RÉTRO – 1939 : le Tour de France découvre le dérailleur

Tour De France 1939, L'arrivée à Toulouse Du Vainqueur D'étape Edward Vissers, Au Nouveau Stadium Municipal
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Lorsque le Tour de France se termine à Paris dans les derniers jours du mois de juillet 1939, le peuple français  ne sait pas qu’il ne lui reste que quelques semaines de liberté avant qu’il ne soit plongé dans une guerre qui va durer cinq ans.

Inutile d’ajouter que ce Tour 1939 remporté par le Belge Sylvère Maes, sera le dernier avant celui de l’après guerre en 1947 et qui sera gagné par Jean Robic.
A la fin de ce Tour 1939, l’organisateur Henri Desgrange a déjà fixé le point de départ de l’édition 1940. Le Tour partira du Nord et se dirigera vers l’Alsace.
Les équipes nationales et régionales seront reconduites mais Desgrange avait déjà indiqué qu’il ne reprendrait pas de coureurs espagnols.

L’apparition du dérailleur

Mais ce Tour 1939 aura été celui d’un certain progrès technique avec l’apparition du dérailleur. Ce changement de vitesse a été imposé aux coureurs à qui on n’a pas trop demandé leur avis. Il s’avère qu’à l’instar des oreillettes beaucoup plus tard, le dérailleur rend la course plus nerveuse. Alors qu’auparavant, les coureurs devaient connaître à fond la gamme des  développements qu’ils utilisaient en course, cette fois ils n’avaient plus à chercher. Ils disposaient de quatre vitesses qui leur permettaient d’être toujours sur le bon développement.

Il s’avère que les moyennes de courses ont été améliorées, qu’on a assisté à un certain nivellement mais que surtout, dès le départ, les coureurs étaient à fond. Il n’y avait quasiment plus de temps mort. Il était donc impossible à un coureur ayant crevé de revenir sur le peloton. Dans un précédent article, nous avons vu qu’il aura fallu attendre plus de 40 ans pour voir l’apparition  du changement de roue après crevaison.

Le journaliste de l’époque concluait ainsi son papier :
« D’une façon générale, le dérailleur rend la course plus dure. Reverrons nous un jour le Tour de France sans dérailleur?« 

Le journaliste ne savait pas que la guerre arrivait à grands pas et il n’était pas le seul..



Lionel Herbet

Crédit photo (Le Miroir des sports) : Tour de France 1939, l’arrivée à Toulouse du vainqueur d’étape Edward Vissers, au nouveau Stadium municipal

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.