VOILE : Mini-galères avant la Mini Transat pour Victor Eonnet

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Victor Eonnet a accumulé les petits ennuis à bord d’Amiens Naturellement, en remontant le golfe de Gascogne, pour la 2ème et dernière étape de la Puru Challenge Race. Il lui reste un bon mois et demi pour remettre en état son voilier avant la Mini Transat.

Il était plein d’espoirs à l’issue de la 1ère étape de la Puru Challenge Race, au Pays basque, ponctuée par la 5ème place de la catégorie Vintage, mais Victor Eonnet a vite déchanté en s’élançant pour la 2ème et ultime étape de l’ex-Transgascogne. « Déjà, on est parti, il n’y avait pas de vent… » explique le skipper amiénois, même s’il est conscient que la météo était identique pour les 69 concurrents qui avaient levé l’ancre mardi midi de Getxo, au nord de Bilbao. Mais si la flotte a ensuite trouvé, en progressant vers la Vendée, des conditions plus favorables, la situation du navigateur samarien, elle, ne s’est pas améliorée…

Une bourde avec sa gourde

« Pour moi, cette 2ème étape a été un sacerdoce du début à la fin », concède Victor Eonnet à l’heure de dresser le bilan de sa dernière course de préparation avant la Mini Transat (*). Maladresse ou malchance ? Il est vrai que le skipper d’Amiens Naturellement – Fondation Arthritis a eu son lot de mésaventures au cours des 34 heures et 45 minutes nécessaires pour lui permettre d’atteindre Port-Bourgenay (Vendée). « La dernière gourde métallique que j’ai achetée, je l’avais posée à côté du compas. Avant de me rendre compte qu’elle faussait les données du pilote automatique ! »

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Cette deuxième étape de la Puru Challenge n’aura pas été de tout repos pour Victor Eonnet

Sur un siège… éjecté !

Victor Eonnet n’a décidément pas été verni avec son pilote automatique… « Il contrôle les safrans et il a eu des soucis d’étanchéité. » Concrètement, le navigateur a alors dû écoper. Une galère pouvant en cacher une autre, la télécommande de ce même pilote automatique a cessé de fonctionner : « les piles étaient usées. Elles tiennent quatre ans et il a fallu que ça se produise là, en course… Mais mieux valait que cela arrive cette fois que lors de la Mini Transat » relativise un Victor Eonnet pas au bout de ses peines car il s’est aussi retrouvé sur un siège…éjecté !

Démotivé

« Mon bateau a contre-gîté, il s’est couché et le siège où je m’assieds à la barre, s’est décroché. Il est carrément parti à la mer… Moi qui fais très attention à tous mes déchets, à ne rien jeter par dessus bord, j’étais dégoûté, l’océan est déjà tellement pollué«  raconte, la voix fatiguée, celui dont le Pogo 2 a été mis à l’eau pour la première fois en 2004. « Bref, avec tout ça, j’ai eu du mal à retrouver la motivation… »

J’aurais pu faire mieux…

On comprend que Victor Eonnet n’a hélas pas eu l’occasion, au cours de cette 2ème étape, d’accomplir ce qu’il voulait, en plus de valider ses préparatifs pour la Mini-Transat : disputer vraiment la course. Il a bien essayé de faire contre mauvaise fortune (de mer) bon cœur. « Mais je n’étais plus trop dedans. J’aurais pu faire mieux… » reconnaît-il, même si la remontée de Bilbao jusqu’aux Pays de la Loire a été, somme toute, rapide. Le vainqueur, le Nordiste Pierre Le Roy avec son prototype TeamWork a mis à peine plus de 24 heures quand Victor Eonnet a eu besoin de moins de 36 heures.

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L’Amiénois se classe finalement 58ème (au scratch) de cette seconde manche

Qualifié à temps pour la Mini Transat

En prenant un peu de recul, le jeune marin picard est satisfait au moins d’une chose : « avoir réussi tôt les parcours de qualifications indispensables pour être au départ de la Mini Transat. J’ai bien fait de m’y mettre il y a trois ans car ils sont nombreux à n’avoir pas pu les réaliser à temps, retardés par le Covid et les confinements » indique Victor Eonnet. Ce qui explique que la liste d’attente est incroyablement longue : ils sont 42 skippers à croiser les doigts pour espérer participer. « Vous vous rendez compte ? Cela représente 50% de concurrents en plus qui attendent ! » calcule l’Amiénois, qui, lui, fait partie des 84 navigateurs assurés d’être au départ.

