Une belle soirée de football et de mise à l’honneur des visages du district de la Somme a permis d’échanger avec Pascal Tranquille, président du District de la Somme de Football. L’occasion d’évoquer l’Amiens SC, le district, la trêve ou encore le cas du FC Porto Portugais d’Amiens.
48 heures avant la relégation officielle de l’Amiens SC en L3, se déroulait dans la Bodega au stade du Crédit Agricole, la soirée des bénévoles du district de la Somme de football. Chaque club du district avait reçu deux invitations et ce sont environ deux cents personnes qui ont passé une belle soirée. Nous en avons profité pour interroger le président du district, Pascal Tranquille qui ne s’est pas dérobé à l’occasion de cette 4ème soirée des bénévoles organisée par le district de la Somme de football. Des bénévoles qu’il définit comme « des gens qui sont dans l’ombre, et qui malheureusement parfois, travaillent avec des bouts de ficelle. C’est une manière de les mettre en lumière ». A cette occasion, « convivialité » était le maître mot de la soirée avec un président qui espérait que « cette soirée des bénévoles soit une bulle de bonheur pour certains »
Pascal, quel est votre sentiment sur la situation de l’Amiens SC ?
Bien évidemment nous ne sommes pas du tout satisfaits de la situation, mais malheureusement, c’est la vie d’un club avec des hauts et des bas. Maintenant la question est de savoir comment l’écosystème de l’ASC va réagir ? En se réorganisant, et on le voit avec l’arrivée d’un nouveau directeur sportif, il faut souhaiter qu’un nouveau cycle va être lancé et qu’il permette au club de revenir au plus haut niveau, et le plus rapidement en L2. Il y a deux scénarios possibles : Amiens va faire l’ascenseur, ce qu’on peut souhaiter, et rebondir en L2, soit malheureusement Amiens va s’installer durablement en Ligue 3. Il faut travailler avec le centre de formation, et espérer que le directeur sportif travaille avec le coach. Il faudra aussi accorder la priorité à des joueurs régionaux, c’est une évidence, et ensuite aller chercher les talents que nous n’avons pas dans notre région. Reconstruire l’équipe, c’est peut-être une opportunité, mais la jeunesse et la naïveté de l’équipe ont fait que les choses ne se sont pas passées comme nous aurions pu l’imaginer.
Comment se porte le district de la Somme ?
Nous avons entre 150 et 155 clubs et pour la troisième année consécutive, nous avons plus de 24 000 licenciés. Ce n’est toutefois pas le record car l’an dernier nous avions dépassé les 25 000. Cette perte se remarque surtout chez les jeunes. Il n’y a pas qu’en football car chez les jeunes, plusieurs fédérations ont perdu des licenciés. On a eu l’effet post-JO un an après. Nous avons peut-être un atout avec la prochaine Coupe du Monde et on peut espérer qu’un très bon parcours de l’équipe de France va continuer de faire du football une discipline attractive. Là où le bât blesse chez nous, c’est qu’il faut que nous ayons les infrastructures et l’encadrement nécessaires à l’accueil des plus jeunes.
Certains clubs vous reprochent de faire une trêve hivernale trop longue ?
Ils ont sans doute raison, mais qu’ils me trouvent une solution pour empêcher la pluie de tomber l’hiver. Moi je suis preneur, mais cela n’existe pas. Nous manquons de terrains synthétiques pour développer une pratique régulière du football. Les intempéries ont aussi des répercussions car, au niveau routier, il arrive qu’on ne puisse se déplacer et ce n’est pas prudent de demander à des gens de faire des kilomètres pour aller taper dans un ballon et il y a aussi le coût du carburant. Nous voulons aussi donner des alternatives avec le futsal associé, mais il faut aussi que les clubs réfléchissent au problème. On ne peut donc pas nous faire porter le chapeau alors qu’on sait qu’on ne peut pas jouer. Il faut aussi comprendre que de plus en plus les joueurs sont des consommateurs : ils veulent pratiquer mais pas s’entrainer alors que les deux sont indissociables. Il faut alors faire une pratique loisir et je suis un adepte. Et j’ajoute que si nous faisons une trêve plus courte, il faut savoir que des matches se joueront et d’autres pas et de ce fait on constatera que certaines équipes jouent en connaissant le résultat de leurs adversaires.
Votre avis sur le déplacement des finales des coupes de la Somme ?
Nous aurions aimé que l’Amiens SC nous accueille, mais je m’en suis entretenu avec le président Stéphane Dambreville. Compte tenu du contexte sportif, je comprends très bien le déplacement de ces finales d’Amiens à Abbeville.
Un mot sur le cas Porto très sévèrement pénalisé ?
Il y a deux manières d’arriver à un bon niveau dans le football. Il y a une manière rapide si on se donne les moyens, mais c’est risqué. Les arcanes du football ont besoin d’être prises, comprises et maîtrisées. Je ne sais pas si c’est le cas de Porto, mais je note que ce club a fait un très beau parcours sportif mais qu’il est rattrapé par l’administratif. La seule voie dans le football est celle de se structurer et de former. C’est plus long et c’est plus sûr. Dans le passé, nous avons connu l’ascension de Chambly, qui avait l’appui de dirigeants compétents, et je pense à Jean Michell Rouet, mais aussi soutenu par les collectivités. Aujourd’hui ce n’est plus le cas car les collectivités ont d’autres priorités et je dois le dire, le football n’est pas la priorité…
Propos recueillis par Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archives)

