Justin Bergeron est de loin le joueur des Gothiques d’Amiens qui cadre le plus de tirs depuis le début de l’année. L’apport offensif du défenseur de 25 ans est indispensable dans une équipe qui a trop souvent manqué d’apporter le danger aux abords du but adverse.
« On se doit d’améliorer nos prises de décision et notre exécution dans les deux prochains matchs pour pouvoir performer en play-offs. Que ce soit en sortie de zone ou devant la cage. Il faut qu’on lance plus de palets devant la cage », répétait encore Kevin Bergin ce mardi après la séance d’entraînement à laquelle Kieran Craig n’a pas participé par précaution. L’entraîneur amiénois a souvent insisté sur le manque de prise de risque de ses joueurs dans le camp adverse cette saison et le martelait encore dimanche soir après la victoire étriquée en prolongation contre Marseille (2-1). Sur l’ensemble des douze équipes de Ligue Magnus, Amiens est la 11e au classement des formations qui tentent le plus leur chance avec 1200 tirs cadrés (8,92 % d’efficacité). À titre de comparaison, Grenoble est maître dans ce domaine avec 1494 tentatives (12,47 %), Briançon et Nice sont respectivement 5e avec 1430 tirs et 7e avec 1308.
Sur ces 1200 tirs cadrés depuis le début de la saison, 107 ont trouvé le chemin des filets. Paradoxalement, celui qui en effectue le plus est Justin Bergeron avec 128 tentatives en 40 matchs. C’est déjà plus que l’an passé pour le défenseur de 25 ans qui avait terminé l’exercice 2024-2025 avec 120 tirs cadrés avec le même nombre de matchs. « C’est son job d’amener des palets au filet, de créer des rebonds, de lancer le palet pour que les autres puissent les dévier. C’est sûr qu’on aime ce qu’il apporte. On aime que les défenseurs marquent des buts« , souligne Kevin Bergin. Le numéro 4, qui en est à sa troisième saison avec les Gothiques, continue d’imprimer son style. Étincelant lors de sa première année en Ligue Magnus, le Québécois, arrivé en provenance des Trois-Rivières en 2023, a été moins décisif la saison dernière avant de retrouver ses standards sous les ordres de Kevin Bergin, qui l’avait nommé assistant capitaine avant le début du championnat.
Une polyvalence au service du collectif

L’artificier a souri quand il a appris qu’il était celui qui tentait le plus sa chance sur la glace. Pas forcément friand des statistiques, il a été surpris d’apprendre qu’il devançait assez nettement son dauphin dans ce domaine, à savoir Sean Richards, auteur de 91 tirs cadrés, soit 37 de moins que lui. Il n’était en revanche pas étonné du nombre. « J’ai tout le temps eu tendance à porter des palets au filet. Je ne suis pas le plus grand lanceur, mais j’aime ça. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver en le faisant. Je pense qu’on n’a pas assez cette mentalité et je crois que c’est à travailler. Quand je tente, je viens avec la confiance de mettre le palet au fond des filets », raconte Justin Bergeron. C’est plus ma façon de jouer. En étant défenseur, j’essaie souvent de trouver des lignes de tir. C’est aussi mon travail. Ce ne sont pas souvent des lancers menaçants comme ceux des attaquants, admet le gaucher avec humour. Je veux créer un peu de chaos devant la cage. C’est un aspect de mon jeu que j’essaie de garder au fil des années. »
Quand il faut défendre, couper une passe, bloquer un tir, je suis prêt à me sacrifier.
Justin Bergeron, défenseur des Gothiques d’Amiens
C’est avec son profil de défenseur offensif que Justin Bergeron a gravi les échelons dans le hockey. Son état d’esprit tourné vers le collectif et sa personnalité sur la glace font de lui le genre de joueur que les entraîneurs apprécient avoir dans leur effectif. « Je suis peut-être reconnu pour mon jeu offensif. Je travaille beaucoup plus sur mon côté défensif pour essayer d’être plus complet comme joueur. Mais sans oublier mon côté offensif, mon côté naturel qui a fait en sorte que je me suis rendu ici dans ma carrière. Quand les attaquants travaillent et réussissent à nous monter le palet au-delà de la ligne bleue, notre travail en tant que défenseurs, c’est de les récompenser avec un tir au filet pour créer une opportunité. C’est ce que j’ai appris depuis le début de ma carrière. »

Cette attirance pour le but, le défenseur l’a presque toujours eue. Cette saison, « Bergi », comme il est surnommé par certains de ses coéquipiers, est impliqué directement sur 28 buts, pour 5 réalisations et 23 assistances. Ce qui en fait de lui le troisième meilleur pointeur de l’effectif amiénois derrière le top scorer Kieran Craig (et Bastien Maïa, 11 buts et 21 assistances), qui compte 8 points sur les cinq derniers matchs (4 buts et 4 assistances). S’il apprécie apporter le danger en zone offensive, il n’en oublie pas pour autant sa mission principale. « Le travail numéro un de défenseur, c’est d’empêcher les buts. C’est la règle que mes entraîneurs m’ont apprise dès ma jeunesse. C’est bien beau d’être offensif, mais tu dois d’abord empêcher l’autre équipe de marquer. J’aime avoir la confiance de mes entraîneurs pour faire des jeux offensifs, mais je veux leur rendre dans mon jeu défensif aussi. Quand il faut défendre, couper une passe, bloquer un tir, je suis prêt à me sacrifier. »
Ligue Magnus, 43e journée
Mercredi 4 mars, 20h, patinoire Jean Bouin
Nice (6e, 64 pts) – Amiens (8e, 53 pts)
César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

