BADMINTON : Entretien avec Jean-François BOIDIN à l’aube de la nouvelle saison

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Une nouvelle saison en Nationale 3 démarre pour l’Amiens Université Club Badminton. Nous sommes allés à la rencontre de Jean-François Boidin qui évoque ici la saison à venir mais qui nous parle aussi de son club en général. 


Comment abordez-vous la saison à venir après avoir été repêchés de justesse la saison dernière ?

On l’aborde sereinement, on est confiants mais conscients. On sait que ça va être une saison difficile, on ne va pas non plus se faire des films, on sait qu’on peut faire des bonnes choses mais on sait aussi qu’on a perdu des bons joueurs et on sait qu’on aura une saison difficile. 

Quel est l’objectif fixé par le club ?

L’objectif c’est le maintien, c’est sûr que faire mieux serait compliqué. Je pense qu’il y a moyen de se maintenir parce qu’on a nos propres difficultés mais les autres clubs en ont aussi. On a un moins bon effectif mais les joueurs sont motivés, des joueurs un peu plus jeunes, des joueurs qui ont pour certains joué en nationale la saison dernière. Ils ont envie de bien faire donc je pense qu’il y a la place pour un maintien.

Comment gérez-vous votre effectif ?

On est 250 du plus jeune au plus vieux, le plus jeune qui a 4-5 ans et le plus vieux qui a dans les 70 ans. On a des gens qui se répartissent par âge mais aussi compétiteurs / non-compétiteurs. Ici on est sur des séances de loisir, en même temps on a la section de parabad et dans l’autre gymnase, suivant les créneaux on a les sections des compétiteurs. Ils sont environ 60 et ces compétiteurs-là vont se répartir en plusieurs équipes interclubs qui se jouent quasiment toutes sous le même format : mixte, huit matchs, du simple ou du double. À partir de là on va jouer dans plusieurs championnats.

Au niveau national il y a le “top 12“ du badminton, ensuite il y a nationale 1, nationale 2, nationale 3; suivent les pré-nationales qui vont se jouer à l’échelle des Hauts-de-France, ensuite il y a les régionales 1 et 2 puis on va tomber sur de la départementale. Cette année on aura cinq ou six équipes qui vont aller de la Nationale 3 jusqu’à la départementale.

Comment sont constituées les équipes ?

C’est nous qui choisissons, on a une commission sportive qui décide. Évidemment sur les petits niveaux il y a quand même des affinités, ne serait-ce que pour jouer en double : ce n’est pas parce qu’on est en double avec le meilleur classement qu’on va bien jouer ensemble. Mais on a aussi des règles qui disent que les équipes doivent être de la plus forte à la moins forte globalement donc on ne peut pas faire n’importe quoi non plus. Il n’y a pas d’obligation d’âge pour les interclubs, on peut commencer à minimes (ndlr : dans les 15 ans).

Comment abordez-vous cette première rencontre face au promu ?

Aulnay-sous-Bois est un promu, mais c’est un bon promu parce que c’est l’équipe B d’une équipe de “top 12“. C’est donc un très bon promu avec des bons jeunes, on s’attend à une rencontre difficile.

Cette année va être une année de déplacements

Par rapport à votre collectif de nationale 3, comment va s’organiser le championnat ?

Cette année on va se balader dans les Hauts-de-France, on va aller sur la région parisienne. Notre poule est quand même assez extrême, même si c’est qu’une nationale 3 (on ne va pas aller dans la France entière) mais on va aller à Gravelines et au « sud » on va aller au Racing Club de France. Cette année va être une année de déplacements, on va rencontrer des belles équipes et même si on se déplace un peu en région parisienne et un peu loin, les joueurs sont contents car ça leur permet de rencontrer des gens qu’ils n’ont pas l’habitude de rencontrer sur les terrains Picards.

Les déplacements sont donc organisés par des bénévoles du club ?

On a une équipe relativement réduite, on part avec six ou huit personnes. Toutes les journées de déplacement se passent sous le même format : rendez-vous à 16h sur place, ça va finir vers 19h ou un peu plus tard et ensuite on va rentrer dans la soirée. Les déplacements sont organisés par le club mais on est quand même sur quelque chose de simple, on n’est pas sur des déplacements de hockey en avion où il faut aussi dormir sur place. Cette année dans la poule on a trois équipes des Hauts-de-France et trois de l’Île-de-France, ça fait un petit mélange sympa pour pouvoir prendre du plaisir.

En dehors du championnat, y-a-t-il d’autres compétitions?

Le badminton est un sport individuel. La partie interclubs se joue sur dix journées donc elle est quand même plus importante que dans d’autres sports individuels comme le judo ou l’athlétisme. Nous on en a une dizaine, mais passée cette dizaine de journées, il y a un certain nombre de compétitions individuelles qui sont des championnats organisés soit par le comité départemental, par la région ou par la fédération; et ensuite un certain nombre de tournois privés organisés par les clubs.

Un duo mixte
Les tournois privés font-ils partie de la fédération ?

