AMIENS SC – Mickael Alphonse : « Il y a des joueurs qui ne sont pas encore prêts à jouer à ce niveau »

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L’expérimenté arrière-droit de l’Amiens SC, Mickael Alphonse, s’est exprimé en conférence de presse, il revient sur ce qui a manqué à cette jeune équipe (moyenne d’âge 23,9 ans) pour réussir son entame de saison.

Un recrutement indispensable

« Je pense qu’il y a pour certains un problème de niveau. C’est ce qui nous fait défaut sur ce début de saison. On a alterné entre le manque d’expérience et les grosses erreurs, il y a des joueurs qui ne sont pas encore prêts à jouer à ce niveau. On va essayer de travailler là-dessus et il y a des joueurs qui vont arriver. D’un côté, il va falloir apprendre vite mais il va aussi falloir que des recrues arrivent vite, c’est indispensable. Sans l’aide de renforts ce sera compliqué.

On a un club plutôt en bonne santé, on doit avoir une équipe qui reflète ça. Pour l’instant ce n’est pas le cas. Je n’ai aucun doute sur le fait que les choses vont changer rapidement. »

Une équipe qui manque d’expérience

« Si vous regardez, l’année dernière, notre charnière c’est Opoku-Wagué, une charnière de Ligue 1. C’est les fondations de la maison et l’an dernier on avait l’une des meilleurs défenses. Sur le terrain, avec Régis Gurtner, je suis un peu seul à avoir vécu des choses. Quand je suis avec Opoku-Wague, ce n’est pas la même chose. On a peut-être un peu parié sur le fait qu’on avait ce qu’il fallait. Maintenant, on n’a plus de temps à perdre.

Le problème c’est que l’on a pas un jeune et un vieux, c’est un jeune et un plus jeune. Donc même pour eux, ce n’est pas facile. Si je suis moins bien, il n’y a personne pour me parler. L’expérience des joueurs qu’on a fait que si tout va bien, on a la capacité d’y rester, mais si tout ne va pas tout de suite bien, qu’est-ce qu’ils ont vécu pour inverser la tendance ?

Le terrain, le vestiaire, c’est très calme, ils sont un peu sur la pointe des pieds. Il faut des mecs pour les accompagner et on n’est pas assez pour le faire, parce que la balance est inversée, normalement eux devraient être à ma « place » et nous à la leur. On est peu d’anciens.

Ce n’est que le début, mais c’est du temps perdu. Il y a de la naïveté. Il faut sortir du côté scolaire, il faut comprendre vers quoi on veut aller. Une consigne précise, c’est dans le but de préparer un match, pas juste pour faire un exercice. On n’a pas encore assez de joueurs lucides sur le niveau d’exigence. Cela manque aussi de dépassement de fonction. Ce n’est pas parce que je suis jeune que je n’ai pas le droit de parler, de replacer, d’appeler un joueur. Une fois qu’on est sur le terrain, il n’y a plus d’âge. Là on ressent trop l’âge. »

Se recentrer sur le collectif et changer d’état d’esprit

« Il faut qu’on devienne un groupe, ça passe par de la maturité. Maintenant, on est ensemble, soyons ensemble, arrêtons de faire les petits garçons. Je ne peux pas accepter de voir des joueurs aussi forts à l’entraînement et avec un tel écart en match. La jeunesse y est pour quelque chose, à l’entraînement on se dit qu’il faut être le meilleur joueur du monde, mais on oublie de se dire qu’il faut l’être aussi le jour du match.

Admettons qu’on n’ait pas de recrues, si on montre autre chose dans l’approche du match, ça ira mieux. Pour le moment, on n’a pris que des buts ridicules.

On veut avoir un jeu offensif plus séduisant que l’année dernière, ça amène des déséquilibres mais l’année dernière, on avait des déséquilibres et on n’était pas baladé comme maintenant. Là dès qu’on perd le ballon, il y a occasion de but.

A la perte, il y a un comportement à avoir, même devant. Il doit y avoir des patrons qui aboient quand certains trainent la patte, mais pour l’instant ce sont des chatons. »

Sur le dernier match

« Contre Quevilly, ce n’était pas seulement une question d’âge, mais de réflexion, de QI foot. Il manquait tellement de choses ! Il faut regarder ce qu’on a fait de mal pour pouvoir changer les choses.

Ce qui frustre, ce qui vexe, c’est qu’on fait de belles entames et qu’on s’écroule. Après Quevilly, j’étais malheureux, si on ne fait pas mieux que ça, il faut s’inquiéter. Il faut faire plus.

A ce niveau-là, les noms, ça ne fait pas le travail. Ce n’est pas tant ramener des mecs avec des noms, mais des mecs qui ont les crocs. Si on réagit vite, ce n’est pas trop tard pour faire une bonne saison. »


Propos recueillis par Morgan Chaumier. Avec Julien Benesteau.

Crédit photo Leandre Leber Gazettesports.fr