FOOTBALL – Benoît Sturbois : « Il faut qu’on travaille sur notre rigueur défensive »

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L’entraîneur des Portugais d’Amiens (R2) tire le bilan d’une saison en demi-teinte.

Quel bilan fais-tu de cette saison ?

Ça a été une saison plutôt mitigée. Je préfère quand même qu’elle se soit passée dans ce sens-là, avec un mauvais début avant de terminer sur les chapeaux de roue, ce qui permet de garder une bonne dynamique à l’esprit pour essayer de pouvoir démarrer la saison prochaine du bon pied.

On a mis un peu de temps à trouver notre rythme de croisière parce qu’il a fallu trouver les automatismes, que chacun prenne pleinement conscience du projet de jeu, de ce qu’on attendait d’eux. Il a également fallu trouver de la continuité parce qu’on n’avait jamais réussi à aligner la même équipe au bout de 8 matchs. On n’a pas été épargnés par les blessures, les suspensions, les absences des uns et des autres. Cela explique peut-être en partie le mauvais début de championnat.

On a montré qu’on arrivait à tenir la dragée haute à des équipes supérieures

On a fait un beau parcours en Coupe de France où l’on se fait sortir par une N3 après en avoir éliminé une. C’est le côté positif de la saison. Même en Coupe de la Ligue, on a éliminé Compiègne et Roye. On a montré qu’on arrivait à tenir la dragée haute à des équipes supérieures d’une ou deux divisions. C’est plutôt intéressant de savoir qu’on peut, sur quelques matchs, rivaliser avec ce genre d’équipes.

On a pu tirer les enseignements de ce mauvais début de saison et de cette très bonne deuxième partie de saison pour essayer de gommer ce qu’on n’a pas bien fait et garder ce qu’on a bien fait. On va essayer de garder la majorité de l’effectif pour rester sur une continuité. Je ne cache pas que j’ai pas mal d’ambitions pour la prochaine saison. J’espère que les performances seront à la hauteur des ambitions. Mais on n’annonce rien du tout. On n’arrive pas en terrain conquis, avec des objectifs précis comme la montée. Ça va déjà être de poursuivre la dynamique positive sur laquelle on a terminé la saison et essayer d’être le plus consistant possible dans le contenu pour nous permettre d’avoir des résultats.

Au terme de la saison, on a l’impression paradoxale, vu de l’extérieur, que vous avez marqué beaucoup de buts et que dans le même temps vous avez manqué d’efficacité offensive, comment l’expliques-tu ?

Effectivement, c’est un gros paradoxe. On a été à la fois pas efficace mais on a marqué beaucoup de buts. Ce manque d’efficacité est préjudiciable parce qu’il y a des résultats qu’on n’a pas pu obtenir comme contre Breteuil où l’on aurait largement dû l’emporter. Cela montre que l’on se procure des occasions, cela veut dire qu’on ne marque pas tous les buts qu’on pourrait.

Mais cela amène aussi une réflexion sur le fait que, si on n’est pas capable de gagner en marquant 2 ou 3 buts, c’est que l’on a des carences défensives. Et quand je dis cela, ce ne sont pas que les défenseurs, c’est le bloc équipe. Il y a des choses qui n’ont pas été défensivement.

Si on est capable de mettre deux buts, je suis désolé, tu ne dois pas faire autre chose que gagner. C’est là qu’on doit avoir un équilibre défensif. Alors, oui, si on en met quatre ou cinq et que l’adversaire n’en met que deux, on va gagner le match, sauf qu’il faut qu’on travaille, c’est un axe d’amélioration, sur notre rigueur défensive collective. Même en ratant sept ou huit occasions, quand on met deux buts, le match doit être plié, on ne doit pas se faire peur.

D’ailleurs, les équipes qui finissent en haut du classement, ce sont celles qui ont pris le moins de buts parce que des 1-0, des 2-1, elles prennent. Et nous, malheureusement, on a des matchs où l’on fait 2-2 alors qu’on domine de la tête et des épaules. Et effectivement, on a cette carence offensive, on pourrait se dire qu’on travaille sur l’efficacité offensive pour mettre 6 buts et si on en prend 3, on sera toujours dans le positif.

