TENNIS DE TABLE – Denis Chatelain : « Tout le monde est revenu, les jeunes et les moins jeunes, et en plus grand nombre »

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L’heure du bilan est arrivée pour le président de l’Amiens STT. Denis Chatelain nous parle de la santé d’une structure qui repart pleinement sans toutefois avoir été réellement mise à l’arrêt lors du Covid.

Lors du dernier bilan établi à la fin de la saison dernière, vous nous parliez du possible « non-retour » des licenciés, qu’en est-il quatre mois après la reprise ?

Ils sont revenus ! Et en plus grand nombre même. On avait déjà vu les prémices parce que les gens étaient tout de suite revenus dès le début, dès que l’on a pu réouvrir. On sentait qu’ils avaient envie de retrouver une activité, de repratiquer, de retrouver les copains… 
On était un peu plus circonspects sur les adultes, mais là aussi ils commencent à revenir tout doucement et le fait que l’on soit un club sérieux qui respecte les règles sanitaires assez consciencieusement, ça aide aussi. On renvoie un environnement assez sécurisant pour les pratiquants puisqu’ils n’ont pas cette appréhension du covid. Finalement tout le monde a envie de se dépenser un peu, de retrouver des connaissances, donc tout le monde est revenu, les jeunes et les moins jeunes, et en plus grand nombre. 

Comment s’explique ce retour massif selon vous ?

Derrière tout ça, il y a aussi l’impact de nos nouveaux entraîneurs qui développent pas mal de collaborations et d’activités en dehors de la compétition. Ça nous ramène de nouveaux adhérents, notamment grâce aux stages multi-activités proposés aux vacances scolaires. Ça permet aux non-pongistes de découvrir le tennis de table et au final ils se disent que « c’est pas si mal » alors ils nous rejoignent. Certains gamins se prennent à la compétition et c’est comme ça que l’on crée des équipes de jeunes. 

C’est quelque chose qui fonctionne vraiment bien, même parmi nos propres adhérents parce qu’on propose des stages très variés, ils ne font pas que du ping-pong puisqu’ils vont aussi au cinéma, au bowling, à la maison de la culture… Tout ça aide aussi à créer une cohésion parmi les jeunes. Pour l’esprit club c’est bien, c’est aussi comme ça que l’on bâtit l’avenir parce qu’il y a des groupes de gamins qui vont bien s’entendre et devenir les futurs pratiquants, les futurs dirigeants du club.

On est de nouveau repartis à 1000%

Denis Chatelain

En a-t-il été de même pour le renouvellement des partenariats ?

Je retourne rencontrer les partenaires un par un. Pendant deux ans je ne suis pas allé les voir pour ne pas réclamer, je trouvais que c’était un peu délicat d’aller les relancer pour une activité que l’on ne pratiquait plus ; on ne pouvait pas les mettre en valeur. Mais on est de nouveau repartis à 1000% donc je retourne les voir. Parfois ça se re-concrétise, parfois non, on en perd et on en gagne de nouveaux, le cycle reprend.

C’est donc une année de rebondissement plus positive que prévu ?

Ce qu’il faut dire, c’est que l’on n’avait jamais vraiment arrêté puisque l’équipe Pro a continué même à huis clos. En fait on a toujours gardé notre organisation, c’est vrai que maintenant on se retrouve avec un peu plus de choses sur le dos, mais on ne s’est jamais complètement arrêtés, on a toujours été en activité. Ce n’est pas comme quand on arrête totalement pendant deux ans et que l’on doit repartir de zéro. C’est comme ça que je l’ai ressenti personnellement, mais pour moi c’est reparti un peu plus fort notamment parce qu’il n’y a jamais eu d’absence totale d’activité.

Nous avions également parlé des projets de développement du sport handicap et du sport-santé, quelle en est l’évolution ?

Toujours grâce à nos entraîneurs, on crée des collaborations nouvelles avec notamment France Alzheimer dans le cadre du sport-santé. On a repris les collaborations qui s’étaient arrêtées à cause du covid avec le DISSPO, le service oncologie du CHU. On a aussi rencontré Stein pour faire la même chose avec eux donc il faudra voir si ça se concrétise.
Ça c’était pour le versant sport-santé, mais il y a aussi Gauthier Leroy qui encadre deux fois par semaine le groupe handisport. Il a pu recréer un petit noyau de pratiquants qui reviennent également. Il développe aussi pas mal de collaborations avec les centres sociaux.

On est premiers ex-æquo avec Thorigné !

Denis Chatelain

Le club repart donc de plus belle. Après six rencontres, le bilan est-il aussi positif pour l’équipe de Pro B ?

L’an dernier on avait occupé la première place comme des escrocs parce qu’il y avait eu plein de matchs retardés. De ce fait, on s’était longtemps retrouvés premiers, mais c’était assez peu factuel. Alors que là, tout le monde a le même nombre de matchs et on est premiers ex-æquo avec Thorigné !

Beaucoup de vos matchs se déroulent en semaine cette saison, pensez-vous que cela a un impact sur la notoriété de votre discipline ?

On pourrait écrire des bouquins sur l’organisation du championnat par la FFTT puisque, au lieu de finir notre première phase à la fin de l’année, il nous reste un match début janvier… Ça ne ressemble à rien, on pouvait finir la première partie en décembre, mais c’est comme ça tous les ans. Chaque année ils reprennent le même calendrier, mais il y aurait aussi beaucoup de choses à dire sur les jours et horaires que l’on nous impose : jouer les mardis à 19h30, c’est débile (sic). Pour le match reporté contre Istres, il a fallu s’arranger avec eux, mais on a pu jouer à la date que l’on voulait : on a donc joué plus tôt, et comme c’était les vacances, on a vu dans la salle qu’il y avait une énorme affluence. Ça pourrait être comme ça à chaque match, c’est dommage… Les jours idéals seraient sûrement le vendredi soir, le samedi après-midi ou le dimanche à 15h.

Le problème étant aussi que les weekends il y a toujours plein de compétitions individuelles voire des championnats départementaux, régionaux ou nationaux, ça nous amène donc à un problème de place puisqu’on a beaucoup d’équipes qui jouent au même moment, on ne peut pas mettre tout le monde dans la salle. De plus, le public du ping-pong est un public de pratiquants, et s’ils sont dispersés sur d’autres compétitions, finalement ils ne viennent pas non plus nous voir. Quitte à choisir, en semaine il faudrait jouer le vendredi soir parce que même ceux qui jouent le weekend pourraient venir. Personnellement je préfèrerais vraiment le dimanche après-midi, mais la fédé a décidé que ça serait le mardi à 19h…. Ce ne sont pas eux qui jouent parce que quand on joue à cette heure, on finit facilement vers 23h30-minuit. Des fois, il faut que l’on reprenne la route juste derrière pour rentrer, mais arriver à un certain âge, ça devient dangereux de rouler autant dans ces conditions. Donc on reprend une nuit à l’hôtel pour repartir le lendemain, mais ça a aussi un coût et la fédé ne se rend pas compte que beaucoup d’hôtels font certes des tarifs pour les sportifs, mais généralement que sur les weekends, pas en semaine.




Propos recueillis par Océane Kronek

Crédits photo : Léandre Leber – Gazettesports.fr