BASKET-BALL – Jérémy Voldoire : “On n’est pas à notre place”

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Ⓒ Gazette Sports

Alors que le money-time de la saison approche, Jérémy Voldoire, arrivé cet été à l’ESCLAMS, s’est confié à Gazettesports sur la saison de son équipe, l’avenir et la situation actuelle. 

NB : L’interview a été réalisée avant l’annonce du report de championnats 

Peux-tu te présenter et ton parcours ? 

Jérémy Voldoire, j’ai 25 ans et j’ai commencé le basket à Montbrison vers 8 ans. J’ai ensuite fait le centre de formation de la Chorale de Roanne, j’y suis arrivé en minime France et j’y suis reparti en cadet France Espoir. Je suis ensuite retourné à Montbrison et j’ai pas mal bougé jusqu’à me retrouver à Longueau. 

Pourquoi avoir fait le choix de Longueau ?

Le projet m’a intéressé. Quand le club m’a contacté j’ai rapidement été séduit par le projet et c’était pour moi l’occasion de m’offrir un nouveau challenge et de sortir de ma zone de confort. J’avais ma famille, mes amis et un rôle de sixième homme. En venant ici je suis venu chercher un rôle de joueur majeur et de cadre. Je voulais vraiment avoir un nouveaux rôle et être un véritable impact player. 

Quel style de joueur es-tu ?

Je suis un shooteur. Ma qualité première c’est le shoot et je suis là pour ça. J’essaye d’apporter le maximum et de faire au besoin de l’équipe. J’essaye d’apporter aussi sur le côté défensif mais ma qualité première c’est de shooter. 

Comme beaucoup de shooteur, tu shootes quelle que soit ta réussite, pour toi c’est quelque chose à améliorer ? 

Oui, tout shooteur prend ses shoots quand ils viennent, quelle que soit la réussite. J’ai connu récemment deux matchs compliqués où rien ne rentrait. Après parfois il faut savoir s’effacer un peu quand on n’est pas en réussite, mais ce qui caractérise un shooteur c’est de ne jamais douter. Mais je travaille énormément, je viens shooter le midi plus le soir pour être le plus performant en match et avoir le plus d’efficacité possible mais le plus important c’est le mental. 

Comment juges-tu le bilan de l’équipe aujourd’hui ?

On n’est pas à notre place. Je pense qu’avec l’équipe que l’on a, on doit être au milieu du tableau largement. On a manqué notre début de saison, on n’était pas forcément prêts à jouer en NM2, moi le premier. On a une équipe jeune, il a fallu s’adapter au niveau et prendre nos marques car personne ne se connaissait presque. On a travaillé dur et les progrès se sont fait sentir mais on prend trop de matchs sur des détails. Repartir de zéro c’est toujours compliqué. 

Pour toi qu’est-ce qui fait que vous avez du mal à l’extérieur ? 

C’est une bonne question, je ne sais pas comment expliquer certaines défaites. Parfois on est à +10 à 2 minutes de la fin, on pense que le match est gagné, puis plus rien. Peut-être un relâchement ou un manque d’expérience, honnêtement je ne sais pas. À ce niveau le match se joue sur des détails et un match n’est jamais fini. 

C’est un problème mental ? 

Peut-être qu’il y a un manque de lucidité en fin de match, on n’a pas beaucoup de rotation. Cela entraîne des mauvais choix et on laisse un mec faire un exploit mais à ce niveau ce n’est pas possible. Une chose est certaine, il y a un blocage à l’extérieur qui nous pose problème. 

L’arrivée de Songolo t’a permis de retrouver ton poste. Ça t’a fait du bien ? 

Oui, je peux jouer meneur mais ce n’est pas mon poste. Je n’ai jamais vraiment joué meneur donc évidemment je suis plus à l’aise au poste 2. Ça ne m’a pas dérangé d’évoluer meneur, mais le manque de repère à un poste bien particulier ne m’a pas permis d’exploiter toutes mes qualités. Retrouver mon poste m’a fait effectivement du bien. 

Vous croyez encore au maintien ? 

Quand on voit le calendrier ça va être compliqué. Il va falloir battre Gravenchon puis Tourcoing à la maison pour espérer une finale à Lille. Car ensuite on va jouer tous les gros du championnat dont trois à l’extérieur. La tâche s’annonce très compliquée mais tout est encore jouable, c’est à nous de prendre nos responsabilités. 

Penses-tu que vous avez mis un peu trop de temps à trouver votre jeu et vos repères ? 

