OMNISPORTS : Helsinki en 1952, les plus beaux Jeux Olympiques

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Ⓒ La finale du 5000m avec le Tchèque Emil Zatopek qui précède Alain Mimoun.
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Il est de coutume et ce, depuis pas mal d’années de souligner que les Jeux Olympiques de 1952 à Helsinki ont été les plus beaux de toute l’histoire.

Nous sommes quelques années après la guerre et on assiste à une irrésistible envie de la jeunesse du monde entier de découvrir le monde. De plus, ces Jeux d’Helsinki incarnent le monde de la Simplicité et de la Fraternité car celui de l’Argent n’a pas encore fait son apparition. La télévision n’a pas encore l’importance d’aujourd’hui et la presse écrite (sans oublier la radio) commente cet évènement universel. Le Miroir des Sports n’hésite pas à proclamer ces Jeux comme étant le rendez-vous de la jeunesse du monde. Ce n’est pas encore le gigantisme puisque dans l’immense Stadion d’Helsinki, seulement 70 nations sont représentées avec 5870 athlètes et bien sûr une grosse majorité d’hommes 5297 contre seulement 573 femmes.

Le rituel est le même qu’aujourd’hui. Chaque délégation défile par ordre alphabétique avec en premier la Grèce pays dans lequel les Jeux ont fait leur apparition et en dernier la Finlande pays organisateur. Sans entrer forcément dans les détails, des images nous reviennent en tête. À commencer par cette cérémonie d’ouverture qui se déroule  dans un stade plein avec pour dernier porteur de la flamme, l’immense champion Paavo Nurmi qui, une quinzaine d’années auparavant, avait été injustement disqualifié car on lui reprochait d’avoir touché de l’argent. A l’époque, l’amateurisme rigoureux et parfois stupide régnait. Tout un stade s’était alors levé pour applaudir Nurmi dont les anciens se souviennent qu’il avait jadis livré de sacrées bagarres avec le Français Jean Bouin.

Zatopek dans l’histoire face à Mimoun

Deux images nous restent éternellement dans la tête : d’abord le triplé du Tchèque Emil Zatopek qui, en une semaine, a remporté le 5km,10 km et le marathon. Du jamais vu depuis. Zatopek  devait notamment battre le Français Alain Mimoun qui aura sa revanche quatre ans plus tard et entre les deux hommes devait naître plus qu’une amitié, une sorte d’amour familial. Et puis comment ne pas se souvenir de ce plongeon dans la piscine du père de Jean Boiteux qui venait de remporter le 400m nage libre. Imaginez cette scène : avec cet homme portant béret et qui plonge dans la piscine pour embrasser son fils. A la fin des années 90, nous avons découvert et apprécié Jean Boiteux qui était venu à Amiens dans le cadre de championnats de France de natation. Un homme d’une grande simplicité et on se dit que vraiment, dans la vie de journaliste, il y a parfois des rencontres qui sortent de l’ordinaire.

Et puis, comment ne pas oublier cette mention sur le tableau lumineux : « Aux Jeux, l’essentiel n’est pas de vaincre  mais de participer. » Durant cette quinzaine d’Helsinki, alors que nous sortions de la guerre qui avait fait des millions de morts, il n’y eut aucune fausse note surtout au plan politique…

Ce furent les Jeux les plus simples mais aussi au cours desquels il y eut la plus grande fraternité.




Lionel Herbet  

Crédit photo DR

Publié par Lionel Herbet

Journaliste historique du sport Picard et Amiénois. Lionel est la mémoire des plus grands exploits sportifs de la région.