TENNIS DE TABLE : Grégoire Jean « On a un kop qui, je pense, est un des meilleurs de France »

Ⓒ Gazette Sports
Publicité des articles du site GazetteSports

Alors que le championnat Pro B bénéficie d’une courte pause jusque début décembre, nous sommes allés à la rencontre de Grégoire Jean, joueur à l’Amiens Sport Tennis de Table depuis septembre.


Salut Grégoire, peux-tu commencer par te présenter ?

Je m’appelle Grégoire Jean, je joue au tennis de table depuis que j’ai cinq ans donc ça a toujours pris une grande partie de ma vie. En dehors de ça j’aime le sport en général, j’aime passer du temps en famille, je suis quelqu’un d’assez simple en fait. J’ai eu un bac ES et après ça j’ai passé le diplôme d’entraineur à 19 ans mais une fois que j’avais obtenu ce diplôme j’ai réalisé que je n’avais pas envie d’entrainer mais que j’avais envie de jouer parce que j’avais des capacités. 

Aujourd’hui le tennis de table me prend tout mon temps, c’est vraiment une pratique professionnelle. C’est six heures d’entrainement par jour plus à côté du physique et des étirements. 


Pourquoi le tennis de table plus qu’un autre sport ?

C’est surtout familial. Quand j’étais petit je faisais aussi du foot en même temps et très vite on a des capacités dans un sport alors on les développe. C’est venu naturellement mais oui c’est familial à la base : mes parents en faisaient, mon frère en fait, il est d’ailleurs entraineur ; ce n’est pas juste tombé du ciel.


Est-ce que tu as un souvenir particulier de tes années dans le tennis de table ? Un évènement ou une rencontre marquante ? Un modèle dans ta discipline ?

Il y en a eu plusieurs, c’est difficile de choisir ; il y en a eu en club, d’autres sur le plan personnel, ou encore en sélection donc c’est assez difficile d’en dégager un. 
Même si on ne s’identifie pas forcément à quelqu’un en soi, on essaie de piocher un peu partout. J’admire beaucoup la façon dont Gatien a mené sa carrière (ndlr : Jean-Philippe, seul Français champion du monde), ensuite en ce moment c’est l’Allemand Timo Boll : c’est un peu le Federer du tennis de table, il a 38 ans et il est toujours au top. C’est vrai qu’il pourrait être un modèle à suivre.

Grégoire Jean s’impose sur le fil 3-2 face à Paul Gauzy (ASTT vs Roanne, 22 sept. 2019)

Qu’est-ce qui t’as fait choisir Amiens plutôt qu’une autre ville ?

J’avais rencontré Denis Chatelain aux championnats de France l’année dernière et on a eu un bon feeling. Et puis après voilà, les choses se font ; moi j’étais disponible, le club cherchait des joueurs de son côté. Le projet était intéressant aussi : un club qui monte, qui a l’ambition déjà de s’asseoir en Pro B. Et puis après on verra pour la suite.


Comment se déroule ta saison depuis ton intégration au club ? En termes d’entrainements par exemple ?

C’est un peu compliqué, c’est une particularité du ping puisque les joueurs ne sont pas sur place, ils ne vivent pas ensemble ; ou en tout cas c’est très rare. Ce n’est pas comme au foot par exemple où les joueurs vont travailler leurs automatismes chaque jour à l’entrainement.

En arrivant je ne connaissais qu’Alexis Mommessin, les deux autres je les ai rencontrés au cours de la saison. Mais le tennis de table reste un petit milieu donc on a entendu parler de tout le monde alors l’intégration va très vite pour tous les joueurs. Les dirigeants nous ont bien aidés aussi, ils nous mettent aux petits oignons donc tout s’est fait naturellement et l’intégration a vraiment été rapide.


Ce n’est pas trop difficile pour chaque membre de l’équipe de créer des liens en se voyant si peu ?

On essaie de venir plus tôt avant chaque match pour passer des moments ensemble et aussi créer quelque chose en dehors du tennis de table. On n’arrive pas le jour-même pour repartir le soir et c’est aussi ce qui fait notre force je pense, on essaie aussi d’avoir des valeurs humaines à côté. Si on est un groupe qui s’entend bien, sur le banc on va tous se pousser vers le haut, on se regarde tous et c’est quand même quelque chose. L’idée c’est un peu comme si toute l’équipe jouait en même temps plutôt qu’un seul joueur à la fois.