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Mais je pense que ces manques de finition, on les aura toujours, ça fait partie du monde amateur. On a des joueurs qui font énormément d’efforts, qui œuvrent pour le collectif en se surpassant dans les déplacements, dans les appels, c’est ce qui fait que des fois ils manquent un peu de lucidité devant le but. Je pointerais plus l’aspect défensif collectif sur lequel on doit être beaucoup plus rigoureux. Sur les transitions à la perte du ballon, on est beaucoup trop laxistes, on attend qu’il se passe quelque chose, on est toujours en réaction, on n’anticipe pas les choses. On a un manque à ce niveau et c’est là-dessus qu’il va falloir travailler. Parce que contre Breteuil, si on gagne 2-0, on va dire que c’est une grosse victoire des Portugais, qui auraient pu en mettre plus, mais on n’aurait peut-être même pas parlé de ces carences offensives.

Comment expliques-tu que cela ait été le jour et la nuit en termes de résultats avant et après la trêve ?

Eh bien, déjà, ce changement, il s’est fait en termes de points mais il n’était pas si énorme en termes de contenu. C’est une question de réussite. On a été un peu plus performants sur l’aspect défensif. Je pense qu’il n’y a pas eu de grandes différences, juste un peu plus de maturité du côté défensif. Peut-être qu’on a trouvé un équilibre.

Et puis, on a surfé sur une dynamique. On a marqué quelques buts qui nous ont fait du bien. On a eu un regain de forme sur l’aspect offensif avec l’arrivée de Ryan (Da Veiga, ndlr), les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et puis, on a été un petit peu plus à l’aise sur l’aspect collectif défensif parce que chacun a pris la pleine mesure du travail qu’il avait à faire.

Et tout de suite, on voit une grosse différence sur le plan comptable alors qu’en termes de jeu, on est sur la même lignée. On produit du jeu, on est sur un projet de jeu où l’on veut le ballon. Il n’y a pas eu de grandes modifications dans le contenu, mais il y a eu des petites choses. On est un petit peu plus efficaces offensivement, on est légèrement plus efficace défensivement et grandes conséquences, au classement, cela nous fait faire un bond.

C’est vrai qu’on a l’impression qu’il y a un gros changement, oui sur le plan comptable, c’est clair, il n’y a pas photo, sauf que sur le plan du jeu, il n’y a pas de changement, il n’y a que sur le plan des attitudes, où l’on est un peu plus rigoureux. C’est le football, tout se résume à des détails.

Est-ce qu’on peut mettre aussi ce changement sur la question de la confiance ?

Oui, bien sûr. La confiance et la réussite vont de pair. L’attaquant qui n’est pas en confiance va tirer sur le poteau, juste à côté sur le gardien. S’il est en confiance, il va la mettre au fond. Après, les joueurs ont la confiance du staff, de leurs partenaires. Je pense aussi que ce n’est pas qu’une question de confiance, mais des joueurs comme Camille, Salomon, etc. ils sont peut-être tributaires des nombreux efforts qu’ils peuvent fournir. C’est sûr qu’à un moment, en termes de lucidité, on n’est plus forcément au plus haut.

Après, il y a peut-être aussi le facteur de l’arrivée de Ryan qui amène une dynamique dans le groupe, qui est en pleine confiance qui tire le groupe vers le haut. Les joueurs voient un joueur qui travaille comme travaille Ryan, cela leur donne envie de travailler et de se sublimer. C’est une confiance générale.

Il y a plein de facteurs et je ne vais pas mentir, si on les connaissait tous, on résoudrait les problèmes rapidement.

Il y a plein de facteurs et je ne vais pas mentir, si on les connaissait tous, on résoudrait les problèmes rapidement. Mais ce n’est pas mathématique. On essaie de trouver les leviers, de parler avec les joueurs, de les mettre dans les meilleures dispositions pour qu’ils soient au maximum de leur confiance et au top de leurs possibilités. Mais on sait que d’une saison à l’autre, ça peut ne plus forcément tourner en notre faveur ou bien être une grosse saison. Il y a beaucoup d’aléatoire.

Je n’ai pas de réelle réponse. Toute la saison, on se pose des questions, toute la saison on essaie d’agir pour faciliter la tâche aux joueurs. Mais après, on est dans l’amateurisme, est-ce qu’ils sont bien dans leurs baskets ? Est-ce que le mec n’a pas travaillé toute la semaine, une semaine éprouvante, pour expliquer qu’il ne mette pas un pied devant l’autre ? Est-ce qu’il ne s’est pas disputé avec sa femme et qu’il arrive un peu moins bien ? Est-ce qu’à l’inverse il n’a pas passé une super semaine et arrive reboosté ?


Morgan Chaumier
Crédit photo : Kevin Devigne et Léandre Leber – Gazette Sports