Ce weekend le « Rugby Tour » faisait escale à Amiens, première des six villes étapes à recevoir cette manifestation. Des ateliers, entraînements, rencontres ont jalonné ces deux jours. D’anciens joueurs étaient là comme Yann Delaigue  et Raphael Poulain. Raphael Poulain est un Picard ! Né à Amiens en 1980, puis formé à Beauvais, il devient un joueur pro de Rugby. Il est repéré lors d’un tournoi en Belgique à 17 ans.  Il signera son contrat quelques semaines plus tard avec le Stade Français.  Il garde encore le souvenir de derbys entre Beauvais et Amiens qui étaient « compliqués».

Son parcours a pris un tournant vers 2005 par une formation de comédien puis en créant des conférences autour des valeurs du sport et de l’entreprise…  Selon Raphael, il faudrait passer par une hiérarchie de compétence et non de pouvoir, ou chacun apporte sa pierre et emmené par un leader pour construire et fédérer un groupe. « Pour mon cas, j’ai été un leader dans la connerie, mais j’ai une bonne aura, avec un profil d’entrepreneur et  j’ai fait une introspection de 5 ans».

« J’apporte mes compétences vers les autres.  Les passages égoïstes sont nécessaires pour s’ouvrir et partager. Il faut que chacun puisse penser de lui-même.  Je vais réaliser un documentaire sur les centres de formations du rugby « Les héros meurent jeunes». Ce documentaire montrera la réalité, de la formation au milieu pro, l’écart et les désillusions de ces centaines de jeunes aux rêves plein la tête.

« La société nous apprend à croire en nos parents, en nos professeurs, Mais qui nous apprend à croire en nous ? Il faut devenir son propre héros pour créer cette confiance en soi. Il faut que le héros s’humanise.  J’ai appris à croire en moi,  et je suis passé du « je » au « nous ».

« Nous devons apprendre à vivre ensemble, et ma conférence est une storytelling. Je suis très ouvert d’esprit et la rencontre de philosophes, amoureuse, le recul sur mon expérience m’ont permis de m’équilibrer. Mais il faut aussi reconnaître sa part d’ombre, de la comprendre et de l’accepter. »

Et à ma dernière question pour conclure l’interview : « Qu’est-ce qui serait  beau demain ? »

Raphael me répondit avec un grand sourire et un regard vrai : «Ce qui serait beau demain ? C’est aujourd’hui !»

Etre présent au présent est son avenir, il a su regarder derrière pour construire demain, alors il vit ce jour « amiènois » et partage sa passion avec conviction auprès des enfants.

Léandre Leber

Yann Delaigue face à ses titres gravés sur le bouclier de Brénus, entouré de Guillaume Duflot et Raphael Poulain.

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