle qu’elle souhaite rédiger. Seule l’allusion aux « Volleyades », compétition nationale annuelle entre sélections départementales où elle fut de la partie à Cannes (Alpes-Maritimes) préserve, semble-t-il, ce souvenir.

À l’accent autodidacte, la (jeune) carrière de Kessie Couvert Dumesny s’est néanmoins forgée sous l’aile particulièrement protectrice de Mickaël Visigny. Beau-père attentionné et impliqué, dont la passion pour ce sport allait de paire. « Ma maman Virginie m’a également constamment encouragée. Je tiens aussi à remercier chaleureusement toutes celles et ceux indissociables à ma progression. » À demi-mots, s’efforçant à dissimuler son émotion,  l’actuelle étudiante en STAPS adresse ainsi un « petit clin d’œil » en direction de son club formateur. Principalement vers ces ex-coéquipières, « bande de copines » dont elle s’éloigna, voici deux saisons.

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« Mon cursus scolaire me contraignait à cela » soupire celle dont les démarches la conduisaient jusqu’à Poitiers (Vienne). Inévitable croisée des chemins pour une demoiselle qui apparaissait alors livrée à elle-même. Éloignée de ses proches et de ses ami(e)s, soucieuse d’aménager et définir son nouveau quotidien, Kessie Couvert Dumesny se réfugiait dans une pratique sportive « intensive » afin de faire face à « une période compliquée. » États d’âmes qu’elle parvenait cependant à atténuer, surmonter en s’appuyant notamment sur une (indéniable) force de caractère.

« Je n’avais pas vraiment d’autre choix » lance, sur un ton d’ironie, celle qui avoue avoir retrouvé du « baume au cœur » sous le maillot du CEP Poitiers Sait-Benoît VB. Joies retrouvées qu’une participation au « championnat d’Europe Universitaire disputé en Pologne » intensifiait logiquement.

Du coin de l’œil, je suivais les résultats du LAMVB. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. Peut-être en raison d’un élan de chauvinisme à l’égard ce club de l’ex Picardie.

« Inattendue », cette agréable aventure humaine lui permettait d’acquérir une expérience supplémentaire « et bienvenue » qu’elle s’empressait alors de mettre au service de la « réserve » de l’association poitevine. Un exercice au parfum de Nationale 3 où l’Axonaise découvrait aussi plaisir à échanger « de temps à autre » avec les représentantes de l’Élite. Une troupe en manque d’efficacité cependant et qui ne réussira jamais à se débarrasser de cette peur du vide. Jusqu’à basculer, provoquant – indéniablement – une redistribution de quelques rôles où Kessie Couvert Dumesny nourrissait l’espoir de tirer son épingle du jeu.

Malheureusement, « sous tension » avec son responsable technique de l’époque, cette (maudite) relation électrique se traduisait par des apparitions en courant alternatif parmi le groupe fanion. Situation délicate qui prenait fin néanmoins à l’issue de la phase aller « sitôt une réorganisation du staff. » Mais cette atmosphère certes plus sereine ne cicatrisait certaines blessures d’ordre psychologiques. Ne dissipait non plus cette envie de s’épanouir sous d’autres cieux.

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« Du coin de l’œil, je suivais les résultats du LAMVB. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. Peut-être en raison d’un élan de chauvinisme à l’égard ce club de l’ex Picardie » chuchote celle qui se décidait, en début d’année, à faire le premier pas et « prendre contact avec Clément Bevilacqua. » Initiative appréciée d’ailleurs du coach amiénois tout comme l’essai qu’il proposait à ce renfort potentiel.

« Nous avons repris contact dès l’arrêt des championnats afin de définir les attentes de chacun » résume ensuite Kessie Couvert Dumesny, ravie qu’un terrain d’entente ait été trouvé. Un accord, symbolisé par une mutation en bonne et due forme, qui prolongeait les rêves « les plus fous » selon les termes privilégiés par la première recrue du promu en Nationale 2. « Imaginer, prétendre évoluer à ce niveau semblait invraisemblable voici encore quelques saisons ! Le LAMVB m’accorde une chance inouïe. Il est désormais de mon devoir de justifier cette confiance que ces dirigeants ont accepté de placer en moi. » Telle une reconnaissance qu’elle souhaite honorer, sans perdre à l’esprit la difficulté de ce challenge.

Imaginer, prétendre évoluer à ce niveau semblait invraisemblable voici encore quelques saisons ! Le LAMVB m’accorde une chance inouïe. Il est désormais de mon devoir de justifier cette confiance que ces dirigeants ont accepté de placer en moi.

Projet audacieux que cette élève universitaire appréhende avec enthousiasme, détermination également. « Je vais devoir jongler entre les séances d’entraînements et un enseignement scolaire auquel j’attache beaucoup d’importance. J’apprécierais plus tard être proche de personnes victimes de handicap, exercer une profession à vocation sociale. » Une volonté à tendre une main (douce) vers autrui qui, paradoxalement, se révélera ferme dans les rangs du LAMVB où Kessie Couvert Dumesny affiche l’ambition de figurer parmi les « gros bras. »




Fabrice Biniek

Crédit photos : Fabrice Biniek – K C-D