TENNIS DE TABLE : Rencontre avec Alexis Mommessin

Ⓒ Gazette Sports

L’ASTT bénéficie d’une courte trêve en ce début du mois d’octobre. Après avoir triomphé sur Thorigné-Fouillard ce samedi 28, l’équipe de Pro B ne retrouvera la compétition que le 22 octobre en se déplaçant à Nantes. À l’occasion de cette trêve, nous sommes allés à la rencontre du joueur clé de la dernière rencontre, Alexis Mommessin.

Salut Alexis, peux-tu commencer par te présenter en quelques mots ?

J’ai commencé le tennis de table à l’âge de 11 ans, assez tard par rapport à la moyenne des pongistes qui jouent actuellement à haut niveau. Mon papa était entraineur à l’INSEP, c’est un passionné du tennis de table qui jouait dans sa jeunesse avant de devenir entraineur alors il m’a beaucoup entrainé quand j’étais petit. J’ai eu une grosse progression sur mes trois premières années de tennis de table ce qui m’a permis d’intégrer le Pôle espoir d’Île-de-France en 4ème, autour de 14 ans. J’ai fait deux années de collège en internat à Paris et j’ai suivi le lycée en CNED avec le parcours par correspondance pour continuer à m’entrainer tous les jours.

J’ai été souvent blessé durant mes années lycées alors je n’ai presque pas joué en terminale à cause d’un problème au genou qui m’a amené à me faire opérer. À ce moment-là j’étais au club de Boulogne-Billancourt, je jouais en nationale 1.  

Mon objectif c’était clairement de jouer en Pro B

Pourquoi avoir rejoint le club ?

J’avais déjà joué plusieurs fois contre l’équipe d’Amiens et je me suis toujours très bien entendu avec Denis Chatelain (le président) qui selon moi avait toujours un discours envers le tennis de table qui me correspondait et me parlait. Il partageait un peu les mêmes valeurs de ce sport que moi. Je suis arrivé à Amiens il y a deux ans. Après mes années à Boulogne j’évoluais toujours en nationale 1, Denis Chatelain est venu vers moi et m’a parlé du projet d’Amiens qui voulait monter en Pro B. Il m’avait parlé de l’équipe qu’on allait avoir en N1 qui serait particulièrement compétitive et qui, sur le papier, serait quasiment la meilleure. Le projet m’a tout de suite convaincu, mon objectif c’était clairement de jouer en Pro B, de jouer dans une division professionnelle. La nationale 1 l’année dernière s’est super bien passée, on n’a pas perdu un seul match, j’ai moi-même fait une année très cool : je n’ai pas perdu énormément de match. Il y a eu des matchs qu’on a eu plus de mal à gagner que d’autres, mais dans l’ensemble c’était une très bonne saison pour l’équipe.

Comment définirais-tu ton style de jeu ? Et celui de l’équipe ?

Je suis un attaquant, j’ai un jeu offensif plutôt proche de la table, je prends les balles tôt. Je ne suis pas le mec qui est loin de la table et qui marque des points super spectaculaires. Mon point fort reste mon service mais j’ai aussi un bon revers en étant près de la table.

On a une très bonne équipe avec Grégoire qui est gaucher et joue plus loin de la table. Sa ténacité est importante, il s’arrache tout le temps et a surtout l’habitude de la Pro B depuis six saisons après être passé en Pro A. C’est un joueur qui a bien plus d’expérience que moi et qui peut m’apporter beaucoup là-dedans étant donné que je découvre la Pro B. Il y a aussi Tomy Lakatos un joueur Hongrois d’expérience parce qu’il a joué au niveau international avec la Hongrie. Lui qui a joué contre beaucoup plus de joueurs de haut niveau que moi va m’apporter et m’apporte déjà énormément. Chaque joueur apporte sa propre touche à l’équipe.

Quels sont tes objectifs personnels et collectifs pour la saison et celles à venir ?