Oui, il nous a manqué du temps. Il aurait fallu que la saison commence 2-3 mois plus tard. Il a fallu que chacun trouve sa place et que l’on s’adapte à l’arrivée tardive d’Aziz, puis celle de Songolo mais aussi le départ de Jean-Marc. Cela a forcément changé des choses et nous a fait perdre du temps. La spirale de défaites en début de saison ne nous a pas non plus aidés à prendre confiance. Le basket est un jeu d’échec et tous les systèmes sont calculés, ça prend du temps de tout mettre en place. 

Le basket représente quoi pour toi ?

Le basket représente une part énorme de ma vie car j’y consacre beaucoup de temps et d’énergie mais ce n’est pas toute ma vie. J’ai fait le choix comme à chaque fois que j’arrive dans un club de travailler à côté. Pour le moment cela me convient bien et contribue à un équilibre. C’est un choix qui me permet de couper un peu du basket et de voir d’autres personnes. C’est aussi un moyen de préparer l’avenir car il y a un après-basket.

Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ? 

J’aimerais bien faire au moins une saison en NM1 pour voir ce que je peux donner. Je sais que ce sera le maximum où je peux aller je pense. Cela me permettrait aussi de faire que du basket car en NM1 ce ne sera plus possible de travailler à côté. 

Comment le groupe a vécu le départ de Jean-Marc Bouthors ?

C’était inattendu et un choc pour tout le monde. Jean-Marc apportait un professionnalisme dans l’équipe, il vit basket et apportait beaucoup à l’équipe. On a dû s’adapter mais après on connaît le monde du sport et l’on est tous adultes. On a dû rapidement passer à autre chose, c’est triste pour lui mais c’est comme ça. 

Tu décrirais comment ta relation avec le coach ? 

Il est très proche des joueurs, il parle beaucoup et passe du temps avec nous. Par contre quand il faut dire les choses, il n’hésite pas à nous les dire. Il sait faire la part des choses entre le terrain et en dehors. 

Comment expliques-tu les difficultés de la relation avec les intérieurs ? 

Je pense que le fait qu’Aziz ne soit pas vraiment un poste 5 mais plus un poste 4 qui aime s’écarter est l’une des raisons. C’est compliqué de le trouver quand en face il y a de vrais postes 5 et c’est notre seul véritable solution à l’intérieur. Le fait qu’il joue beaucoup fait aussi qu’il ne peut pas tenir sur la distance le défi physique proposé en face. Il y a aussi un problème d’automatisme mais on travaille pour améliorer cela. 

Quand on voit l’évolution, on se dit que c’est une équipe qui, avec du vécu, peut présager de belles choses ? 

Oui c’est une équipe qui progresse et qui après un mauvais début a su rebondir. Si l’on se maintient et que l’on garde la même équipe on peut prétendre à beaucoup mieux. Comme je l’ai dit, repartir de zéro prend du temps et l’on ne bâtit pas une équipe du jour au lendemain

Face à Poissy vous avez manqué un tournant de votre saison ? 

Oui, une victoire nous aurait permis de remettre plusieurs équipes dans notre “wagon” mais l’on n’a pas su saisir cette occasion. Mais c’est le cas de 3-4 matchs face à des équipes de notre niveau ou plus faibles face à qui on n’a plus su s’imposer. Ce sont des défaites qui vont compter et sûrement nous faire mal en fin de saison. Notre problème à l’extérieur va nous coûter très cher. 

Comment vivez-vous la situation actuelle ? Est ce que cela change des choses au quotidien ? 

On a des consignes mais sur le terrain c’est compliqué d’éviter les contacts. Après la situation par rapport aux supporters est compliquée, jouer à huis-clos serait pour nous un véritable coup dur à domicile car l’ambiance ici est l’une de nos forces. On verra l’évolution, mais les choses risquent de changer dans les prochaines semaines. 

Jouer à huis-clos et sans pression à l’extérieur cela peut-il vous libérer ? 

Oui peut-être, en tout cas ça ne peut être qu’un avantage. Je pense surtout à Berck dont les supporters m’ont marqués quand ils sont venus ici. Après on n’est pas à l’abri, on a une bonne équipe et l’on peut faire un exploit. Bien évidemment on préférerait quand même jouer devant du public car cela serait synonyme de retour “à la normale” et d’amélioration de la situation. 

Aurélien Finet

Crédit Photo : Kévin Devigne – Gazettesports