C’est une nouvelle édition réussie pour le trail de Saint-Fuscien. Malgré une date décalée, un terrain gras et une météo tout aussi grisâtre que fraîche, les coureurs étaient nombreux à se présenter sur la ligne de départ.
Il ne faisait guère beau et pas beaucoup plus chaud, au matin de ce dimanche 1er février. Mais pas de quoi décourager les quelques 850 participants qui avaient pris leur dossard et ce, malgré une date initiale décalée en raison des mauvaises conditions météo. « On a perdu des personnes, environ 150. On a eu 350 désistements mais on a revendu 200 dossards derrière, précise Christophe Guibon, organisateur de l’événement et membre de l’Amiens UC Athlétisme. C’était compliqué car il y a d’autres courses au calendrier. Il y avait Flesselles aujourd’hui (dimanche) également et d’autres trails assez connus en Normandie qui ont pris du monde, mais on a limité la casse ! Je croise les doigts pour que l’année prochaine, on puisse enfin le faire début janvier », dit-il d’un air amusé, à moins que ce soit un rire jaune. Car d’ordinaire, sa course a lieu en tout début d’année, faisant d’elle la première après les fêtes, ce qui attire nombre de traileurs, lesquels étaient donc 1000 avant le report, ce qui aurait constitué un record. Preuve de l’importance que prend l’épreuve, le sponsoring d’AMP qui s’est engagé pour trois ans. Les fonds débloqués ont permis d’offrir un t-shirt à chaque participant.

Comme chaque année, la course la plus plébiscitée fut la Crapahute de Véronique, d’une distance de 16 km. Ils étaient 450 sur la ligne de départ de ce format, ce dimanche : « Les gens se disent que 8 km, ce n’est pas beaucoup et, souvent, ils aiment bien se lancer des défis sur les trails, donc ils vont sur le 16 km. Le 24 km, c’est pour des traileurs plus aguerris », justifie Christophe Guibon. Sur cette épreuve « reine » d’ailleurs, c’est Alexandre Baril qui s’est imposé chez les hommes en à peine plus d’une heure (1:01:26), bénéficiant d’absences de taille, dont celle de Brahim Bakkou, vainqueur sortant : « Je voulais surtout profiter. Je ne savais pas trop si je pouvais gagner mais il n’y avait pas les têtes d’affiche de l’an dernier qui s’étaient promenées, donc là, tout était possible », commente le pensionnaire de l’Amicale du Val de Somme qui vise les championnats régionaux de cross et un record personnel sur le 10 km cette saison. Chez les dames, au contraire, la favorite était présente et a assumé son statut. Déjà vainqueure l’an passé, avec un temps de 1:10:08, Juliette Thibault a mis cinq minutes de plus (1:15:11) en raison d’un terrain bien moins sec : « C’était très gras, surtout la grande côte à la fin », précise-t-elle. Si elle n’a pas d’objectif précis pour 2026, elle s’en était fixé un sur cette course : « On a toujours le petit espoir de réitérer. J’aime bien cette course, j’aime bien l’ambiance et mon objectif, c’était d’arriver avant 11 heures pour aller voir mes filles qui courent, objectif atteint. »

La Petite Véronique (8 km) a, chez les hommes, sacré Mathis Havard de l’Amiens UC en 0:30:24, lui qui n’avait pas forcément de prétention au départ : « L’objectif, c’était de trainer le copain (arrivé quelques minutes plus tard, ndlr) mais il n’a pas été bien dès le 4e kilomètre. Je suis passé premier et j’ai continué sur ma lancée. » En 2026, celui qui a commencé l’athlétisme l’année dernière vise une montée en puissance progressive et notamment un temps inférieur à 0:15:30 sur le 5 km de Lille. Au contraire, sur l’épreuve féminine de la même distance, la victoire était l’option numéro une pour Alice Canaple (0:36:43) : « J’espérais gagner, donc je suis contente. J’ai tout donné, je ne peux rien regretter. À la base, j’étais inscrite sur le 16 km, mais comme il y a plusieurs échéances qui arrivent (avec le décalage de la date, ndlr), je me suis mise sur le 8 km en espérant aller assez toniquement. » Ses ambitions sont grandes pour les mois à venir : le marathon de Milan, en avril, et le marathon du Mont-Blanc, en juin.

Enfin, sur la Grande Véronique, longue de 24 km, ce sont deux belles histoires qui se sont écrites. Chez les féminines, Camille Marseille a triomphé pour sa première course de la saison et surtout le premier trail de sa vie en 2:08:26 : « Ce sera peut-être le seul, car c’est un peu dur quand même », a-t-elle plaisanté avant d’avouer qu’elle visait le marathon de Paris et surtout le Métis Trail de la Réunion. Ce succès à Saint-Fuscien n’étant en tout cas pas forcément prévu et a été possible grâce… à une autre concurrente : « Je ne visais pas forcément la victoire, mais quand j’ai vu qu’il y avait que 15 femmes, je me suis dit peut-être le podium. J’ai accroché une dame, qui était première, jusqu’au kilomètre 17 et puis je l’ai doublée. Je ne sais pas si elle est arrivée, mais du coup, merci madame !« Chez les messieurs, malgré la distance, c’est un duo composé d’Eddy Gaffé et de Brahim Zouaoui qui s’est présenté en premier sur la ligne d’arrivée après 1:36:27 d’effort : « On se connaît avec les courses du coin. Brahim, je connais un peu son niveau, c’est une machine. Je voulais le suivre comme un lièvre. Je suis en prépa’ marathon et je voulais rester derrière. Il m’a tiré, et à la fin, on a décidé de rester ensemble« , explique le premier cité. « Pour moi, c’est une sortie, c’est festif, surtout que ça glissait beaucoup, je voulais éviter la blessure. Mais si j’accélérais, je pouvais partir », a conclu, sur le ton de l’humour, le second, qui avait, seul cette fois, remporté l’édition 2025. Peut-être visera-t-il le triplé en 2027 ?
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Simon Vasseur
Crédit photo : Alexis Cazeel – Gazettesports.fr