C’est dur de se projeter pour la saison prochaine parce qu’on est vraiment focalisés sur cette année avec l’envie de se maintenir. Là on a entamé la saison de façon très positive parce qu’on a joué contre les trois meilleures équipes de Pro B : on en a battu deux et on a pris six points en tout sur les trois rencontres ce qui nous place quatrièmes au classement pour le moment. 

Mon objectif personnel sera de gagner un maximum de matchs afin d’améliorer aussi mon classement individuel. Actuellement je suis classé n°132 sur ma licence ce qui fait de moi un des joueurs de Pro B les moins bien classés. Ce numéro de licence va évoluer chaque mois selon mes résultats en matchs.

Pour parler plus largement du club, quel est l’objectif fixé par celui-ci ? Comment abordez-vous la saison à venir ?

L’objectif c’est vraiment le maintien. Sur le papier ça va être compliqué, on est parmi les trois équipes où les classements de nos joueurs sont les plus bas. Mais au vu des trois premières rencontres et du niveau de jeu que l’on a eu, surtout à domicile, on peut déstabiliser n’importe quelle équipe du championnat de Pro B. Pour l’instant vu le début de saison que l’on fait je pense qu’on peut être très confiants. 

Comment se déroule une saison de tennis de table en termes d’entrainements ?

Je m’entraine au club parisien de Le Valois avec un groupe d’entrainement qui est en partie composé d’autres joueurs de l’Île-de-France qui ne font pas partie de l’équipe de Le Valois et viennent de Courbevoie, des Yvelines… 

Tomy Lakatos est aussi venu s’entrainer à Le Valois mais autrement il s’entraine au Danemark. De l’autre côté Grégoire s’entraine à Metz alors on ne s’entraine pas en équipe non plus, on se retrouve uniquement pour les matchs. Les deux essayent d’arriver deux jours en avance sur chaque match pour pouvoir s’entrainer à Amiens. 

Je suis l’un des seuls joueurs de Pro B qui a une autre activité professionnelle à côté mais les autres passent leur vie dans les trains ou les avions.

Qu’en est-il des matchs en double quand on ne peut pas s’entrainer en équipe ?

Normalement c’est mieux de s’entrainer un minium en double mais pour le moment on ne l’a pas fait et j’ai remporté tous mes doubles : une première fois avec Grégoire et ensuite avec Tomy. La partie en double est un point décisif donc c’est vraiment un match important et jusqu’ici on a gagné les deux donc c’est très encourageant pour la suite de la saison. Pour l’instant on s’en sort plutôt bien en double et pour le coup le public aide énormément.  

La Pro B reste prioritaire pour moi, mais si je peux aller au bout du championnat individuel je ne vais pas refuser

En dehors du championnat Pro B, est-ce que tu joues d’autres compétitions ?

Il y a les compétitions individuelles en plus du championnat par équipes. Dans ces compétitions je peux être amené à jouer contre Grégoire : il y a quatre tours qualificatifs aux Championnats de France (« les indiv’ ») où je joue pour le club d’Amiens. Chaque match joué dans les deux championnats m’apporte des points au classement individuel. La Pro B reste prioritaire pour moi mais si je peux aller jusqu’au bout du championnat individuel je ne vais pas refuser donc je vais jouer à fond mon championnat de France !

La première rencontre à Chartres a été difficile et douloureuse mais les deux matchs à domicile qui ont suivi ont tourné en votre faveur. Dirais-tu que le public joue un rôle très important dans ces victoires ? Un mot à leur adresser ?

Ça aide énormément de jouer chez soi, je connais très bien la salle qui est un peu particulière quand on n’a pas l’habitude d’y jouer, elle peut surprendre un peu. Moi j’y suis vraiment habitué et je m’y sens bien. Personnellement jouer à Amiens m’apporte un petit avantage.

Continuez à venir nous voir parce que c’est en partie grâce à eux si à domicile on est aussi performants, quoi qu’il arrive l’équipe se donnera au maximum à chaque fois pour défendre le club d’Amiens en Pro B.

Océane KRONEK

Crédit photo : Kevin Devigne – Gazettesports.fr