HANDBALL : À la rencontre du capitaine de l’APH, Julien Richard

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Ce weekend l’APH reçoit Grenoble, actuel premier de la poule. Avant cette rencontre, nous sommes allés à la rencontre de Julien Richard, le capitaine de l’équipe.

Bonjour Julien, même si tu es une figure connue de l’APH, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Julien Richard, j’aurai 36 ans ce vendredi. Ça fait 9 ans que je joue à l’APH dans une optique de reconversion. Avant j’étais joueur professionnel à Dunkerque où j’ai commencé le handball à l’âge de 12 ans environ. J’ai intégré le centre de formation à Dunkerque, avec M. Lepointe notamment (ndlr : président de la Ligue des Hauts-de-France), ensuite j’y ai joué trois ans comme joueur professionnel avant de partir pour deux ans à Aurillac. J’avais resigné pour deux ans là-bas mais le club a fait une liquidation judiciaire alors j’ai retrouvé un autre club en tout début de saison mais dans des conditions pas géniales pour bosser. J’ai donc signé pour un an à Angers (en D2 puis en D1).

« Je cherchais vraiment un projet de stabilité et c’est comme ça que j’ai atterri à Amiens »

Qu’est-ce qui t’a donc poussé à choisir Amiens ?

Je cherchais vraiment un projet de stabilité et c’est comme ça que j’ai atterri à Amiens. Le président du club à l’époque, Joël Peron, qui avait une entreprise dans la fibre optique recrutait des joueurs pour développer son entreprise, pour les former à un métier et pour essayer de développer le club d’Amiens au haut niveau. C’était il y a neuf ans, à l’époque on était en N2, on était deux dans cette forme de reconversion mais ensuite monsieur Peron, passionné de hand et de cette méthode de recrutement, a demandé que je recrute des mecs qui avaient ce potentiel à travailler et à jouer; c’est comme ça qu’après il y a eu une bonne dizaine de handballeurs qui sont venus en reconversion. Deux ans après on accédait à la N1.

Quels sont tes objectifs personnels et collectifs pour la saison à venir ?

Collectivement ça serait d’abord de rester dans cette poule haute de N1 qui est pour moi une vraie D3. Il y a vraiment un écart de niveau avec la poule de N1 qu’on a connue l’année dernière, notamment à la fin où on maîtrisait assez bien notre sujet, ce qui nous avait permis de finir premiers de notre poule. Cette année on voit qu’il y a clairement un écart, ce qui est très intéressant sportivement. Mais c’est un peu « piégeur » parce que ça s’appelle encore “N1 élite » alors que pour le coup c’est vraiment une D3. Le niveau est vraiment élevé donc ça va être très intéressant, ça serait bien qu’on arrive à y rester en gagnant le plus de matchs possibles.

Personnellement le moins de blessures possibles et faire des bons matchs, une bonne saison comme l’année dernière serait à mon âge un beau challenge.

Quel est ton poste de prédilection ?

D’abord défenseur, avant j’étais quasiment exclusivement défenseur. Petit à petit, surtout ici, j’ai eu plus de temps de jeu en attaque et j’y prends beaucoup de plaisir aussi. Mais plutôt défenseur.

Quel est ton ressenti sur le collectif par rapport aux objectifs de la saison ?

Je pense qu’un maintien dans cette poule est cohérent. On a encore des choses à régler, en attaque par exemple; on a réussi à régler quelques points sur notre défense en prépa, maintenant il faut qu’on s’adapte aux défenses des autres équipes qui sont aussi plus performantes. Un progrès en attaque, que les nouvelles recrues s’intègrent bien et qu’on prenne du plaisir comme on a pris ce weekend à Pau. 

« Il faudrait qu’on arrive vraiment à être performants pendant une heure sans écart de niveau de jeu pour espérer gagner »


Comment abordez-vous la réception du leader ce weekend ?