Les tournois privés comptent dans la fédération, ils sont homologués, ça veut dire qu’ils sont faits avec un certain nombre de règles (il y a un juge-arbitre validé par la fédé). Ils vont apporter un nombre de points qui vont être mis dans le classement et jouer sur la moyenne et le classement des joueurs. On fait trois tournois dans l’année : le Duo Mixto est un tournoi de doubles et de mixtes qui aura lieu en novembre, c’est un tournoi national, ça va attirer des gens de l’Île-de-France, de la Champagne en sachant que niveau badminton les grosses régions (Île-de-France, Normandie, Nord-Pas-De-Calais) on est situés bien au milieu donc va attirer du beau monde. On remet ça en mars avec le tournoi des Hortillons où il y aura du simple, du double et du mixte. On va ensuite finir la saison avec le tournoi des Jeunes Gargouilles : la même chose, mais avec les gamins.  

Pour les jeunes, êtes-vous vraiment focalisés sur la formation et le développement du joueur ou les laissez-vous d’abord apprécier le badminton comme loisir avant de les pousser plus tard vers la compétition ?

Le club met en place deux créneaux différents pour les enfants. Une première série par âge pour les jeunes qui découvrent le badminton et ensuite quand ils ont envie de persévérer, quand on sent qu’ils ont un petit niveau mais surtout une envie de compétiteur, on les pousse. Il n’y a pas besoin de voir quelqu’un jouer longtemps pour savoir s’il a envie de faire de la compétition : il y a des jeunes qui ont la niaque, ils ont envie de faire de la compétition, pour certains ils en ont fait dans d’autres sports, ils arrivent et tout de suite ils veulent de la compétition. Ces jeunes-là on les intègre à l’école performance et là ils sont entraînés trois fois par semaine, on va leur demander un peu plus de rigueur et d’investissement notamment en participant à des compétitions.

À quel niveau vos jeunes peuvent-ils jouer ?

On a des équipes en interclubs, l’année dernière elles se sont bien débrouillées, elles ont fini premières dans le département et sont allées se frotter aux équipes de la région. Le niveau régional est donc le maximum pour les jeunes par équipe, après en simple on a des championnats de France, il y a tout un circuit de trophées inter-régional et national sur invitation par rapport aux classements individuels. À partir de benjamins les jeunes peuvent commencer à faire des compétitions de plus haut niveau.

Depuis la création du club en 1986 vous avez progressivement monté les échelons pour arriver jusqu’en nationale 3…

Depuis 1986 on a longtemps stagné, la fédération n’était pas forcément structurée comme ça. C’est une jeune fédération (1979) alors il n’y avait pas encore tous les championnats. On a souvent été au meilleur niveau Picard sans toujours réussir à monter la marche au-dessus. Sur les six dernières années on a dû en passer quatre ou cinq en nationale. Maintenant on a des difficultés à se maintenir mais on navigue entre la pré-nationale et la nationale. On a des gens qui sont là depuis plusieurs années, qu’on arrive à fidéliser ce qui permet d’espérer du bon pour l’avenir.

C’est un sport qui attire les filles, ce n’est pas trop bourrin

Sur la question de parité des genres, qu’en est-il au niveau des licenciés au club ?

On est sur un petit 40% de femmes. Le badminton est un sport mixte : on peut jouer en mixte ce qui est aussi une volonté de la fédération de faire des interclubs mixtes où le point d’une femme a autant de valeur que le point d’un homme, il faut la parité dans l’équipe. La parité va aussi se retrouver chez les jeunes, il y a plus de jeunes filles qui viennent s’engager. On essaye de faire augmenter la part de femmes au sein du club, ça fait aussi partie de nos objectifs. Mais c’est un objectif assez ambitieux parce que quand on est à la « fin de l’objectif », les derniers points sont durs à aller chercher. Je m’explique : si on était à 5% avec deux filles, il nous en faudrait seulement deux de plus pour doubler nos chiffres; là ce n’est pas le cas. Il faut aller chercher des féminines, on essaye de leur proposer l’accès à la compétition parce que ça fidélise, on leur propose des soirées entre filles. On fait aussi du « fitminton » qui allie le fitness (avec une raquette) au badminton. C’est un sport qui attire les filles, ce n’est pas trop bourrin.

Vous disiez avoir une section parabadminton, c’est quelque chose de nouveau ou qui a été mis en place il y a déjà quelques temps ?

Ça doit être la 3ème ou 4èmeannée qu’on a lancé ce concept. On essaye de développer l’effectif même si c’est compliqué. Cette année on a environ une demi-douzaine de licenciés en parabad et on va en profiter pour essayer de s’affilier à la fédération handisport pour leur permettre de participer aux compétitions de ces organismes en sachant que certains font déjà du sport en dehors. Ils ne sont pas tous des débutants du sport, seulement des débutants du badminton.

 

Propos recueillis par Océane KRONEK

Crédits photos : Léandre LEBER, Kevin Devigne, Reynald VALLERON

 

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