Rendez-vous le 26 septembre

Et d’ici là ? « J’ai dix jours de boulot sur le bateau, détaille Victor Eonnet. Revoir l’étanchéité entre le pilote automatique et le safran. Réparer le hale-bas, qui relie la bôme au pied de mât. Et aussi le génois (NDLR : voile avant), qui s’est déchiré je ne comprends pas comment. Repeindre aussi en fluo la quille, ce qui est un point de sécurité indispensable pour être vu du ciel au cas où le bateau se retourne. » Et ensuite, il sera temps de rejoindre Les Sables d’Olonne, de préparer méticuleusement ses rations alimentaires pour sa première traversée de l’Atlantique. Les organisateurs de la Mini Transat évaluent à trois semaines la durée de la course. Il reste sept semaines pour que Victor Eonnet et son voilier Amiens Naturellement se remettent en ordre de bataille !

(*) : le départ de la 23ème Mini Transat en solitaire sera donné des Sables d’Olonne (Vendée) dimanche 26 septembre. Direction St François (Guadeloupe) via une escale à Santa Cruz de La Palma (Canaries). Soit 4050 milles marins (7500 km)

Classement scratch de la 2ème étape de la Puru Challenge Race (245 milles) :
1. Pierre Le Roy (FRA – TeamWork – Proto) en 1 jour 53 min et 20 sec
2. Claire Montecot et Guillaume Quilfen (FRA – Clair’Ocean Sailing (Series double) à 56 min
3. Alberto Riva (ITA – EdiliziaAcrobatica – Series Solo) à 1h10 min
4. Amaury Guérin et Arthur Penet (FRA – Team Vendée Formation – Series double) à 1h14 min
5. Jean Marre (FRA – Sports dans la Ville-Time for the Planet – Serie maxi 650) à 1h15 min
6. Fabio Muzzolini (FRA – Tartine cherche du Beurre – Proto) à 1h25 min
….
10. Brieuc Lebec (FRA – VeloTrade – Pogo 3) à 1h48 min
….
14. Irina Gracheva (RUS – Path – Proto) à 2h02 min
….
49. Djemila Tassin (ESP-BEL – Kaïros – Pogo 2) à 7h35 min
…..
58. Victor Eonnet (FRA – Amiens Naturellement-Fondation Arthritis – Pogo 2) à 9h52 min
59. Anne-Gaël Gourdin (FRA – IndustriELLES – Pogo 2) à 10h02 min
etc.
67 concurrents classés

Classement général final :
Prototypes solo : 1. Pierre Le Roy (FRA – TeamWork) en 3 jours 6 h 11 min
                    2. Fabio Muzzolini (FRA – Tartine cherche du Beurre) en 3 j 8 h 42 min
                    3. Irina Gracheva (RUS – Path) en 3 j 11 h 56 min
Série solo : 1. Alberto Riva (ITA – EdiliziaAcrobatica) en 3 jours 12 h 1 min
                   2. Romain Le Gall (FRA – Les Optimistes-Tribord) en 3 j 14 h 33 min
                   3. Anne-Claire Le Berre (FRA – Millenium) en 3 j 14 h 50 min
                   4. Jean Marre (FRA – Sports dans la Ville-Time for the Planet) en 3 j 14 h 51 min 5 sec
                   5. Brieuc Lebec (FRA – VeloTrade) en 3 j 15 h 24 min
                  …
                  29. Djemila Tassin (BEL-ESP – Kaïros) en 4 j 2 h 4 min
                  …
                  32. Massimo Vatteroni (ITA – Kabak!) en 4 j 3 h 45 min
                  …
                  35. Markus Burkhardt (SUI – Zoe4Life) en 4 j 4h 45 min
36. Victor Eonnet (FRA – Amiens Naturellement-Fondation Arthritis) en 4 j 5 h 32 min
                  … 
                  38. Anne-Gaël Gourdin (FRA – IndustriELLES) en 4 j 6 h 34 min
                  etc.
Proto double : 1. Marie Gendron et Geoffrey Morel (FRA – Cassiopée) en 3 jours 14 h 51 min 12 sec
Série double : 1. Amaury Guérin et Arthur Penet (FRA – Team Vendée Formation) en 3 jours 15 h 21 min
                        2. Claire Montecot et Guillaume Quilfen (FRA – Clair’Océan Sailing) en 3 j 18 h 51 min

Vincent Delorme
Crédit photo Thomas Deregnieaux / Puru Challenge Race