EQUITATION : Rouvrir, mais dans quelles conditions ?

Equitation Pca (reynald Valleron (60)
Ⓒ Gazette Sports

Alors que de nombreux Centres Équestres viennent de rouvrir leurs portes à nombre de leurs adhérents, nous nous sommes penchés sur les conditions d’accueil imposées à ces derniers. 

Après plusieurs semaines sans pouvoir accueillir de public, et étant contraints de sortir l’ensemble de sa cavalerie sans ses cavaliers et propriétaires, chose parfois difficile pour certaines structures, les clubs reprennent petit à petit vie. 

Retour des propriétaires dans le flou…

Fermées brutalement début mars, les structures équestres ont pu retrouver une partie de leurs cavaliers. Dans un premier temps, les propriétaires de chevaux ont pu retrouver leur compagnon alors même que le confinement n’était pas encore levé pour permettre de soulager les gestionnaires et de permettre à un plus grand nombre d’équidés de retrouver une activité physique régulière indispensable à leur bien-être. Bien évidemment, cela s’est fait dans le cadre et le respect des gestes barrières, obligeant les structures et les cavaliers à s’adapter.  Pour cela des dispositions ont été prises :

  • mise en place de plannings pour éviter un trop grand nombre de personnes en même temps
  • mise à disposition de gel hydroalcoolique
  • interdiction d’utiliser les affaires de la structure (pelles, brosses…)
  • parties communes fermées et obligation de monter en extérieur entre autres

Des consignes qui n’ont pas plu à tout le monde, certains centres étant obligés, pour satisfaire tout le monde, de limiter le temps de ses cavaliers sur place ou le nombre de venues dans la semaine.

Un retour qui s’est aussi fait dans la confusion avec des directives et des informations très peu claires et parfois contradictoires entre les différentes instances. Pour le Centre Equestre de Picardie, le retour était inévitable mais les informations confuses et l’envie des propriétaires pas toujours facile à gérer, comme nous le confiait un membre du CEP : “après 2 mois sans venir, les propriétaires avaient forcément hâte de revenir mais les informations n’étaient pas très claires. Nous avons sondé les autres clubs puis nous avons pris la décision d’accepter le retour de nos propriétaires en pension complète en respectant des plages horaires de 1h30 et des jours pour répondre aux règles sanitaires.” Un retour, même partiel et très encadré, qui a fait le plus grand bien aux propriétaires impatients de retrouver leur monture. 

Reprise des cours 

Après avoir permis le retour des propriétaires, les cours ont repris petit à petit à l’image du Centre Equestre de Picardie. “On a décidé dans un premier temps de proposer à nos propriétaires des reprises individuelles en continuant de respecter les plages horaires et avec le moniteur de leur choix.” Suite à la sortie du confinement et les nouvelles directives plus souples, les clubs ont pu accueillir plus de cavaliers, même si les contraintes restent nombreuses et que l’on ne veut pas se précipiter, comme nous le souligne un membre du CEP, “on a repris dès que possible les cours collectifs sur des plages horaires de 45 minutes, les lundis, mercredis et samedis. Nous avons réduit la durée des reprises pour pouvoir désinfecter le matériel mais aussi préparer les poneys pour les plus petits niveaux. Nous proposons notamment des balades aux Baby’s, ce qui permet de libérer une carrière et de respecter au mieux les gestes barrières.

Avant de poursuivre, “nous aimerions reprendre l’intégralité de nos cours mais pour le moment on ne veut pas se précipiter. On veut y aller petit à petit et être certains de pouvoir assurer à tous que les règles sanitaires sont respectées. Notre plus gros problème reste la proximité dans les écuries entre cavaliers. Si nous ajoutons de nouveaux créneaux, nous serons obligés de mettre des horaires décalés pour éviter au maximum que les cavaliers se croisent.” De nombreuses mesures indispensables pour pouvoir accueillir de nouveau des cavaliers et respecter les mesures sanitaires imposées. Pour que les cavaliers ne soient pas perdus face à ce nouveau dispositif, le CEP a fait une vidéo “tuto” pour expliquer et illustrer le parcours à faire avant et après chaque séance. Si on est loin d’un retour à la normale, les centres équestres reprennent vie pour le plus grand plaisir des équidés et des cavaliers.

Un planning d’été adapté ?

Comme de nombreuses structures sportives, les structures équestres qui ne savent toujours pas si elles pourront proposer leurs activités habituelles cet été. Un véritable manque à gagner en cas d’impossibilité qui viendrait s’ajouter aux pertes déjà enregistrées depuis le début de la crise et qui pourrait être fatal pour beaucoup. Le CEP se veut lui optimiste et cherche des solutions, “nous espérons pouvoir organiser nos stages et activités cet été comme prévu. Nous allons déjà remettre en place nos activités du dimanche en s’adaptant avec des petits groupes sur des demi-journées. Nos parties communes restant fermées, c’est compliqué d’organiser quelque chose sur une journée entière. Si nous devons procéder de la sorte cet été nous le ferons, on s’adaptera en espérant devoir s’adapter un minimum.” Une reprise même partielle des activités, qui ferait le plus grand bien aux finances des clubs. 

Quels impacts économiques ?

Après cette période de confinement, de nombreuses structures équestres ont déjà pu ressentir l’énorme impact sur leurs finances et restent dans l’incertitude par rapport à leur avenir. Une incertitude en partie liée au fait que pour le moment un retour à la normale n’est pas possible. Plus la reprise d’une activité normale sera tardive, plus les structures auront du mal à s’en remettre. 

Paradoxe de la situation, les courses hippiques ont repris, certes à huis-clos, mais la proximité entres les cavaliers est certaine dans ces épreuves. Une reprise des compétitions qui sera aussi valable à partir du 25 mai pour les épreuves jeunes chevaux. Une décision assez surprenante quand on sait que les structures équestres doivent limiter leur nombre de cavaliers par cours et en simultanée sur leur structure. C’est en tout cas une bonne nouvelle pour tous les cavaliers participant à ces épreuves. À noter que l’épreuve prévue dans les Hauts-de-France a finalement été annulée par la préfecture du Nord et qu’après quatre jours de réunion, les courses hippiques en zones rouge ont été suspendues.

En espérant que la situation revienne à la normale au plus vite et que chacun s’en relève, le Comité Régional Équestre des Hauts-de-France met en place une série de stages en collaboration avec des acteurs du monde du cheval pour récolter de l’argent et venir en aide aux plus impactés par la crise actuelle. 



Aurélien Finet

Crédit Photo : Reynald Valleron – Gazettesports