Après une rencontre spectaculaire mais pas toujours maîtrisée, les Green Falcons ont fini par s’en sortir face aux Alchimistes de Bourges grâce à une attaque très efficace. Avec ce succès, Pont-de-Metz a presque validé son maintien et sa place en play-offs, au grand soulagement de tout un club.
Face aux Alchimistes de Bourges, derniers avec une victoire au compteur cette saison, l’erreur n’était pas permise pour les Green Falcons. Pourtant, ils démarraient de la plus mauvaise des manières la rencontre avec deux buts encaissés, tous deux plutôt chanceux selon Antoine Demaret, entraîneur de Pont-de-Metz, qui n’avait malgré tout pas apprécié l’entrée en matière de ses joueurs : « On est mené alors qu’on le savait, j’avais prévenu. Cette équipe n’avait plus rien à jouer, ils jouaient libérés. C’était typiquement le genre de début de match qu’on n’aurait pas voulu faire, mais on l’a fait. » Il fallait attendre le temps mort posé au quart d’heure de jeu pour voir les pensionnaires de la Roller Arena montrer un tout autre visage : « C’est Mathéo (Candellier) qui a parlé, confie Bryan Sautereau, auteur de deux buts sur cette rencontre. C’était par rapport à notre sortie de zone qu’on ne maîtrisait pas trop. Bourges faisait un carré et au final, on n’arrivait pas à bien l’appréhender. Il fallait juste faire des choses plus simples et mettre un gars devant la cage. Et au final, c’est ce qui a fait la différence. On a commencé à shooter et mettre du trafic devant. »
Résultat, les Messipontins inscrivaient quatre buts en huit minutes, leur permettant de passer devant à la pause : « On les met un peu KO. C’est ce que j’aurais voulu faire au début. On le fait en fin de première, mi-temps. Les quatre buts en fin de première période nous font du bien« , confirme le technicien samarien qui n’a cependant pas apprécié le retour des vestiaires et ce but concédé d’entrée : « Sur certains matchs plus serrés, ça peut être chiant (sic) de reprendre un but directement après la mi-temps. » Mais désormais sûrs de leurs forces offensives, les locaux marquaient à six reprises dans les minutes qui suivaient, scellant l’issue de la partie à dix minutes du terme de la partie. Mais les derniers instants ne furent pas non plus au goût d’Antoine Demaret, qui voyait ses hommes encaisser trois buts à cause d’un relâchement coupable : « Je pense qu’à 10-4, dans nos têtes, c’était fait. On ne joue plus en équipe, on joue chacun pour sa poire. Ça se paye, on prend des buts plus un ou deux poteaux. Ça aurait pu revenir très vite. Ça aurait fait quand même plaisir de rester sur un match à 3-4 buts. C’est agaçant, ne serait-ce que pour Alexis (Gosselin). On l’abandonne un peu. La fin de match, on va l’oublier. »
Il faudrait un petit miracle pour qu’Angers nous passe devant.
Antoine Demaret, entraîneur des Green Falcons
Malgré tout, le technicien samarien établissait un bilan global satisfaisant de cette rencontre. « Excepté les 10 premières minutes et les 10 dernières, on va dire qu’on a fait un 3/4 de match positif », résume-t-il. Surtout, le succès de son équipe permet à celle-ci de garantir ou presque son maintien en Élite car elle dispose désormais de 6 points d’avance sur l’actuel barragiste, Angers, alors qu’il en reste 9 à distribuer. « Bourges, il fallait un miracle pour qu’ils se sauvent. Là, il faudrait un petit miracle aussi pour qu’Angers nous passe devant. Ils jouent Vierzon et Villeneuve qui vont se battre pour la première place jusqu’au bout. S’ils reprennent six points sur les trois derniers matchs, ça serait étonnant« , lance avec confiance Antoine Demaret qui se permet même de regarder vers le haut et en direction des play-offs. « Si on gagne encore des points, on peut rattraper Caen. On revient à quatre points, on ne sait jamais. Une place de plus en fin de classement, ça donne des play-offs un peu plus faciles, entre guillemets, parce qu’on sait que Vierzon et Villeneuve, c’est quasiment injouable. Si on pouvait jouer Rethel, on serait contents. » Avant de retrouver la prudence qui est souvent de mise chez les entraîneurs : « On va attendre d’être maintenus officiellement. Il nous reste encore une petite marche à franchir mais dans nos têtes, on a fait un bon pas. »
Bryan Sautereau, un renfort au profil atypique
Élément essentiel des Greens dans la construction de leur succès de samedi, Bryan Sautereau présente un CV un peu particulier. À l’instar de Guillaume Roussel, joueur des Gothiques, il est avant tout un joueur de glace. Formé à Nantes, passé par la Ligue Magnus lors de la saison 2023-2024 sous les couleurs de Nice, le joueur de 26 ans avait débuté sa saison avec Dunkerque avant de voir son contrat rompu durant l’automne, d’où une première présence à la Roller Arena face à Anglet, en décembre dernier. Depuis, il a rejoint Neuilly-sur-Marne mais, la saison étant achevée, a de nouveau troqué ses patins pour les rollers. « On s’était mis d’accord avec Antoine (Demaret), Mathéo (Candellier) et Valentin (Demaret) pendant l’été. Ce n’était pas trop loin et j’en avais déjà fait ça une année quand je jouais à Nantes, je jouais avec Angers », confie-t-il. C’est d’ailleurs lors de cette année à Angers qu’il a rencontré Mathéo Candellier, alors joueur des Hawks, avec qui il est ami depuis.

Une vraie particularité chez Bryan Sautereau, c’est qu’au contraire de nombreux joueurs qui, une fois leur carrière de glace terminée, se dirigent vers le roller, lui a fait le chemin inverse : « La glace, j’ai commencé ça tard, j’ai commencé par le roller. Du coup, [venir à Pont-de-Metz], c’était une évidence, j’ai dit oui directement. Dès que j’ai la possibilité dans un club de jouer au roller, j’essaye de le faire à chaque fois. » Il lui reste désormais trois matchs à disputer avec le club picard pour tenter de faire valoir son statut de porte-bonheur (ses deux présences ont donné lieu à deux victoires) avant de laisser ses coéquipiers pour les play-offs, n’ayant pas disputé assez de rencontres de phase régulière pour y participer : « Je vais me donner à fond avec Pont-de-Metz pour essayer de faire le meilleur classement possible. Et comme ça, après, eux, ils pourront aller plus haut. » Toujours plus haut et peut-être toujours plus forts, les Green Falcons ne sont surtout plus très loin de prouver que leur montée en Élite n’était pas qu’un feu de paille mais bien la confirmation de la naissance d’une nouvelle flamme dans roller hockey français.
Simon Vasseur
Crédit photo : Eva Daubenton – Gazettesports.fr