Grenoble est leader mais pour le moment il n’y a eu que trois matchs de joués donc c’est un peu tôt. On a certes deux défaites et une victoire, mais sur les deux défaites qu’on accumule on a aussi montré des bonnes choses. Il faudrait qu’on arrive vraiment à être performants pendant une heure sans écart de niveau de jeu pour espérer gagner. On a toutes nos chances, ça sera un beau combat et c’est un match à domicile. On sait qu’on est capables de se surpasser et c’est ce qu’il faudra faire pour gagner, mais ça ne sera pas un miracle si on s’impose samedi.

Le fait que Grenoble soit un relégué de Proligue, vous le voyez de quelle façon ?

Leur équipe a quand même beaucoup changé, on a pas mal d’incertitudes même si on a les vidéos et qu’on va encore en regarder vendredi. On connait bien Ryadh Souid qui a joué à l’APH et qui est un bon joueur qu’on sera contents de retrouver aussi. Pour l’instant on n’a pas vraiment « d’a priori », on va se concentrer sur nous et essayer de faire au mieux, de faire progresser notre jeu en attaque et peut-être que ça pourra passer.

La victoire accrochée à Pau le weekend dernier est quelque chose de bon augure pour le match à venir samedi ?

J’espère que ça fera un petit « déclic » en quelques sortes parce que déjà on n’avait pas l’habitude de perdre en fin de saison l’année dernière… Donc ça nous a fait bizarre sur les deux premiers matchs et on commençait à être un peu frustrés, donc c’est bien qu’on ait réussi à prendre des points. Gagner à l’extérieur en passant une petite soirée tous ensemble derrière c’est quelque chose qui nous manquait un peu aussi. J’espère que ça nous aura galvanisé pour la suite et que ça nous aura donné un peu de confiance. 

Le fait de d’abord jouer les grosses équipes vous motive ou au contraire vous déstabilise d’entrée de saison ?

Bien malin qui saura dire le premier de cette poule

Pour l’instant on ne sait pas encore qui sont « les gros ». On a bien vu Vernon qui a perdu contre Angers qui avait perdu ses deux premiers matchs. Caen était considéré comme « un gros » et pourtant ils sont à trois défaites depuis le début. Ce qui est sûr c’est que ce sont de belles équipes, mais toutes les équipes sont belles, on a vu à Pau que ça a été dur de gagner finalement même si ce n’est pas une équipe favorite dans la poule. Il n’y a pas d’équipe qui seront vraiment faibles, on savait que Vernouillet et Vernon seraient difficiles et on l’a vu, on n’a pas été ridicules mais pour l’instant bien malin qui saura dire le premier de cette poule.

Les statuts VAP ne représentent donc pas une inquiétude particulière pour le collectif ?

Non pas trop, ça serait plutôt une mention à côté du nom de l’équipe. On ne va pas avoir ce complexe d’équipes VAP, il faut qu’on arrive vraiment à jouer notre handball. On est largement capables de rivaliser et de faire un peu mieux que ce qu’on a fait.  Reste que les 14 joueurs : ils sont peut-être plus armés parce qu’ils ont le nombre de joueurs professionnels, plus d’entrainements, plus de disponibilités pour le hand. Mais on a aussi des arguments avec des anciens joueurs qui ont joué à haut niveau même si on est peut-être un peu sur la « phase descendante ».

Un mot aux supporters des Pirates ?

Qu’ils continuent de venir nombreux, c’est un vrai plaisir de jouer dans cette belle salle quand il y a de l’ambiance et du bruit. On est très contents de l’ampleur qu’on a pris à Amiens en quelques années. Je pense que pour ma part et aussi pour les autres joueurs en reconversion on s’attendait pas à jouer aussi longtemps. Personnellement je pensais faire ma reconversion, encore un ou deux ans de hand et finalement je suis à ma neuvième année, donc c’est que ça me plait et qu’on prend beaucoup de plaisir à jouer à Amiens.

Je pense qu’ils le ressentent et qu’on arrive à le transmettre en match, même quand on a perdu face à Vernon les gens ont vu qu’on avait tout donné et que le collectif était là, on ne s’est pas résignés et ça a donné un beau spectacle. On les remercie pour ça et qu’ils continuent à venir toujours aussi nombreux.

Océane KRONEK

Crédit photo : Kevin Devigne / Leandre Leber – Gazettesports.fr

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