Comment définirais-tu ton style de jeu ? Et celui de l’équipe ?

Chacun a un style de jeu différent, dans l’équipe on a deux gauchers et deux droitiers. On est tous attaquants même si on évolue tous sur des lignes de sol un peu différentes : Tommy est capable d’évoluer un peu partout avec un jeu axé sur les touchés de balles et avec une grosse qualité de première balle. À part Alex qui est plus dans le rallie, qui est capable de jouer plus de coups que nous, je pense les trois autres, Tommy, Denislav et moi on est plus dans le registre première balle, dans ce côté un peu malin et décidé à aller chercher le point le plus rapidement possible. 
Après on est capables d’évoluer plus ou moins près de la table, par rapport à ça il n’y a pas trop de style défini.


Des objectifs personnels et collectifs pour cette nouvelle saison ? Et sur le long terme ?

L’objectif collectif sera de se maintenir, on est très bien partis donc ça peut paraitre ridicule de dire ça, mais une première saison est toujours délicate. Ensuite sur le plan personnel, une fois que l’on sera certains d’être maintenus, c’est vraiment de prendre du plaisir et d’aller chercher des performances individuelles pour chacun. C’est-à-dire de profiter de jouer contre des grosses équipes pour aller chercher des perf’, faire en sorte d’assurer sur des joueurs qu’on est censés gagner donc essayer de gagner avec la manière.
Derrière il y a forcément la qualification aux championnats de France qui est un objectif pour tout joueur et essayer de performer là-bas.
Évoluer en Pro A serait l’objectif numéro 1. À part ça, le meilleur pour l’équipe, passer de bons moments et rendre le public heureux.

Un bilan à l’approche de la mi-saison ?

On aurait difficilement pu faire mieux je dirais. On a eu un premier match à l’extérieur qui était très compliqué puisqu’on jouait sur la meilleure équipe du championnat, très homogène, quasiment une équipe de Pro A : on prend 3-0 sur ce premier match mais ça ne reflète pas du tout la valeur de notre équipe. Il y a quatre équipes qui se dégagent et on en avait trois d’entrée de saison, on s’était dit que ça allait être un début de championnat compliqué mais finalement ça nous a permis de jouer libérés d’entrée. Donc même si sur le premier match on n’a pas réussi à créer d’exploit, dès le deuxième on est allés chercher deux victoires 3-0 alors quelque part ce début de championnat est un peu paradoxal : ça nous a aidé à nous libérer. 


Dirais-tu que tu as des superstitions ou des habitudes d’avant match ?

Avant oui, mais plus trop maintenant, ça m’est passé ce genre de choses. Après forcément on s’isole, on va dans le vestiaire, on s’échauffe physiquement. Ça peut varier mais je n’ai pas vraiment de « trucs types ».


À quoi ressemblerait une journée avec toi ?

Ça serait deux entrainements : 8h30 à la salle pour en partir vers midi et physique à la fin. Beaucoup de sport tous les jours. 
À Amiens on joue beaucoup le dimanche, mais en général les matchs se font le mardi soir. Du coup pour préparer son match du mardi on ne peut pas se permettre de passer le weekend, on n’a « pas de weekend » puisqu’on s’entraine le samedi matin et le dimanche après-midi. Le fait de jouer le dimanche permet de se caler sur une semaine civile normale.

À Amiens c’est un autre niveau, j’ai rarement connu autant de bruit et de ferveur.

Grégoire Jean
Tennis De Table Astt Vs Metz Gazettesports Coralie Sombret 10
Grégoire Jean avait battu Diogo Jiahong Chen face à Metz (3 nov. 2019)

Un mot au kop Amiénois toujours très présent et bruyant pour son équipe ?

Pour le coup ils sont vraiment présents et c’est génial pour nous. C’est aussi pour ça qu’on a réussi à être aussi performants à domicile je pense. C’est quelque chose qu’il y a dans tous les clubs, mais à Amiens c’est un autre niveau, j’ai rarement connu autant de bruit et de ferveur. Ça part aussi du banc où nous aussi on fait du bruit, mais on a un kop qui je pense est un des meilleurs de France.


Propos recueillis par Océane KRONEK

Crédits photos : Kevin Devigne / Coralie Sombret – Gazettesports.fr